26 juin 1913-26 juin 2013 : le Centième anniversaire d’Aimé Césaire

article mise à jour : 26 juin 2013
Né à la Basse-Pointe, en Martinique, le 26 juin en 1913, cent ans nous séparent aujourd’hui de la date de naissance du poète et homme politique martiniquais(France). De toute sa vie, Césaire s’est engagé dans la lutte pour la revendication et la reconnaissance des valeurs du Monde noir. Il est le fondateur du mouvement littéraire de la négritude et reste un anticolonialiste résolu.

Le poète révolté et engagé
C’est dans le journal ‘’l’Etudiant Noir’’, qu’il a fondé avec ses amis (Leon Gontran Damas (Guyane), Léopold Sedar Senghor(Sénégal), jeunes étudiants en France à l’époque, ont exprimé leur prise de conscience de leur état d’homme noir et ont décidé de défendre la culture noire, tout en faisant le procès du colonialisme. Ainsi, le concept Négritude est forgé pour la reconnaissance de l’ensemble des valeurs culturelles noires. Dénoncer le racisme vis-à-vis du noir et le colonialisme blanc. « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

‘’Dans le cahier d’un retour au payas natal’’, œuvre parue en 1939, Aimé Césaire rend hommage à son Martinique qui lui a vu naitre. Dans ce recueil de poèmes, des longs sont utilisé pour dénoncer la barbarie et la volonté du colonisateur de tout ignorer de l’Africain. « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ; que les pulsations de l’humanité s’arrêtent aux portes de la nègrerie ; que nous sommes un fumier ambulant hideusement prometteur de cannes tendres et de coton soyeux et l’on nous marquait au fer rouge et nous dormions dans nos excréments et l’on nous vendait sur les places et l’aune de drap anglais et la viande salée d’Irlande coûtaient moins cher que nous, et ce pays était calme, tranquille, disant que l’esprit de Dieu était dans ses actes  », dénonçait le poète.

‘’Dans le Discours sur le colonialisme’’,
Césaire est plus dur, cette œuvre restera comme l’un des plus complets réquisitoires contre le colonialisme. Il ne mâche pas ses mots : « ma négritude n’est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour ; ma négritude n’est pas une taie d’eau morte sur l’œil mort de la terre ; ma négritude n’est ni une tour ni une cathédrale  ». Et dire plus loin, la « Colonisation égale à chosification ».

L’homme politique

En 1945, Aimé Césaire, coopté par les élites communistes qui voient en lui le symbole d’un renouveau, est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu’il conservera sans interruption jusqu’en 1993. Son mandat, compte tenu de la situation économique et sociale d’une Martinique exsangue après des années de blocus et l’effondrement de l’industrie sucrière, est d’obtenir la départementalisation de la Martinique en 1946.
S’opposant au Parti communiste français sur la question de la déstalinisation6, Aimé Césaire quitte le PC en 1956, s’inscrit au Parti du regroupement africain et des fédéralistes, puis fonde deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM), au sein duquel il va revendiquer l’autonomie de la Martinique. Il siège à l’Assemblée nationale comme non inscrit de 1958 à 1978, puis comme apparenté socialiste de 1978 à 1993.

Ainsi, il restera maire de Fort-de-France jusqu’en 2001, année à laquelle il s’est retiré de la vie politique (et notamment de la mairie de Fort-de-France , au profit de Serge Letchimy), mais restera un personnage incontournable de l’histoire martiniquaise jusqu’à sa mort.

Les hommages

Cinq ans après sa mort (17 avril 2008), ses pensées continuent à influencer le peuple martiniquais et la plus part des intellectuels français, africains et du monde entier. Cent ans après sa naissance tout le peuple martiniquais et Français lui rend hommage ce 26 juin 2013. Le président François Hollande vient de lui rendre hommage ce matin au Panthéon. « Je souhaite dire à tous les Martiniquais, mais aussi au-delà des Martiniquais, au-delà des Antilles, au-delà même de la France, combien la figure d’Aimé Césaire est intimement liée à l’esprit qui est celui de la République, c’est-à-dire la diffusion de valeurs, la promotion de chacun, la capacité à être digne en toutes circonstances, la lutte contre l’esclavage, contre le colonialisme, contre la brutalité », a-t-il déclaré.

De tout son combat et de son engagement, beaucoup en veulent au Poète politique de ne pas pouvoir réussi à obtenir l’indépendance de son Martinique. Pendant que ces mots et actions ont positivement aidé plusieurs pays africains à s’affranchir du joug colonial. Certes un remord que le vieux a emporté avec lui dans sa tombe.

Enfin, ceci est un des vers d’Aimé Césaire dans le ‘’Cahier d’un retour au pays natal’’, qui reste gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont aimé et compris. « …je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : ‘’Embrassez-moi sans crainte… Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai’’  »