72 heures du livre : Entretien avec Ibrahima Ballaya, écrivain

article mise à jour : 26 avril 2013
Ibrahima Ballaya est un auteur guinéen, il est un habitué des 72 heures du livre. Auteurs de plusieurs pièces de théâtre et de recueils de poèmes, il donne son impression sur cet évènement auquel il participe tous les ans. Lisez…

Qu’en pensez-vous du thème « Les mots au service de la paix »

La paix on en a besoin. Aujourd’hui on est au bord de la route dans ce pays. Je pense qu’aujourd’hui, ce thème est le bienvenu. Nous avons besoin des mots pour donner des mots de paix, de partage et de rencontre. Parce que nous sommes un peuple divers. C’est la diversité qui est la richesse, ce n’est pas l’uniformisation. Des mots pour la paix, je suis parfaitement d’accord. Donnons aux mots leur vrai sens, ne détournons pas leur sens. Si nous leur donnons leur véritable signification, ça peut servir la paix.

Laquelle de vos œuvres se situe dans ce contexte de paix ?

Je suis auteur d’une pièce qui s’appelle «  Entre elle  », qui a été montée par Esem Hassan en France, qui a été joué dans 30 villes en France et qui a été d’ailleurs un succès. Malheureusement, je n’ai pas eu encore la chance de le monter en Afrique, parce qu’à la base cette pièce avait été écrite ici avant que je ne parte en France.

On a entendu M. Sansy Kaba Diakité dire à cette ouverture qu’il voudrait que Conakry soit la capitale de la lecture, qu’en pensez-vous de cette ambition ?

Redevenir, j’insiste sur ce mot. La Guinée et le Benin étaient considérés comme le quartier Latin de l’Afrique. Les politiques qui se sont suivies, ont dérouté le chemin de la littérature. Mais néanmoins, il est resté que nous avons de très grands auteurs. Thierno Djibi Thiam, Thierno Bocoum, Williams Sassine, Tierno Monenembo, Alioun Fantouré. Bref, la Guinée a de grands auteurs.

Maintenant, les politiques dans ce pays, n’ont plus parmi l’émergence de la lecture. Tout s’est oralisé. Le discours révolutionnaire n’a point favorisé la lecture. Ça posé énormément de problèmes au niveau de la jeunesse qui ne lit plus, même les élites.

Aujourd’hui si le français ne se parle pas bien en Guinée, c’est parce qu’il y a une mauvais politique de la lecture. Il n’y a pas un projet de lecture. Moi j’ai grandi au Sénégal, il y avait des bibliothèques de quartier. Ici, on n’en trouve presque pas.

L’un des invités de cette édition, Henri Lopes, moi j’ai lu son œuvre ‘’le pleurer-rire’’, j’étais encore au lycée. 25 ans après, je le retrouve ici. Ce que nous voulons aujourd’hui c’est d’avoir une véritable politique du livre.

Avec les 72 heures, pouvons-nous atteindre cet objectif ?

J’ai été le premier à critiquer cette idée des 72 heures du livre. Je l’ai fait, il y a quatre ans. Il ne faut pas le calquer comme une rallye. C’est un travail en amont à faire. C’est que nous devons aujourd’hui permettre aux jeunes d’entrer dans la lecture. Ils ne sont pas rentrés dans la lecture, parce qu’il n’y a pas cette politique de lecture.

On me dira qu’il y a la cherté de vie, mais je vous rappelle qu’il y a des téléphones qui coûte 300 mille francs, alors qu’un livre ne coûte pas plus de 25 mille francs.