72 heures du livre : Trois questions à Doumbi Facoly, écrivain

article mise à jour : 24 avril 2013
Ce sénégalo-malien, auteur de 36 livres est à son premier voyage en Guinée et sa première participation à ce salon. Dans cet entretien, il livre ses impressions sur la place du livre et de la lecture. Lisez…

Qu’est ce qui explique votre présence à cet évènement des 72 heures du livre ?

Les organisateurs m’ont fait l’honneur et le plaisir de m’inviter à venir participer sur le plan littéraire à l’animation de ces 72 heures. J’ai accepté cela pour plusieurs raisons : car cela me permettait de revoir des personnes que j’avais perdues de vue depuis longtemps. Notamment notre ainé Djibril Tamsir Niane et de revoir encore d’autres qui sont plus jeunes, que je n’ai pas vu depuis quelques temps. Rencontrer des auteurs dont j’ai entendu parler. Et de pouvoir visiter la Guinée qui est un pays voisin.

L’évènement est placé sous le thème ‘’les mots au service de la paix’’, qu’est ce que cela vous inspire ?

Les mots peuvent servir la paix et doivent servir la paix. Mais il faut que ce soit des mots justes, des mots dits, prononcés, développés, expliqué dans les conditions adéquates. Si non, ils ne servent à rien. Je veux dire que pour que ça servent à quelque chose, il faut que le mot puisse aller dans le sens que les gens se connaissent les uns les autres. C’est l’ignorance de l’un et de l’autre qui fait effectivement qu’il y a des problèmes.

Quand les mots servent à se faire connaître, à se faire comprendre, à exposer ces différences mineures et majeures. Les différences mineures sont faciles à corriger et les différences majeures à force de volonté et de compromis honorable on peut facilement arriver à les surmonter. Alors, la paix s’installe. Les mots doivent servir à lever l’ignorance, les mots doivent servir à éveiller les gens, à ouvrir leurs esprits sur l’autre et la compréhension de l’autre.

Quand on connait l’autre, on l’accepte plus facilement. Quand on ne le connaît pas on se méfie de lui. Cette méfiance là peut malheureuses déboucher à des crises que l’on connait malheureusement au Mali.

Qu’est-ce qu’il faut pour pousser les jeunes guinéens et africains à la lecture ?

Le problème est que nos Etats se sont complément déchargés sur la population au nouveau de l’éducation. Or, c’est de leur domaine essentiellement que l’Education peut s’installer. Quelle est leur fonction essentielle : éduquer cette jeunesse, ils ne peuvent pas échapper à cela. L’Etat en se déchargeant fait souvent la promotion des écoles privées qui ne sont pas à la hauteur. Et le niveau de nos enfants baisse de plus en plus.

L’Etat doit mettre en place une politique du livre et une politique de la lecture. Faire en sorte que l’importation du livre ne soit pas chère pour que les libraires puissent les vendre à des prix abordables à la population.

Parce qu’elle cherche à survivre. Et quant on cherche à survivre, on préfère acheter à manger plus tôt que d’acheter un livre. C’est tout à fait normal. Il faut que le coût du livre soit accessible. Au besoin avec des subventions.

Une politique de la lecture en favorisant la lecture. Faire en sorte que les livres soient disponibles partout. Équiper la bibliothèque communale, de quartier et des bibliothèques itinérants.
C’est à ce double niveau que nos Etats doivent travailler. Une mise en place d’une politique du livre efficace et de la lecture efficace.