Abdoul Goudoussi Diallo, auteur du livre ‘’Et vint le virus Ebola’ : ’ Que les Guinéens multiplient les mesures pour que la resistance du virus soit brisée’’

article mise à jour : 29 mai 2015
M. Abdoul Goudoussi Diallo , géographe cartographe de formation, diplômé de l’institut géographique de la Sorbonne (France) en histoire géographie de 1960 à 1966, ancien professeur de géographie en France de 1966 à 1968 est aujourd’hui vice recteur chargé des études de l’Institut universitaire de la Haute Guinée. Ecrivain, il a été professeur d’université à l’institut Gamal Abdel Nasser de Conakry de 1968 à 2001 en devenant successivement chef de département géographie de 1972 à 1986 et doyen de la faculté des lettre et science humaine de 1986 à 2001. En 2001 il a été envoyé à Labé pour ouvrir l’université en devenant du coup recteur de cette institution jusqu’en 2005, année de sa mise à la retraite. En 2008, après la création de l’institut universitaire de Haute Guinée pour laquelle on l’a fait appel, il en devient le vice recteur chargé des études où il continue à exercer . Observateur et même acteur de la vie socioéconomique et culturelle, il a voulu restituer aux générations futures, l’expérience exceptionnelle que la Guinée a vécue ou est en train de vivre avec l’apparition de la fièvre hémorragique à virus Ebola qui a endeuillé des centaines de familles guinéennes. La période pendant laquelle sévit cette épidémie, qui a bouleversé les habitudes, impacté sur la vie socioéconomique, politique et culturelle de la Guinée et ses voisins du Libéria et de la Sierra Leone, sera à jamais une période indélébile dans l’histoire contemporaine de l’Afrique de l’Ouest post coloniale. Écrire l’histoire de cette période dramatique, d’incertitude, de stupeur et de rumeurs , apporter un témoignage aux générations future sur cette épidémie qui a été combattue de manière tout à fait exceptionnelle a incité l’écrivain à utiliser sa plume, Ainsi, à l’occasion de la dédicace de ‘’Et vint Ebola, stupeur, rumeurs et réalités’’ publié par Harmattan Guinée, au centre culturel franco-guinéen vendredi 22 mai 2015, M. Abdoul Goudoussi Diallo a accordé un entretien à votre reporter

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Guinée culture : M Diallo, avant de venir à votre livre que vous venez de dédicacer, parlez nous des autres ouvrages que vous avez déjà écrits ?

Abdou Goudoussi Diallo : Les autres ouvrages que j’ai déjà écrits sont au nombre de 5. Mes premiers sont les manuels scolaires : Géographie générale en 7ème année et Géographie de la Guinée et de l’Afrique 10ème année publiés dans les éditions Hatier en France en 1987. A ma retraite en 1989, j’ai écrit le roman ‘’un Africain à Laponie, du soleil de minuit à la nuit polaire’’’’ édité par les Editions Harmattan Guinée à l’occasion de la 1ère édition des 72h du livre en 2009. Ce roman raconte l’histoire que j’ai vécue dans cette zone polaire où 2 mois de l’année il n’y a pas de nuit et 2 mois il n’y a pas de jour. 8 mois seulement , il y a alternance de jour et de nuit. Cela c’est au nord de la Suède. Mon 2ème roman ‘’un Africain en Corée du Nord, entre solitude et respect raconte la vie dans ce pays où Dieu et la religion sont méconnus des habitants. Seule l’idée de Dutché est perçue par les populations, idée répandue par le grand père de l’actuel dirigeant, feu Maréchal Kil Mul Sing . Cette œuvre a été également publiée dans la maison d’édition Harmattan Guinée à l’occasion de la 2ème édition des 72h du livre en 2010.
J’ai publié encore chez l’Harmattan Guinée, le livre ‘’Labé, ville champignon de Guinée‘qui présente le Fouta sur le plan géographique socioculturel et touristique, niveau baccalauréat et université. Après mon 5ème livre je suis en chantier avec le 6ème qui s’intitule ‘’ Kankan, pôle urbain de Haute Guinée, document que j’écris avec mon ancien collègue de travail Moussa Sidibé qui présente Kankan et la Haute Guinée dans ses aspects géographique, socioéconomique et touristique.
Mon dernier ouvrage s’intéresse à l’apparition du virus Ebola en Guinée. Il s’intitule ‘’Et vint le virus Ebola, et sous titré ‘’ Rumeur, stupeur et réalité’’. Dans ce document, je suis parti de l’origine du virus, c’est-à-dire dans l’ex-Zaïre en 1976 du nom de la rivière en bordure de la localité de Yambekou, lieu, où pour la première fois, la terrible maladie a été découverte. Mon livre est composé de 4 chapitres après bien sûr une notification du laboratoire de Lyons relative à l’effectivité du virus Ebola sur le territoire national à partir du 22 mars 2014 .
Après cette introduction , le développement s’est articulé sur les 4 chapitres comme je vous le disais tantôt. Le premier chapitre parle de l’origine de l’épidémie. Il met en exergue les différentes épidémies de virus Ebola qui ont jalonné l’histoire sanitaire de l’Afrique à savoir celle de l’Afrique Centrale, Orientale et Australe, notamment au Zaïre, Congo, Gabon , Soudan et en Afrique du Sud. Dans la genèse de cette maladie, j’ai mis en relief les mesures drastiques prises par le gouvernement zaïrois pour stopper l’épidémie inconnue, considérée comme fatale pour toute personne atteinte. Cela fut terrible car l’armée zaïroise fit encercler la localité et fit éliminer les habitants par un bombardement intensif.
Dans le chapitre 2, j’ai parlé de l’épidémie qui touche l’Afrique de l’Ouest, parce que, ce qui s’est passé dans cette localité en 2014 et 2015, est spécifique. Dans cette zone, on pense que l’épidémie a eu pour origine le décès le 6 décembre 2013 dans le village de Miriandou à Guéckedou d’un garçonnet qui aurait contaminé les membres de sa famille et les contacts des hôpitaux de Guéckedou et de Macenta. C’est quand l’épidémie a touché Kissidougou que le gouvernement a reconnu officiellement l’existence de l’épidémie à virus Ebola sur son territoire national.
Dans le chapitre 3, je parle de la lutte et de la mobilisation contre le virus Ebola sous l’égide de l’OMS avec la mise en place d’un QG de la Mission des Nations Unies pour la lutte contre Ebola à Accra au Ghana avec ses antennes dans les 3 pays les plus touchés ( Guinée, Libéria, Sierra Leone). Il s’est avéré que dans ces 3 pays, la Sierra Leone a été le pays qui a pris des mesures les plus drastiques dans la gestion de l’épidémie en confinant les 6 millions de sierra léonais pendant 3 jours, du 19 au 21 septembre 2014.
Dans le cas guinéen, avec l’appui de la communauté internationale, outre la campagne de sensibilisation et les actions d’urgence, 6 centres de traitement et 4 centres de transit ont été mis en place en plus du centre de traitement des soignants (médical et paramédical) .
Dans le dernier chapitre , j’aborde les conséquences de l’épidémies qui sont socioculturelle, politiques, économiques et culturelles.
La conclusion vient terminer le livre.

Quelles sont les périodes les plus marquantes évoquées dans votre ouvrage ?

Les périodes évoquées dans le livre touchent essentiellement celle de la déclaration officielle du gouvernement guinéen sur la présence sur son sol du virus Ebola, le 22 mars 2014 et celle qui met fin à la présence de l’épidémie au Libéria, c’est –à-dire, la première semaine de mars 2015. Évidemment dans mon ouvrage, je parle beaucoup plus de l’épidémie en Guinée, pays que je connais le mieux.

En Guinée, selon vos recherches, quelle est la ville où la préfecture la plus touchée par l’épidémie ?

La ville la plus touchée, c’est Macenta avec 718 cas, suivi de Conakry la capitale avec ses 5 communes.

Quel est aujourd’hui votre message à l’adresse, de nos lecteurs, du public, des populations, des autorités et des partenaires ?

Je lance un appel à tout le monde pour que la lutte contre Ebola continue sans discontinuité jusqu’à ce que ce virus sorte complètement de notre sous région. J’interpelle les autorités à tous les niveaux, les partenaires bi et multilatéraux et les populations guinéennes de renforcer les mesures car la maladie n’existe que dans Conakry et dans le littoral, notamment à Forécariah du côté de la frontière avec la Sierra Leone dans le district de Kambia .

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