Abidjan, plaque tournante de l’audiovisuel africain

article mise à jour : 3 septembre 2015
Courant 2013, Boris Van Gils, le producteur belgo-congolais, enchaîne les allers-retours entre Paris et Abidjan pour la préparation du film Les rayures du zèbre dans lequel Benoît Poelvoorde joue le rôle principal. Aujourd’hui, Boris Van Gils est installé à Abidjan où il travaille sur de nombreux projets, dont l’organisation prévue pour la fin 2015 des Trophés du cinéma francophone. « Pour un producteur comme moi, c’est la Suisse, dit-il. Niveau formalités, autorisations de tournage… tout est facile. »

Une simplicité qui attire les tournages internationaux (comme Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu) et qui permet l’émergence d’une nouvelle generation. On pense notamment aux laureates du Fespaco 2015 dans la catégorie meilleure série TV, Alexandra et Marie-Christine Amon, pour la série Chroniques africaines, entièrement tournée à Abidjan.
Les anciens aussi reprennent du service. Akissi Delta s’apprête à tourner Ma Grande Famille, suite de Ma Famille, le mythique feuilleton ivoirien. Jean Hubert Nankam, producteur des séries Classe A et de Teenagers, revient avec Vert Olive.

Après l’inertie des années 2000, c’est toute la machine qui se remet progressivement en marche. Le gouvernement s’investit grâce à la mise en place de mécanismes d’aides à la production. Les droits d’auteurs sont à nouveau payés et la RTI, chaîne nationale, accompagne dorénavant la production locale en multipliant les appels à projets.
Le point d’orgue sera la libéralisation du secteur de l’audiovisuel, prévue pour les prochains mois, et qui permettra l’apparition de nouvelles chaines TV.
En attendant, les groupes internationaux se positionnent : la chaine A+, dernière née du groupe Canal+, émet depuis le 24 octobre 2014 et est installée à Abidjan. La chaine Vox Africa vient d’y ouvrir un bureau, tout comme le groupe Lagardère qui lance deux nouvelles radios sur place et y installe sa société de distribution spécialisée dans le contenu africain (DIFFA).

Les salles de cinéma réouvrent également avec le Majestic Ivoire. En juin, c’est Discop Africa - événement de réference pour le secteur audiovisuel - qui a posé ses valises sur les bords de la lagune Ebriée avec dans son sillage les rencontres du cinéma francophone.

Jadis capitale culturelle de l’Afrique de l’Ouest, Abidjan retrouve donc de sa splendeur. « On est au début de quelque-chose. Ça se sent… », dit un producteur. Si l’émergence de Babiwood (surnom donné à la production abidjanaise) est réelle, la balle est maintenant dans le camp des producteurs dont on attend beaucoup, car la concurrence n’a sans doute jamais été aussi féroce. De Dakar à Johannesburg en passant par Nairobi et Lagos, les scénarios abondent pour gagner les faveurs des téléspectateurs africains.

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