Africando, la salsa pour toujours

article mise à jour : 7 février 2014
Pétillante par nature, la salsa se gorge d’arômes singuliers lorsqu’elle renaît dans les voix des chanteurs d’Africando, brigade panafricaine montée au début des années 90 pour défendre cette musique qui a fasciné bon nombre d’artistes du continent. Une mission que cet improbable "all-stars" remplit une fois encore avec le nouvel album Viva Africando.

Même si elle paraît indémodable, traversant avec facilité les époques, la salsa possède un indéniable côté rétro qui participe sûrement de son charme. Le constat pourrait aussi s’appliquer au collectif Africando, qui en entretient la flamme depuis vingt ans sur ses albums, comme sur le nouveau, baptisé Viva Africando.

Hormis le Guinéen Sekouba Bambino, le jeunot de la bande qui fêtera bientôt ses 50 ans, le club est plutôt composé de sexagénaires, voire septuagénaires. C’est le cas d’Amadou Balaké, tout près des 70 ans, figure de la musique burkinabè des années 60 et 70, qui montre avec Deni Sabali ainsi que ses ennuis de santé – il a été amputé du pied à cause du diabète – n’ont pas eu raison de ses envies de musique.

De deux ans son aîné, Lokombe Nkalulu fait partie des nouveaux venus de l’équipe Africando, dont les effectifs se renouvellent et s’enrichissent sans cesse. Le chanteur congolais reprend pour l’occasion un titre de feu son complice Ntesa Dalienst, avec lequel il formait l’ossature de l’orchestre Les Grands Maquisards, actif il y a quatre décennies. Il retrouve par la même occasion leur guitariste de l’époque, Dizzy Mandjeku.

Quant à Shoubou, pilier de la formation haïtienne Tabou Combo et inlassable bâtisseur de ponts culturels (récemment entendu sur le second volume de la compilation Black Bazar), il est allé chercher En Vacances dans le répertoire de son compatriote Gérard Dupervil, dont la popularité locale date de la fin des années 50.

Tout cela n’est donc pas vraiment marqué du sceau de la modernité telle que l’entend la génération Y, mais ne diminue en rien les qualités musicales de ce huitième album studio. Aux commandes, dans le rôle d’arrangeur en chef auquel il est habitué depuis les débuts d’Africando, le Malien Boncana Maïga connait par cœur la recette, mais il lui arrive de ne pas être toujours inspiré, comme sur Noche Con Santana, un medley plutôt raté basé entre autres sur Magic Woman et Oye Como Va.

Il peut toutefois compter sur le soutien fidèle du pianiste d’origine portoricaine Oscar Hernandez. Le fondateur du Spanish Harlem Orchestra est venu avec sa formation emblématique et une composition, Africa Es, pour rendre hommage aux cousins africains. La salsa est décidément un genre transatlantique.

RFI Musique