Apprenez tout sur Kankan

article mise à jour : 26 août 2011
Kankan est la plus grande ville de la République de Guinée en termes de superficie située en Haute Guinée. Elle fait partie des sept régions administratives de la République de Guinée.

Bref rappel historique
Situé à quelques 600 km de Conakry aux abords du grand fleuve“le Milo”, un affluent de la rive droite du Niger, navigable jusqu’au confluent, Kankan est une grande métropole commerciale qui représentait jadis un carrefour d’échange commercial entre les caravanes venues du Sud et celles du Nord de l’Afrique. A en croire les historiens, la ville, fût probablement, fondée au XVIIème siècle par les Maninkamory. Ensuite, Kankan passera quelques décennies plus tard sous la commande des représentants de la famille Kaba. Qui se considèrent pratiquement comme investi du pouvoir divin. Mais, ceux-ci avaient été devancés au trône par Dougoutigui, (Chef du village) qui, selon le livre ‘’ La Guinée, Aujourd’hui’’ avait reçu le Français René Caillée sur une peau de bête quelques années plutôt.
Mais le règne des Kaba sera précipité en 1881 par l’Empereur de Wassoulou, l’Almamy Samory Touré. La puissance de ce dernier aurait été sous-estimée par le roi de Batè, territoire s’étendant à l’Ouest du Milo jusqu’au Niger. Samory lui-même sera éclipsé par l’armée française dirigée alors par le Colonel Archinard. Toutes choses qui permettront enfin aux Kaba d’être rétablis dans leur pouvoir. Une visite rendue au Soti Kèmo (le chef du village ; Ndlr) dans la soirée du mardi 12 juillet nous a permis de comprendre à travers son porte-parole, les noms des quatre familles qui se sont installées les premières à Kankan. D’où l’appellation ‘’Kankan Daanaani’’ (les quatre rentrées de Kankan, Ndlr). « Il y a quatre familles qui ont été les toutes premières parmi celles qui se sont installés à Kankan : Kabada, Timboda, Baramanida, Banankoroda. Deux personnalités sont déléguées dans chacune de ses familles autochtones de Kankan pour servir de conseillers à Soti Kèmo. Moi, qui vous parle aujourd’hui, je suis désigné pour être son conseiller principal et porte-parole », révèle M. Soba Kaba.


Nouveaux concurrents dans le commerce

Si le commerce, dans cette région de la savane guinéenne, était complètement dominé par les malinkés, aujourd’hui, la situation est toute autre. Depuis plusieurs années, ces derniers sont fortement concurrencés par les Peuls établis, aussi bien au centre-ville qu’à la périphérie. Notamment, dans les quartiers comme Missira, Kankan Koura et Labékoura. Mais qu’à cela ne tienne Kankan continue d’occuper sa place de plaque tournante entre les produits du Sud et du Nord. Il suffit de visiter le grand marché d’un style architectural classique, que dis-je, du temps colonial, pour s’en rendre compte. Ici, les étals qui entourent le marché principal ainsi que celui aux poissons, sont détenus surtout par les Malinkés et les Peuls. « Ici, nous vivons en communion total avec toutes les communautés », confie un vieillard à la petite barbiche blanche, rencontré à quelques encablures de la place de l’indépendance. Mais, qui ajoute toutefois que les conflits des dernières élections présidentielles « avaient fait fuir beaucoup de Peuls qui n’y sont, jusque-là, plus retournés ».

Cohabitation sereine entre les Communautés religieuses

Les Musulmans et Chrétiens cohabitent sereinement dans la ville même si ces derniers sont minoritaires. On peut y constater une grande mosquée dont la Cour est plantée de grands arbres qui donnent de la fraîcheur aux lieux. Également une grande église évangélique et catholique en fait une parfaite illustration. Mais ce n’est pas tout, car à l’école primaire ‘’Arc-en-ciel’’, réalisée, dit-on, par deux missionnaires ivoiriens dans le cadre de l’évangélisation, les progénitures de toutes les communautés religieuses y sont inscrits. Par ailleurs le président de l’Association des parents d’élèves et amis de la dite école est l’Imam du quartier ‘’Briqueterie’’ .« A la fermeture des classes de cette école Arc-ciel, c’est l’Imam de notre quartier qui est également le président l’APAE qui a présidé la cérémonie », témoigne un confrère qui assisté à la cérémonie de fermeture des classes de l’Arc-en-ciel.

La radio rurale surplombée par les privées

Si hier la radio rurale, dont les locaux sont situés à côté de la Préfecture, se targuait d’être le seul médium à pouvoir diffusé les aires endiablés de la culture mandingue, aujourd’hui, il lui faut descendre sur le terrain de la compétition où ses nouveaux rivaux des radios privées l’interpellent dans la bataille de diffusion des œuvres des griots (ou maitres de la parole) tel que Lanfia Kouyaté, dit Sara. Ou encore d’autres griots liés aux chasseurs malinkés, tel que le musicien et parolier Belema Mory Traoré. Sans oublier de nouveaux airs musicaux parmi lesquelles le titre à la mode aujourd’hui à Kankan c’est « Makalé » de Tiranké Sidimé “Tira Tira”. Ici, point n’est besoin de comprendre le Soussou, (Langue de la Basse Guinée, Ndlr) pour roucouler ce morceau. S’agissant de la musique urbaine, Takana Zion et Singleton tiennent à deux, le haut du pavé. Le premier avec, entre autres, (Sékou Ko Non) et le second, sans surprise (Mototaxi). Ici, les moto taxis assurent principalement le transport dans la banlieue. Elles sont reparties entre Kankan Mototaxi (KMT) et Nabaya Mototaxi (NMT).