Art : Les sculpteurs de Camayenne peinent à écouler leur produit

article mise à jour : 8 décembre 2012
A cause des travaux de l’hôtel Camayenne situé sur la corniche dans la Commune de Dixinn, les sculpteurs et autres cordonniers installés en face de cet hôtel, manquent cruellement de clients. KANTARA Aboubacar Sidikki pratique la sculpture, la broderie, la décoration et le tatouage. Ce jeune aux qua triple métiers se consacre beaucoup plus dans la sculpture qu’il pratique avec passion en dépit des difficultés qui minent le secteur de l’artisanat en Guinée. Un espoir existe quand même. Lorsque les travaux de l’hôtel vont prendre fin, les clients seront plus nombreux. Mieux, les guinéens s’intéressent de plus en plus dans la culture constate Sidikki.

Depuis 2000, KANTARA Aboubacar Sidikki vit essentiellement de la sculpture qu’il a appris à Kankan capitale de la haute Guinée. Ce jeune voulait faire une carrière dans la musique. Très vite il s’est rendu à l’évidence. Il ne possédait pas d’atouts pour chanter. Il ne savoure pas vaincu. Il s’oriente vers un autre domaine. La sculpture est aussi un métier dans lequel, on peut véhiculer son message affirme Sidikki : « Mon oncle Diané m’a appris le métier. Je faisais la 12eme je me souviens. Après les cours, je viens apprendre. Quelques temps après, j’ai vu que j’étais habile. J’ai découvert pleines de choses. D’abord la confection des pièces, la finition et surtout la mise en valeur ».

Dans la sculpture, précise Sidikki le message véhiculé est plus important que tout. D’où la mise en valeur. En guise d’exemple, notre interlocuteur affirme que souvent il représente des animaux qui n’existent pas dans les autres continents. Une manière d’attirer plus la clientèle. Mieux, il représente la coiffure des femmes des quatre régions de la Guinée : La Basse Guinée, le Fouta Djallon, la Haute Guinée et la Guinée Forestière. Autres pièces représentées, c’est les masques du pays dans son ensemble. Des statuettes où des femmes travaillent le bébé dans le dos, ou bien le sceau d’eau sur la tête, tout comme des endroits où les penseurs méditent.

Le bois est la principale matière première qui entre dans la fabrication des articles. Par différentes qualités, les sculpteurs utilisent les bois suivant la nécessité et la demande du moment. Du bois rouge et le Mélina sont trouvés en Guinée. Par contre, le bois appelé ‘’l’Eben’’ est importé à partir du Mali voisin. Avec la crise qui secoue le nord du Mali cette denrée se fait de plus en plus rare explique Aboubacar Sidikki : « comme y a un problème là-bas, il est non seulement difficile à transporter en Guinée mais aussi il est plus cher maintenant ».

Les sculpteurs n’ont pas choisi le quartier Camayenne par hasard, l’existence de cet hôtel sur ces lieux attire la clientèle. Les touristes et diplomates défilent à longueur de journée ici. Seulement voilà depuis un bout de temps, toutes ces catégories de personnes deviennent rare voire inexistantes. Pour cause, l’hôtel est en chantier : « depuis la transition les touristes ont diminué et nos difficultés ont commencé en ce moment. Ensuite on a fermé l’hôtel et les difficultés se sont accentuées. Nos principaux clients étaient les diplomates, les russes, les chinois et un peu les arabes ».

De nos jours les sculpteurs ont réduit la production et attendent avec impatience la fin des travaux de l’hôtel. Le retour des clients potentiel en dépend renchérit Sidikki : « en ce moment on essaie de survivre jusqu’à la fin des travaux. Nous produisons peu, et nous gardons jusqu’à l’ouverture de l’hôtel ». L’autre signe d’espoir que nous avons, ce que « les guinéens s’intéressent de plus en plus à la culture de notre. Même le Président de la République est venu à deux reprises ici. »

Aboubacar Sidikki profite de la rareté des clients pour s’occuper du décor des maisons. A travers ses fabrications, il dit avoir décoré plusieurs maisons. Il encourage ainsi les patrons guinéens à s’intéresser davantage aux décors fabriqués en Guinée. L’autre préoccupation de ce sculpteur est le tatouage dans une moindre mesure cette fois ci : « pendant les fêtes, mes sœurs se déplaçaient pour faire ça. J’ai un ami à Bamako qui m’a envoyé un catalogue. Et puis, j’ai fait le tatouage des mains de mes sœurs, celles des voisins. Finalement j’ai compris que c’est une piste qu’il faut explorer et puis je me suis lancer. J’ai des appels un peu partout maintenant, mais c’est trop féminin. Je réduis mon temps dans cette affaire » confie sidikki.

La broderie est la dernière activité de ce jeune, il commande des tissus ‘’bogolan’’ et ‘’batique’’ au Mali voisin pour fabriquer ces articles. Dans ce domaine également il dit être doué et travaille par commande.

Aujourd’hui, KANTARA Aboubacar ne souhaite que la fin des travaux de l’hôtel Camayenne pour retrouver sa clientèle habituelle.