Autopsie de l’Album Kakilambé de Takana Zion

article mise à jour : 12 février 2013
A l’inverse de "Rasta Governement" façonné à Kingston dans la tradition du reggae jamaïcain, le quatrième album (déjà !) de Takana Zion, "Kakilambé", respire l’Afrique. Enregistré en Guinée, dans son studio, ce nouvel album resserre les liens de Takana avec son pays natal. Mais pas seulement : derrière le masque de la pochette se cache un album éclectique, à la croisée de plusieurs genres.

La raison est simple : co-produit par Takana Zion (Black Mafia) et le producteur et compositeur français Redeyes (RKF Production), "Kakilambe" est le fruit du métissage de leurs univers respectifs. Plutôt reggae et musique traditionnelle africaine pour Takana, plutôt dancehall et electro pour Redeyes.

D’où cet album de 16 titres (enregistrés en autant de jours) scindé entre tradition et modernité. La tradition, on la sent dès les notes d’ouverture d’Abada, qui évoque l’alphabet soussou sur fond de balafon. Hassali, second single de l’album, laisse entendre un reggae assUmant pleinement ses racines africaines.
C’est la musicalité qui frappe dans des titres comme Yinrindinn Houmba, Congoli qui fait la part belle au balafon, Congoh ou Mosiah, un dancehall "africain" qui s’appuie sur les percussions. Rien à dire, on en redemande : Takana s’impose sur ces titres, exploitant les riches polyrythmies des 10 musiciens convoqués dans son studio.

L’éclectisme, de l’aveu de Red Eyes était l’ambition du projet, et plusieurs titres ne manquent pas d’étonner. Le single Emmanuel laissait augurer cette fusion des genres que le producteur a baptisé "Electro-africanism". On en a une bonne illustration avec Wali, We stronger qui allie tempo club et textes sérieux ou enfin N’Khili. Même le duo avec Sizzla (Mama Africa) se fond dans ce métissage parfois déconcertant dont on peine à être convaincu. Kakilambé reste un projet particulièrement richement orchestré, parfois surprenant, mais qui fait une nouvelle fois la preuve de la créativité de Takana Zion.