Aya de yopougon débarque à Abidjan

article mise à jour : 24 janvier 2014
Les amateurs de BD connaissent bien Aya, jolie fille du quartier populaire de Yopougon, alias « Yop City », à Abidjan.
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Les auteurs, Marguerite Abouet (qui s’inspire de ses souvenirs personnels) et Clément Oubrerie lui consacrent aujourd’hui un dessin animé. En fait, elles sont trois : deux cigales, toujours à courir les « maquis » (les petits bars de nuit où l’on danse) et à rêver d’amour, et Aya, la narratrice, élève studieuse, témoin sage et goguenard des frasques de ses copines.

Tout déborde de vie, de la petite case familiale à la villa pompeuse du patron local, du palace chic au coin tranquille où les jeunes gens font l’amour. Les couleurs vibrent : murs ocre ou bleu délavé, ciel blanc, tissus bigarrés des boubous. L’évocation des années 1970 est savoureuse. Les deux réalisateurs ont même poussé le plaisir jusqu’à glisser quelques « vraies » pubs d’époque, où l’on apprend, par exemple, que la bière, c’est vraiment bon pour la santé.

Le tableau est tendre, mais pas idéalisé : les filles risquent toujours de se faire « enceinter » par un « génito » (la version ivoirienne du playboy). Tout le monde se mêle de tout, s’engueule, se ment, se lance dans d’interminables palabres dans le français de là-bas, vert et imagé, bien mis en valeur par les voix d’Aissa Maïga et de ses partenaires. Comme disent les copines d’Aya quand elles aiment quelque chose, ce film nous « enjaille trop » !

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