BOKE : 54èm anniversaire de l’indépendance, le Musée parent pauvre des investissements.

article mise à jour : 6 octobre 2012
Dans la galerie des infrastructures construites ou rénovées à Boké à la faveur du 54èm anniversaire de l’indépendance de la guinée, le musée régional que la ville abrite a été la moins nantie. Au delà du clinquant du décorum que présente l’édifice, ce haut lieu de la mémoire de la guinée et du continent a été presque oublié, n’ayant pas reçu de financement pour s’offrir une cure de jouvence en profondeur.

C’est une directrice du musée de Boké amère et littéralement déçue et remontée que nous avons rencontrée ce lundi 1er octobre dans son bureau situé dans l’enceinte de l’édifice. Hadja Fatoumata Soninké Sow nous avoué dépitée que le musée de Boké n’a reçu en tout et pour tout que quelques couches de peinture, histoire de lui offrir du dehors un certain apparat. Mais un apparat trompeur. Sur un budget de plus de 250 milliards de francs guinéens, information récoltée auprès d’un membre du comité de pilotage du 54èm anniversaire de notre indépendance, aucune part n’a été octroyée à ce haut lieu du patrimoine historique guinéen.

A en croire sa directrice en poste depuis deux ans, les quelques efforts de rénovation faits pour changer un tant soit peu le visage de l’édifice ont été financés par l’ex-ambassadrice des USA en guinée, madame Patrice Moller.

Hadja Fatoumata Sow s’indigne qu’une part considérable du budget des festivités ait été affectée à la commission restauration, une commission dirigée par l’épouse du préfet de Boké. Au cours d’une visite guidée, elle s’est employée à nous montrer les parties du musée qui méritent une plus grande attention, entre autres, la cave où on attachait et entassait les esclaves, celle où ils étaient enchainés, et surtout la route qu’ils empruntaient pour le voyage jusqu’au port négrier de Gorée. Ces lieux nous dira t-elle, s’ils étaient aménagés attirerait de nombreux touristes. Seules curiosités à voir dans l’enceinte de ce musée, les bustes de trois de nos héros de la lutte contre l’invasion coloniale, Dina Salifou, Almamy Samory Touré et Alpha Yaya Diallo.