BOKE : L’histoire politique de la guinée revisitée par le club littéraire Dina Salifou.

article mise à jour : 6 octobre 2012
En présence du couple présidentiel assis à la loge officielle, les membres du club littéraire Dina Salifou de Boké ont imité tour à tour les chefs d’Etat qui se sont succédé à la tête de la Guinée. Une manière à travers l’humour de faire une rétrospective de l’histoire politique mouvementée de la guinée.
Dans l’ordre chronologique de la succession des chefs d’Etat qui ont gouverné la guinée, c’est tout d’abord le président Ahmed Sékou Touré, père de l’indépendance guinéenne dont la bravoure été magnifiée. Vêtu d’un boubou blanc et muni d’un mouchoir blanc comme le président Ahmed Sékou Touré aimait les porter, un membre du club rappelle le discours historique du camarade Sékou Touré, discours dans lequel il annonça « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ». La suite on la connait, le Général De Gaule choqué dira que « l’indépendance est à la disposition de la guinée, elle peut la prendre ici et maintenant, d’obstacles, la France n’y fera pas ». Confus et toujours sous le choc de la colère, le Général De Gaule oubliera son képi, qui lui sera rendu plus tard. Ensuite, ce fut le tour de celui qui a imité le général Lassana Conté d’intervenir. Dans un treillis, une allure et un accent qui rappellent l’homme du 03 avril 1984, il évoquera les engagements pris par le CMRN qui s’empara du pouvoir suite à un coup d’Etat sans effusion de sang au lendemain de la mort du président Sékou Touré. Puis vînt le tour de l’imitateur du capitaine Moussa Dadis Camara de descendre dans l’arène. Portrait tout craché du président du CNDD, le jeune homme avec une allure précipitée, portant une paire de lunettes noires s’avance vers le micro et lâche « Nous allons nettoyer la maison, lutté contre l’ethnocentrisme, le régionalisme, le tribalisme. . . Si j’ai choisi mon ami le Colonel Sékouba Konaté, c’est parce que c’est citoyen honnête et sincère… » Le président Alpha et toute l’assistance éclatent de rire, l’épisode Dadis a été tout aussi burlesque que on va dire un tantinet tragicomique. « Les accords de Ouagadougou ont été signés, nous nous engageons à conduire la guinée à une présidentielle dans un délai de six mois. Un premier ministre de consensus issu des rangs de l’opposition et choisi par elle-même sera nommé dans les prochains jours. Quant à l’armée, son rôle, c’est de défendre l’intégrité territoriale du pays, nous avons besoin d’une armée disciplinée et républicaine… » C’est en substance le discours qui a été prononcé par celui qui a imité le Général Sékouba Konaté qui, suite à l’attentat dont son ami le capitaine Moussa Dadis a été victime, va devenir le président de la transition. Sous son égide, la guinée organisa les premières élections libres et démocratiques de son histoire. Enfin, le Professeur Alpha Condé se voit imité en live. Boitant du pied gauche, portant un costume bleu sombre et arborant le tricolore national, le premier président démocratiquement élu de la guinée dans un discours prononcé à l’occasion de son investiture annoncera que son pays signe son retour dans le concert des nations. Tonnerre d’applaudissements au rappel de la célèbre expression « la guinée is back », le Pr Alpha Condé apprécie, sourit et se souvient. Et pour boucler la boucle, une jeune demoiselle magnifiera les initiatives du Pr Alpha Condé en faveur de la réconciliation nationale. A Boké donc, la littérature s’est mise au service de la politique pour une rétrospective du parcours politique de la guinée depuis 54 ans qu’elle est indépendante.