Ce que chante Amadou Sodia

article mise à jour : 27 février 2013
A écouter Amadou Sodia chanter, l’on comprend facilement sa provenance corporatiste et griotique.

En effet, dans le manding traditionnel le griot ayant assumé autre rôle que celui d’un simple courtisan des empereurs, des rois, des princes ou d’autres personnages de grande influence, avait le plus souvent réussi à se détacher de son argotique et anonyme statut du citoyen lambda pour jouer un rôle de premier plan, celui souvent de conseiller qui prévenait tout en « adoucissant naturellement les mœurs ».

Amadou Sodia ne déroge pas à cette règle, comme tout bon griot il rend à plusieurs fois hommage, fût-il par ricochet, à sa terre natale de Guinée qu’il magnifie avec des mots d’une très grande portée se diluant en des personnages de différentes classes socioprofessionnelles ayant contribué chacun à sa réussite personnelle auxquelles il reste profondément redevable. Son œuvre est aussi, en réalité, une ode à l’amour dont les pétales des roses d’un printemps romanesques viennent à égayer les firmaments d’un ciel superbement dégagé dans lequel tout être qui croit justement en l’amour aura une ou plusieurs lunes à cueillir.

Par exemple avec « communiquer chérie » il prône le dialogue entre les êtres humains qui s’aiment et rappelle que cela est d’autant plus facile de nos jours que notre époque est mise sur l’orbite d’une démocratisation effrénée de l’informatique et du numérique, et partant il condamne toute sorte de violence conjugale, à la place de quoi il propose les caresses, l’écoute, des gestes attentionnés, des cadeaux-symboles, la présence et le regard bienveillant et protecteur du ou de la partenaire ainsi que les mots doux qui rassurent fussent-ils émis en sms, en mail ou en « messages vocaux ondulatoires »- le Iphone, le net book ne sont-ils pas magiques , mes chers amis ? Mais chez cet artiste tout cela a l’air d’aboutir à une sorte d’autobiographie d’un chanteur à la voix d’un clairon avec ses pleures intérieures à se résigner de pouvoir tourner la page d’une belle enfance africaine.

Guinee-culture avec ajdfnews