Célébration du 14 juillet - Discours de l’ambassadeur de France en Guinée, SEM Bertrand Cochery

article mise à jour : 15 juillet 2013
Discours de l’ambassadeur Bertrand Cochery à l’occasion de la célébration du 14 juillet à la résidence de France

Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères, chef de la délégation gouvernementale,

Mesdames et Messieurs les membres de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les présidents des institutions républicaines,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et représentants des institutions internationales, chers collègues,

Chers invités, chers compatriotes, chers amis

C’est pour moi un immense plaisir de vous accueillir de nouveau en cette Résidence, pour la célébration du 14 juillet.

En ce jour de fête des valeurs républicaines, j’adresse à M. Alpha Condé, Président de la République de Guinée, le message d’amitié et de fraternité de la France.

Comme le célèbrent nos hymnes nationaux, nous sommes rassemblés autour des idéaux de liberté, de paix, de démocratie et des droits de l’Homme proclamés par la Déclaration de 1789.

1) Ce mois de juillet a débuté par un signe d’espoir : l’accord sur la préparation et l’organisation des élections législatives réaffirme l’attachement des signataires aux valeurs de la démocratie.

La conclusion d’un accord tant attendu sur l’organisation d’élections législatives libres, transparentes et inclusives, constitue une étape décisive vers la fin de la transition, dans un climat apaisé, contribuant à la consolidation des institutions républicaines et de la démocratie. Elle permettra à la Guinée d’avancer d’un pas plus ferme sur la voie du développement.

Je voudrais rendre hommage ici au travail de facilitation de Saïd Djinnit et des deux facilitateurs de la mouvance et de l’opposition et la conduite habile du dialogue que vous avez assurée, Monsieur le Ministre d’Etat. Je voudrais rendre hommage également aux efforts incessants, qui, dans chaque camp, ont permis de faire prévaloir la raison et l’intelligence contre la violence et l’exacerbation de clivages suicidaires pour le pays.

La France n’a ménagé aucun effort, de Conakry à Paris, aux côtés de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux (Nations Unies, CEDEAO, Union européenne, OIF …), pour favoriser la sortie d’une longue période de tensions dans l’intérêt de la Guinée et de la paix dans la sous-région. Appliquer strictement et entièrement cet accord, tel est le défi d’aujourd’hui et de demain, dans l’intérêt supérieur du pays et de son peuple. Je ne doute pas que toutes les parties s’y engageront avec sincérité.

La France sera à vos côtés comme elle l’a été tout au long de l’année écoulée, sur ce chemin des élections comme sur tous les autres chemins de l’Etat de droit, je pense notamment à l’œuvre de longue haleine qu’est la refondation de la justice.

2) La Guinée redevient un acteur de la sécurité de la sous-région

2013 marque le 50ème anniversaire de l’OUA et de l’Unité africaine dont la Guinée fut l’un des pionniers. 2013 restera aussi dans les mémoires comme l’année de reconquête de l’unité et de l’intégrité territoriale du Mali qui a été rendue possible par l’intervention française dans le cadre de l’opération Serval, puis dans le cadre de la MISMA et de la MINUSMA, avec l’appui de nos alliés, européens, américains et canadiens.

Je voudrais saluer la part que la Guinée a su prendre dans la mobilisation des forces armées de la sous-région dans le cadre de la CEDEAO, renforcée de l’engagement du Tchad, pour le succès de cette opération.

C’est à ce titre qu’une unité des forces armées guinéennes a défilé ce matin à Paris sur les Champs Elysées en présence du Ministre délégué à la Défense et du chef de l’Etat Major Général des Armées aux côtés d’autres troupes africaines. Ces militaires de la compagnie Nimba ont été formés dans le cadre de notre coopération de défense. Ce retour de la Guinée dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies n’aurait pu être imaginé il y a encore deux ans.

C’est une étape essentielle dans l’histoire de la Réforme du Secteur de la Sécurité. Cet engagement constitue un motif de fierté légitime pour l’armée guinéenne et un hommage posthume au rôle de réformateur du Général Keleffa Diallo, tragiquement disparu avec 10 autres officiers et sous-officiers en février de cette année.

N’oublions pas l’enjeu régional de la sécurité dans le golfe de Guinée, aux facettes multiples : trafics en tous genres, y compris d’être humains, pillage des ressources halieutiques, drogue, autant de menaces auxquelles la Guinée s’efforce, chaque jour, de répondre plus efficacement autour de la structuration de sa marine et de sa préfecture maritime.

La Guinée sera donc, je l’espère, pleinement au rendez-vous du sommet pour la paix et la sécurité en Afrique, qui se tiendra à Paris les 6 et 7 décembre 2013, à l’invitation du Président François Hollande lancée à ses pairs africains lors du sommet du 50ème anniversaire de l’OUA - Union Africaine à Addis Abeba en mai de cette année.

3) Un processus démocratique conforté et un environnement sécuritaire en voie d’être stabilisé sont autant d’éléments qui permettront d’avancer avec plus de confiance et de détermination sur la voie du développement.

La France, là encore, n’a pas ménagé son soutien à la Guinée.

Nous avons accompagné votre pays dans ses efforts pour franchir le point d’achèvement, en octobre 2012 ; nous avons, au Club de Paris, effacé un montant de dette de 250 M€, nous avons signé l’accord sur le contrat de désendettement-développement pour un montant global de 171 M€ en février 2013, puis un premier C2D avec l’AFD, de 75 M€ en juin. Dans ce cadre, nous avons décidé de renforcer nos interventions dans quatre secteurs clés pour le mieux-être et l’avenir des populations, en collaboration avec la société civile :

- l’agriculture,

- l’enseignement,

- la formation professionnelle,

- le développement local.

La signature du Document Cadre de Partenariat 2013-2015 sera la prochaine étape. Enfin, je ne voudrais pas achever ce tableau sans mentionner, dans le secteur de la Recherche, la signature de la convention marquant le retour en Guinée de l’Institut de Recherche et de Développement. De même, la mise en œuvre en 2014, d’un Fonds Social de Développement s’efforcera de répondre aux problèmes urgents de la jeunesse des femmes et des jeunes filles des quartiers défavorisés de Conakry ou d’autres villes de province.

4) Tout au long de cette année difficile, ce que la France en Guinée compte de forces, d’énergie et de générosité s’est mobilisé pour relever les défis de l’entreprise - créatrice d’emplois - de l’enseignement - pour que réussissent les générations futures – et de la culture - porteuse de message de tolérance et d’humanisme

Je voudrais en particulier rendre hommage aux Françaises et aux Français qui portent haut les couleurs de l’esprit d’entreprise, car la liberté d’entreprendre fait partie intégrante des valeurs de la République. L’Ambassade, vous le savez, est à vos côtés. C’est le lieu d’adresser mes remerciements à toutes les sociétés qui ont apporté leur concours généreux à l’organisation de notre fête nationale. Face à une conjoncture ingrate, je salue la belle ténacité dont chacune et chacun des entrepreneurs français font preuve au quotidien. Comme nous le disions ici même lors de la célébration des 50 ans de Total en Guinée, un investisseur est un constructeur d’avenir, et l’avenir commence par la formation professionnelle.

Il n’y a pas d’avenir sans enseignement, c’est pourquoi je suis heureux de vous annoncer la signature prochaine de la convention d’extension du Lycée français, entre le Président de l’Association des parents d’élèves et les Ministres de l’Urbanisme et de l’Energie.

Il n’y a pas d’avenir sans culture. Je sais ce que la création de spectacles musicaux, de pièces de théâtre ou de ballet au CCFG ont représenté cette année, pour nous comme pour nos amis guinéens : une respiration, et la conviction que l’engagement culturel est porteur des valeurs de liberté de penser, d’écoute et d’acceptation de l’autre dans sa différence, de capacité de créer ensemble, de réunir les énergies humaines, en un mot, de fraternité.

Merci à toute l’équipe du Centre Culturel franco-guinéen d’avoir entretenu cette flamme tout au long de l’année. A cet égard, je n’oublierai pas le symbole de Paix et de réconciliation que mon collègue Hartmut Krausser et moi avons proposé à la jeunesse de ce pays à l’occasion de la célébration du Traité de l’Elysée entre l’Allemagne et la France.

Les défis ne manquent pas. L’amitié non plus. Soyez assurés que, plus que jamais, la France est et sera à vos côtés pour vous aider à les relever, avec nos autres partenaires et en premier lieu l’Union européenne.

Vive la France,

Vive la Guinée,

Vive l’amitié franco-guinéenne.

Je vous remercie.

Conakry le 14 juillet 2013