Cinéma de l’avant garde : Mawata Camara parle aux guinéens dans ‘’Kèlè’’

article mise à jour : 29 décembre 2011
« L’art réussi toujours là où la politique a échoué » dit un dicton nourrie par les artistes. Pour certains, c’est un simple plaisir de cœur quand les hommes avertis disent que l’art est un instrument fédérateur et d’avant-garde. Ce jeudi 22 décembre 2011, la technicienne à la RTG, Mawata Camara, témoins oculaire d’un fait historique a présenté son film aux publics guinéens dans la salle de congrès du palais du peuple.

Devant le ministre Sanoussy Bantama Sow et Madame la Ministre Nantenin Cherif et un public jeune conscient, Mawatta Camara parle de son œuvre cinématographique sous un climat de satisfaction plein d’émotion.

Tiré du répertoire linguistique de la Guinée, Mawata n’a pas cherché loin le nom de son film. Une appellation justement composée de trois lettres dont l’ensemble forme une expression complète et pleine de sens. « Kèlè » qui signifie en langue malinka guerre, c’est le nom que cette fille d’origine forestière a trouvé pour s’adresser aux guinéens à travers une œuvre sensible.

Pour le ministre de la jeunesse et de l’emploi jeune, la préservation et la consolidation de la paix doivent être les maîtres mots de tous les dignes fils de la Guinée. Selon Sanoussy Bantama Sow, la motivation de son département a accompagné cette œuvre est l’expression éloquente du gouvernement à favoriser l’unité, la paix et la réconciliation nationale.

Quant à Madame Mawata Camara, réalisatrice et actrice principale dans le film, ce film est la concrétisation d’un rêve. « Après les événements vécus lors des agressions rebelles en Guinée, j’ai décidé d’interpeller les guinéens sur la nécessité de la paix. Et Pendant la présidentielle, quand j’ai vu mon pays basculer dans la violence, j’ai eu peur… ».

Pour la réalisatrice, aucun guinéen n’a intérêt à ce que la Guinée tombe dans le chaos car, si on en arrivait là, ça sera le comble. Selon l’actrice principale, ce film est fait pour que les guinéens comprennent les méfaits de la guerre parce qu’il ya des gens qui ignorent c’est quoi la guerre. « J’ai pensé à beaucoup de titre les méfaits da la guerre sur les femmes et les enfants mais les professionnels m’ont conseillé de donner un titre qui reflète la réalité. Ainsi, quelqu’un m’a demandé de voir dans la langue du terroir. Et c’est comme ça ce titre est venu. Kèlè, c’est la guerre en soussou, c’est guêrrê en poular et Kèlè en malinka » précise Mme Cissé. En fait, j’ai estimé que tout le monde pouvait comprendre ce nom. Ce film, c’est une histoire réelle que je raconte, tout commence dans une vie paisible puis c’est l’attaque et la débandade.

Parlant du film, il débute sur une scène étrangère, dans un pays de paix. Un jour et pendant que les fidèles musulmans sont dans la mosquée, les coups de fusils retentissent. Et voilà, la panique et ça devient sauve qui peut. Un groupe de rebelle réussi à prendre en otage toute une ville. Place aux massacres et autres crimes de sang crapuleux. Une femme qui se trouve être l’actrice principale perd son époux. Une situation qui oblige la pauvre femme après avoir été traumatisée et malmenée, à quitter la maison familiale pour se rendre dans la brousse. Contraint désormais d’aller à l’exil sans ressource aucune, comme nombre de leurs compatriotes. Dans un groupe d’œuvré, elle tente de fuir les rebelles qui sont près à tout, à ne laisser aucun survivant.

Mais hélas ! Leur séjour en brousse n’a servi à rien puisqu’ils seront capturés et conduits devant le chef des rebelles. Après cette capture, son père fut contraint à faire l’amour avec elle devant tout le monde avant d’être exécuté. La fille va continuer à vivre avec les rebelles.

Après avoir réussi à s’échapper aux rebelles, elle prendra le cap de la Guinée où elle va arriver dans la sous préfecture de Maférinyah (Forécariah). Arrivée dans cette ville et accueillie par l’armée guinéenne avec deux enfants. Avec un ton rassurant, l’armée va essayer de les mettre en confiance : « Chez nous ici en Guinée, c’est la paix. Rien que la paix », dira la hiérarchie militaire trouvée sur place. C’est le grand soulagement, la délivrance.

Dans cette nouvelle vie où l’espoir commence à renaître, elle met au monde un enfant. Le hic, elle ne veut pas se rappeler de son père qui n’est autre que le rebelle qui l’a violé.
Pour son manager, Ansoumane Adios Condé, Il n’est plus question de sous-estimer les femmes : « dire que seul l’homme peut être capable de faire des choses sérieuses, je ne crois plus à cela car j’ai une confiance incommensurable aux femmes. Pour la simple raison, quand elles tiennent réellement et qu’elles s’accrochent, elles y arrivent toujours. C’est l’exemple de cette dame. Ce film invite les guinéens à plus d’idée de patriotisme. Il dégage la combativité de la femme. Il faut que des hommes accompagnent et encouragent ce travail ».

Selon le secrétaire général du département de la jeunesse, le combat de la réalisatrice est d’interpeller tous vers la paix et la réconciliation nationale.

Aux dires d’Ansoumane Adios Condé, le management de ce film, une nécessité capitale et ce, à plus d’un titre disposé à apporter son expertise à la dame pour la promotion de son film.

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