Djibril Diop Mambéty : Un cinéaste inspiré

article mise à jour : 23 juillet 2013
Le 23 juillet 1998, disparaissait le cinéaste sénégalais Djibril DIOP Mambéty. Près de 15 ans après sa disparition, l’œuvre de ce producteur, acteur et réalisateur est toujours d’actualité et continue d’inspirer les auteurs sénégalais.

Comédien, producteur et réalisateur, Djibril Diop Mambéty est né en janvier 1945 à Dakar. Il travaille au Théâtre National Daniel Sorano et joue dans des films sénégalais et italiens.

Le talentueux cinéaste s’est toujours évertué à « trouver un langage africain excluant le bavardage et s’intéressant davantage à l’image et au son ». Djibril Diop Mambéty sort son premier court-métrage « Contras City » en 1968. Il tourne « Badou Boy » en 1969. Son œuvre majeure est de l’avis de beaucoup d’amateurs « Touki Bouki » réalisé en 1969. En 1992, il sort « Hyènes », un long métrage inspiré de la pièce de théâtre « la visite de la vieille dame » de l’auteur suisse Friedrich Dürrenmatt. La même année, le film est présenté en sélection officielle au Festival de Cannes.

Djibril Diop Mambéty s’est toujours voulu le porte-voix des petites gens. À ces petites gens, l’artiste eut l’ambition de consacrer une trilogie. Le premier épisode « Le Franc » réalisé en 1994, reçoit le Tanit d’or aux Journées cinématographiques de Carthage. Le cinéaste ne verra pas la sortie du deuxième film « la petite vendeuse de soleil » en 1999. Et le troisième épisode de la série, « L’apprenti voleur » ne verra jamais le jour.

Djibril Diop Mambéty fut également un documentariste exceptionnel, qui a su montrer la société Dakaroise de son époque dans sa beauté, ses aspirations et dans ses inégalités. Son œuvre s’est voulue critique et sociologique, réaliste et onirique, burlesque et grave. Marico, Mory, Anta, Linguère Ramatou sont autant de personnages sortis de l’imaginaire de ce diseur d’histoires, des personnages aux destins souvent tragiques, loufoques et tristes à la fois, hauts en couleurs et costumés.

Le cinéaste a réalisé en tout sept films, dont deux longs métrages. Une filmographie, somme toute brève, mais un legs immense à la postérité

Par Sud-Quotidien