Dans le recueil de Poème A qui la victoire de Paul Faber, c’est la vie qui gagne…

article mise à jour : 16 août 2011
Encore lui. Après avoir plongé dans Cahier d’amour, déclamons le recueil de poèmes A qui la victoire ? de Paul Faber…

Dans ce recueil de poèmes, Paul Faber n’inocule pas l’amour dans nos gènes. Mais, il nous instigue l’amour de la vie. Seule arme qui nous permettrait une victoire sur la mort.

Pour preuve, il nous prévient d’entrée de jeu que « cette poésie est un hymne à la vie pour toutes ses bontés et beautés ».
Ce poète confirmé grâce à toute l’énergie qu’il déploie pour magnifier la vie à travers ses rêves et le tout couronner par un style clair et concis, Paul Faber assure que la mort est au centre de la vie de l’homme.

De ce fait que représente la mort pour le poète ?

Extrait : « O mort ! / Toi qui détruit tout sur ton passage, / l’amour / la beauté et l’espoir… »

Ou encore : « O tristesse ! / O mort ! Tu es souillure, / tu es ténèbre. »
A cause de cette mort, les êtres humains ont les « yeux en larmes, / Ces veuves, ces veufs / Ces orphelins et amis, / ébranlés par la tragédie du sort, / Ces séparations cruelles, / où ces corps qui jadis, animés de souffle et d’énergie… / dont l’éclat terni par ton spectre, et qui / perd toute sa brillance / parce que rien, et rien ne peut / garder sa candeur avec ou après toi. »

A cause aussi de cette mort, toute une population « muette pour l’éternité sombre dans l’oubli ».

« Tu ôtes à l’homme ce qu’il a / de plus cher au monde, la vie. » se larmoie-t-il.

Car, pour Paul Faber, cette vie qui est si bonne et délicieuse et qui n’a point d’égal ne peut pas hélas se séparer de son ombre ; la mort, « l’ange exterminateur » qui la cherche « dans tous les coins de rue, / dans tous les hôpitaux, / dans l’espace, en mer et partout. »

Face à ce processus fatal et inexorable, l’auteur conseille aux humanoïdes de ne pas rester les bras croisés comme l’autre qui ne voit en la vie qu’une peine perdue dont le résultat est la mort.
Alors lui, il avertit cette même mort en disant : « Quelle que soit ta forme, massacre, génocide, guerre, calamité, / partout ailleurs, / ta puissance n’est qu’un leurre. »

Oui, elle ne pourra absolument rien contre lui.

Parce que cette mort qui postillonne ces « défilés fantomatiques des affamés » sur son visage ne pourra pas l’empêcher de travailler.

Extrait : « Tu ne m’empêcheras pas de travailler / Tu ne m’empêcheras pas de creuser / avec ma houe le vaste champ de la science, / Tu ne m’empêcheras pas de chercher / à comprendre les hommes, / non plus, / de donner à mes semblables / les infimes parties de mon cerveau, pour que je reste ici-bas, en esprit et dans les consciences en disparaissant avec toi, / Parce que mon nom et mon savoir seront gravés partout, / Même dans le chant des cloches / que les oiseaux reprendront pour le chanter à travers le monde de génération en génération. »

Parce que le destin et le sacrifice consentis envers ses semblables se confondent et se tutoient.

Résultat ? Notre service rendu, le travail déployé nous loge au panthéon. Ce qui de facto aboutira à la victoire de la vie sur la mort. Ce n’est pas fini… J’oubliais le rappel de la Parole de l’Evangile par le poète. Lisons : « La mort n’est pas une fin ; mais une continuité, un changement de vie. »

Paul Faber parle aussi avec tout style poétique qui le caractérise de ce qu’il appelle « Le regard des masques ».

L’auteur ausculte sous la forme d’un dialogue entre le Masque et l’Africain le destin pas souhaitable du Masque Africain.

Ce masque rappelle d’ailleurs que si aujourd’hui il n’est considéré que comme « une pièce de musée » à nos yeux, dans un passé si proche, il « était l’intermédiaire sacré avec vos dieux. »

Extrait : « Ma vie jadis sacrée, / maintenant ignorée, … / Dans ma joie profonde, / je répandais l’Amour sans détour. / L’harmonie sociale, la fécondité, / la sagesse sans cesse sublime, / parce que j’étais vénéré…. / je ne te reconnais plus, fils d’Afrique. »

Ou en outre : « Peine pour une société / décadente qui perd ses racines. / Peine pour une société qui s’égare, / et ignore le code de l’honneur. »

Terminons par : « Sache que ma souffrance a ses limites. / Je demande retour aux sources, la justice sociale ; / Je réclame l’Unité, le Front commun, la Solidarité, /la défense des frères oppressés ; / Ceux qui tombent chaque jour. / Je réclame l’aide aux déshérités. »

Ses semblables aujourd’hui trafiqués et exportés grâce à la course effrénée à l’argent que vit son peuple, le Masque Africain demande à ce que l’Africain applique « les leçons initiatiques du culte du respect, / le culte de l’honneur, / le culte de la fraternité, de la solidarité et de l’unité » pour qu’il nous offre un regard tendre.

Que dire d’autres si ce n’est que cet autre livre de Paul Faber publié par les Éditions l’Harmattan Guinée mérite le déploiement de notre bourse dans le but de l’obtenir pour que chaque citoyen sache que cette vie – si fragile et belle – vaut la peine d’être vécue...