Entretien avec Johanna Barry, présidente du COMIGUI

article mise à jour : 21 janvier 2013
Miss Guinée est un concours national de beauté féminine. Ce concours est organisé par la Comité Miss Guinée (Comigui). Juste après la finale qui s’est déroulée au palais du peuple, notre rédaction a rencontré la dynamique présidente du Comigui, Johanna Barry. Entretien !

Nous venons de vivre la finale du concours Miss Guinée 2012, quelles sont vos impressions ?

Je suis très heureuse. Nous avons vécu une très belle soirée. Le public était présent et le jury a fait son boulot. Les résultats n’ont pas été contestés. Je pense que c’est une victoire pour le COMIGUI. Ce que je craignais, ce qu’après l’élection de la miss, qu’il y ait des contestations. Tout le monde était unanime. Nous sommes donc rassurés pour l’avenir.

Vous dites que la finale s’est bien passée, tout de même on a constaté l’absence de la Miss 2011 Salimatou Keita. Elle devrait transmettre la couronne à la gagnante. Quelles sont les raisons de son absence ?

En fait, il fallait honorer les personnalités qui étaient présentes au palais ce soir. Les choses changent. On ne peut pas faire les mêmes choses chaque année. Nous avons reçu beaucoup de personnalités cette année.

Oui, mais Salimatou Keita pouvait être présente...

Je voudrais juste dire qu’elle n’est pas là. Nous ne pouvons pas improviser une autre miss. Il fallait que Sali soit là pour passer la couronne à la miss élue ce soir. Elle est absente, je n’y peux rien.

A ce jour, avez des nouvelles de Salimatou Keita ?

Elle n’est pas là, elle est absente et je souhaite me limiter là. Ce sont des choses qui ne peuvent pas être dites ici. Elle est absente ! Avec le temps vous aurez d’autres informations, mais retenez juste qu’elle est absente tout simplement.

Êtes-vous prête à engager votre miss dans la lutte contre les mariages précoces ?

Oui, nous pourrons proposer ce thème dans les prochaines éditions de Miss Guinée. Pour ce genre d’engagement, il faut beaucoup de moyens. Le mariage précoce est un fléau dont toute l’Afrique est victime. Ce n’est pas facile. Il faut sensibiliser les gens.

Récemment la miss Guinée 2011 s’est mariée . Selon nos informations c’était sans son consentement.

Justement, c’est une raison pour nous d’en faire un combat, il faut que ça cesse ! Franchement, j’ai été écœurée. Tout de même, je ne peux pas spontanément me lever pour en parler, il faut un soutien, il faut qu’on se prépare. Il ne faudrait pas aussi accuser les gens, nous devons savoir ce qui s’est réellement passé.

D’habitude lors de l’épreuve de culture générale, les candidates choisissaient au hasard une question dans un panier. Mais à cette édition, nous avons constaté que toutes les candidates ont concouru sur un même thème. Pourquoi ce changement ?

Ben ça dépend de l’environnement du moment. Il faut parler de la paix, il faut la prôner et insister là-dessus. Avec les élections législatives qui pointent à l’horizon chez nous, il faut multiplier les messages de paix et d’unité nationale. Nous devons conscientiser les gens pour parler de sérénité. Le thème était donc le bienvenu. On a plusieurs années devant nous, nous débattrons de tous les thèmes au cours du concours.

Dans les coulisses, nous avons tendu notre micro à l’une des dauphines, elle a répondu qu’elle ne pouvait pas nous parler sans l’autorisation du COMIGUI. Est-ce une restriction de liberté d’expression ?

Je dirai que cela est propre à tous les comités miss. On ne peut pas se permettre d’accorder une interview et tenir des propos qui pourront demain la nuire. Il faut en parler d’abord avec le comité pour voir si c’est nécessaire. Je ne crois pas que c’est une restriction de la liberté d’expression. Ce concours est organisé pour valoriser la beauté féminine guinéenne. Il permet à ces jeunes filles qui y participent d’avoir un avenir meilleur. C’est pourquoi, je ne peux pas permettre à une miss ou à ses dauphines de prendre le micro et parler car vous (les journalistes, Ndlr) vous posez souvent des questions pièges.