Et les femmes se revoltèrent !!!!!

article mise à jour : 8 août 2011

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27 aoû

34ème anniversaire de la révolte des femmes de Conakry

34ème anniversaire de la révolte des femmes de Conakry contre la police économique, c’était le 27 août 1977.

Samedi 27 août 2011

Il y a de cela 34 ans les femmes de Guinée prennent d’assaut le palais présidentiel de Feu Ahmed Sékou Touré. C’était le 27 Août 1977. Des femmes se révoltent dans le marché de Madina contre la police économique d’alors déployé pour appliquer la loi interdisant le commerce en Guinée. Cette date est historique du moment où le pouvoir du premier président reposait sur le respect des femmes. Elle reste mémoriser dans la tête de toutes les femmes et commémorer également en mémoire de ces braves femmes qui ont perdu leur vie.

Pour la petite histoire, il nous faut remonter un peu dans le temps plus précisément en 1975 où le gouvernement du feu président Ahmed Sékou Touré, sous la conduite du premier ministre Louis Lansana Béavogui avait décrété la fin de tout commerce.

Il ordonne le transfert des récoltes vers les coopératives agricoles appartenant à l’état, qui devaient s’occuper de la vente, de la gestion des produits générés par la sueur de nos mamans. Ceci est la cause directe de la révolte.

Elle part du marché de Conakry pour s’étendre au pays profond. Surtout que les mesures du gouvernement ont conduit à l’augmentation des prix et à la rareté des produits de première nécessité.

Cette révolte des femmes du marché de Conakry, une contestation inusitée, incite le gouvernement guinéen à adopter des réformes. Le régime met notamment de l’avant des mesures visant à libéraliser l’économie, en plus de normaliser ses relations avec la France.

Le président Ahmed Sékou Touré adopta d’abord un modèle socialiste juste aprés l’indépendance de la Guinée en 1958. Ensute, il rejette l’influence française et établit des liens étroits avec l’Union soviétique (URSS). Au cours des années 1960, il s’éloigne de la France, puis de l’URSS, avant d’entreprendre une expérience collectiviste s’inspirant de la Chine maoïste. Celle-ci s’avère un échec, poussant des centaines de milliers de Guinéens à l’exode. Sékou Touré se radicalise après des tentatives de coup contre lui, notamment l’invasion portugaise ratée de 1970. Il raffermit son emprise sur le pouvoir en lançant une campagne de répression contre ses adversaires politiques.

En 1975, il prohibe tout commerce privé, une mesure qui est à l’origine de la révolte des femmes du marché de Conakry, en 1977. Celle-ci débute en mars, à la suite d’un décret prévoyant que tous les produits agricoles doivent être livrés par des coopératives d’État.

En réaction, les femmes forment des comités pour mobiliser la population contre la cherté des produits alimentaires et l’instabilité économique. La révolte débute le 27 août au marché de Conakry et s’étend dans le reste du pays. Des émeutes éclatent et les gouverneurs de quelques provinces sont tués. Confronté à cette révolte des femmes, plutôt enclines à l’appuyer dans le passé, le président légalise le petit commerce à l’automne 1977. Il rétablit aussi les liens diplomatiques avec la France et reçoit la visite du président Valéry Giscard d’Estaing en 1978. À un autre niveau, il abolit le nom « République populaire de Guinée », en 1979, et rétablit la petite entreprise. La révolte des femmes marque à cet égard un tournant pour le régime en ce qui a trait au rôle joué par l’État dans l’économie.

Voilà ce que signifie cette date du point de vue historique.

Depuis l’avènement de l’armée au pouvoir, le 3 avril 1984, la date du 27 août a été érigée en fête nationale.
Sa commémoration donne lieu à des retrouvailles entre les Femmes guinéennes, sur fond de réjouissance.