FESPACO 2013 : Séquences de la 23e édition qui s’achève

article mise à jour : 4 mars 2013
Maintenant que le rideau sur la 23e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est tombé, l’heure est au bilan. « Le Pays » revient sur quelques moments forts – mais aussi moins glorieux – de la biennale du 7e art africain.

Une cuvée de grande qualité

Les longs métrages en compétition n’avaient pas à rougir de leurs homologues de Cannes ou de Berlin. Le cinéma africain a ébloui les festivaliers par son originalité, sa diversité et son professionnalisme. Abordant souvent des sujets authentiquement africains et mettant en scène des acteurs locaux de talent, les œuvres présentées ont su toucher un public international plus que ravi par ses nombreuses découvertes.

* Honneur aux femmes

Le thème officiel du festival avait beau être les politiques publiques, c’est l’attention particulière portée aux femmes – autant dans la composition des jurys que dans les thématiques des films primés - qui a volé la vedette. Et que dire du nombre impressionnant de lauréates décorées à la cérémonie de clôture ! A quelques jours du 8- Mars, ces reconnaissances méritées confirment l’apport important des femmes au cinéma africain.

* Des salles trop rares et trop pleines

Si les festivaliers matinaux entraient sans problème dans les salles de projection, plusieurs cinéphiles nocturnes ont été frustrés d’être obligés de tourner les talons sans voir le film qu’ils convoitaient : les salles n’étaient ni assez nombreuses ni assez vastes, et dans certains cas, le nombre de billets vendus dépassait le nombre de places disponibles. Vite le retour des projections en plein air, surtout pour les films burkinabè que tous les Ouagalais courent voir !

* L’inaccessible Zaphira

Trop nombreux sont ceux qui n’ont pu voir le seul long métrage burkinabè en compétition, Moi Zaphira de Apolline Traoré, dont plusieurs médias nationaux. Le film a souffert de sa prévisible popularité, mais aussi de décisions discutables des organisateurs du FESPACO. D’abord, ne pas programmer de projection de presse matinale a obligé les Hommes de médias à chercher à assister aux projections grand public. La première a eu lieu dans le trop exigu Ciné Burkina et les deux autres dans des créneaux horaires plutôt incompatibles avec les heures de tombée. Et les spectateurs étaient plus nombreux que les places disponibles. Rares sont donc ceux qui peuvent discuter de la performance primée de sa tête d’affiche, Mariam Ouédraogo !

* Des remerciements très (trop ?) brefs

Les remises de prix sont généralement l’occasion rêvée pour les gagnants de passer un message, qu’il soit artistique, politique ou social. Mais pas au FESPACO 2013. A quelques exceptions près, les gagnants se sont contentés d’un rapide « Merci, vive le FESPACO ! » Mention spéciale à la Tunisienne Nadia El Fani (Même pas mal, Premier prix documentaire), qui en a profité pour appeler à une « Afrique démocratique et laïque », et au Malien Ibrahima Touré qui a dédié son Prix de l‘Union africaine pour Toiles d’araignées « à toutes les femmes qui vivent dans des camps de réfugiés en Afrique ».

* De nécessaires réformes

A la cérémonie de clôture, le délégué général du festival, Michel Ouédraogo, a annoncé qu’il y aurait des « réformes majeures » pour l’édition de 2015. Parmi les plus importantes, il annoncé l’ouverture de la compétition officielle aux films de la diaspora, ainsi qu’à ceux en format numérique. Les montants associés aux Etalons d’or, d’argent et de bronze seront aussi doublés. Chapeau à l’organisation pour ces décisions qui mettront le FESPACO au diapason de l’évolution du 7e art africain.

* Un peu trop d’orgueil national ?

En terminant, une petite remarque aux Burkinabè fortement déçus du fait que le pays des hommes intègres n’ait pas raflé toutes les récompenses. Gagner le prix de la meilleure fiction des écoles de cinéma et celui de la meilleure interprétation féminine, en plus d’une mention spéciale du jury pour un film vidéo, c’est déjà une belle récolte ! Il ne faut pas oublier que l’Afrique compte 54 pays, dont une trentaine était représentée en compétition cette année. Si le Burkina Faso a l’exclusivité de la tenue du FESPACO, il n’a pas celle du talent cinématographique africain… Et c’est beaucoup mieux ainsi !