Festival d’Angoulême : Willem sacré par le Grand Prix et « Quai d’Orsay » obtient le Prix du meilleur album

article mise à jour : 4 février 2013
Le Néerlandais Willem, dessinateur satirique corrosif et graphiste hors pair, a été sacré dimanche 3 février par le Grand Prix d’Angoulême. Le Prix du meilleur album est allé au second tome du best-seller Quai d’Orsay de Christophe Blain et Abel Lanzac : une plongée décapante dans le quotidien du ministère des Affaires étrangères.

Quai d’Orsay. Chroniques diplomatiques, qui vient de recevoir le Prix du meilleur album au Festival de bande dessinée d’Angoulême, additionne les succès. Succès populaire, d’abord, puisque les deux tomes de ces chroniques diplomatiques décapantes ont séduit plus de 260 000 lecteurs.

Succès critique également. A 41 ans, Christophe Blain est considéré par ses confrères dessinateurs comme l’un des meilleurs de sa génération. Son art du mouvement et du séquençage prend toute son ampleur dans Quai d’Orsay, qui plonge le lecteur dans le quotidien du ministère des Affaires étrangères, période 2002 -2003.

Si dans la BD, le ministre des Affaires étrangères s’appelle « Alexandre Taillard de Worms », et le pays que les Etats-Unis veulent envahir se nomme le « Lousbem », on reconnaît sans difficulté le Dominique de Villepin de 2002. Un ministre tour à tour énergique, emphatique, contradictoire, et finalement à la folie attachante.
Le tome 2 de Quai d’Orsay, qui vient de se voir attribuer le Fauve d’Or à Angoulême, entraîne le lecteur dans les coulisses de la préparation du discours à l’ONU de 2003. Un discours dans lequel le chef de la diplomatie française d’alors tentait de dissuader les Etats-Unis d’entrer en guerre contre l’Irak.
Ce prix, Christophe Blain le partage avec son scénariste, Abel Lanzac. Un pseudonyme qu’a pris cet ancien conseiller ministériel fan de bande dessinée. Actuel conseiller culturel français à New York, il a, pour la première fois à Angoulême, tombé le masque et révélé son vrai visage, et son vrai prénom : Antonin Baudry.
Quant à Willem, qui a obtenu cette année le Grand Prix du festival, il a été désigné par ses pairs. Pour la première fois cette année, c’est à l’issue d’un vote de l’ensemble des auteurs accrédités au Festival d’Angoulême que le Grand Prix a été attribué.
Auteur d’origine néerlandaise, particulièrement prolifique, Willem a travaillé dans la presse, pour le journal anarchiste Provo, avant de publier ses dessins dans Libération, Hara Kiri et Charlie Hebdo. Son œuvre féroce mêle les caricatures politiques, le sexe, la critique des extrémistes religieux et la dénonciation des guerres.

Les autres têtes de liste étaient le scénariste britannique Alan Moore (V pour Vendetta, Watchmen, Swamp Thing…), les Japonais Katsuhiro Otomo (Akira, Steamboy…) et Akira Toriyama (Dr Slump, Dragon Ball…) et l’Américain Chris Ware (Jimmy Corrigan, Quimby The Mouse…).

Source : RFI.FR