Fodé Baro, l’agitateur, « Je suis à la disposition de tous mes frères musiciens guinéens »

article mise à jour : 26 décembre 2013
Appelé l’agitateur ou l’enfant de la Sig Madina, le roi du Zouk mandingue séjourne depuis près d’un mois à Conakry où il compte donner un grand spectacle à ‘occasion de l saint sylvestre dans un réceptacle de la place. Les préparatifs de cette dernière sortie de l’an 2013 se passent dans les meilleures conditions apprend-on du coté de Tidjane World Music qui assure le management en collaboration avec Tabaro praductions. Pour une fête sans défaite au grand plaisir de mélomanes guinéens prêts à apporter tout leur soutien à cet homme de réputation mondiale qui a récemment bénéficié du prix meilleur artiste de l’année selon un classement de Guinée Music Awards. Entretien !
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Guinee-Culture.org : Après la sortie de votre dernier album il y a un trimestre Fodé Baro est de nouveau à Conakry à l’occasion des fêtes du nouvel an. Comment se déroule le séjour ?

Fodé Baro : C’est vrai ! Je suis revenu passer les fêtes d’années avec les Guinéens vivant au pays, comme toujours, pour accompagner mon pays dans le cadre de la recherche de l’unité nationale et de la consolidation de la paix. Nous sommes à des milliers de Kilomètres du pays, mais cela, c’est physiquement ; en réalité nous sommes de cœur avec notre chère Guinée dont nous sommes fiers. Une occasion que je vais mettre à profit pour donner un spectacle de qualité le 31 décembre prochain à l’hôtel Riviera de Taouyah. Tous mes fans ainsi que tous les mélomanes guinéens y sont conviés. Le succès du spectacle est garanti d’avance car je promets de donner le maximum de moi-même pour un passage en beauté en 2014. Ce sera une rencontre riche en couleurs et en sons organisées avec les mains expertes de Tidjane Soumah qui est désormais mon manager.

Votre sentiment après votre désignation comme artiste de l’année…

Ce n’est pas la première fois que je suis désigné comme meilleur artiste en Guinée. Mais, je puis vous dire que je suis profondément marqué par cette distinction qui me va droit au cœur. Je la dédie à tous mes fans sans lesquels mon existence en tant qu’artiste serait nul. Mais aussi à tous les Guinéens et les mélomanes en particulier que je convie à la grande soirée du 31 décembre 2013 pour finir l’année en apothéose à l’hôtel Riviera de Touyah.

Parlons à présent de votre dernier album, les sujets qui y sont traités ?

Tout d’abord de sages conseils à nos politiciens, mouvance et opposition confondues. Les autres thèmes traités dans l’album sont : l’amour, comme pour dire que de nos jours l’amour réel basé sur les vrais sentiments est rare, car c’est le matériel qui prévaut. Donc je conseille de prendre l’exemple sur nos mamans qui, en leur temps n’ont jamais monnayé l’amour. Puis, je chante aussi contre la corruption. Notre pays a besoin d’aller de l’avant, car la Guinée recèle de trop de richesses naturelles pour être encore à la traine. La corruption qui gangrène notre administration doit s’arrêter, car nous devons mettre l’intérêt national au-dessus de nos intérêts personnels. J’ai aussi composé quelque chose sur la paix. En un mot, je dirai que je ne suis pas venu pour choquer qui que ce soit, ni dire qui a raison, ou qui a tort. Mais par contre je suis aussi un leader d’opinion, mais qui par sa voix peut transmettre des messages de paix et de réconciliation, à tout le peuple, à toute la nation.

A l’occasion de la création de votre dernier album vous avez lancé votre nouvelle maison ‘’ TABARO Productions ‘’, on peut en savoir plus ?

J’ai créé « TABARO Productions » pour apporter mon soutien à la musique guinéenne. Je suis à la disposition de tous mes frères musiciens guinéens pour leur apporter ma petite expérience, pour le bien de notre culture. A travers ce nom, je veux aussi faire perpétuer un souvenir d’enfance. Mes inoubliables moments avec aussi Sékouba Kandia Kouyaté, Kaabi Kouyaté, Petit Condé, Habib Williams, Doura Barry et tant d’autres avec lesquels dans un jeune groupe musical que M. Justin Morel Junior Baptisera « Tabara Orchestre », Tabaro qui vient de Tabassy Baro, qui est mon oncle et qui fut notre premier encadreur.

Quel est justement votre appréciation de l’actuelle musique guinéenne ?

Je pense que la musique guinéenne si elle ne fait pas attention, elle risque de se perdre car trop plongée dans l’imitation des autres. L’imitation n’est pas interdite, mais moi je pense qu’il faut avoir une vision sans perdre son identité culturelle, car il n’y a pas de nation sans culture et de nation sans histoire. La Guinée est culturellement riche, l’histoire passée nous en a donné la preuve avec des groupes comme Bembeya Jazz, Keletigui et ses Tambourinis, Horoya band, Les Amazones de Guinée, Balla et ses Baladins, Camayenne Sofa, Syli Authentic, j’en passe…
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