Guinee-Culture rencontre Jimmy Moussa Camara (JMC), animateur à la radio Nostalgie

article mise à jour : 17 avril 2013
Depuis près de trois ans, il berce les auditeurs de la radio Nostalgie à travers ses différentes émissions. ’’Le Duel’’ réservé aux élèves s’annonce à sa troisième édition riche en émotions et en surprises pour les deux finalistes encore en compétition et a connu la participation d’une trentaine d’écoles. En prélude à la finale de ladite Edition prévue le 25 avril prochain au centre culturel franco-guinéen (Ccfg) notre rédaction a réalisé un entretien téléphonique dans lequel Jimmy Moussa Camara (JMC) parle des débuts du Duel et évoque les difficultés rencontrées dans la réalisation de ce projet. Lisez

Guinee-culture : Vous êtes l’animateur de l’émission ’’Le Duel’’ sur les antennes de la radio Nostalgie. Dites-nous comment est née cette émission ?

JMC : L’émission ’’Le Duel’’, je dirai à l’entame est le fruit de quatre différentes émissions de la radio Nostalgie. Il s’agit notamment de ’’Super mélomane’’, le ’’Génie de l’antenne’’, le ’’Dico Master,’’ et ’’Crytomania’’.

Parlez-nous brièvement de chacune de ces quatre émissions...

Le Génie de l’antenne est une émission de culture générale, diffusée sur nos antennes de 12h à 13h. L’émission ’’Super mélomane’’ a été créée pour faire la promotion de la musique guinéenne. Nous poussons l’auditeur au bout du fil à monter qu’il est un véritable consommateur de notre musique. Le ’’Dico master’’, c’est un peu du genre de Scrabble, à la radio. Les candidats sont amenés à trouver le singulier d’un nom commun en faisant une combinaison de lettres que nous leur donnons, pendant un temps bien défini.

A un moment donné, nous avons voulu voir si l’on peut ajouter des chiffres. Il fallait ainsi trouver une formule qui réunissait des chiffres et des lettres. C’est ainsi qu’est née l’émission ’’Cryptmania’’. Le principe de cette émission, c’est de remplacer des chiffres par leurs positions respectives dans l’ordre chronologique de l’alphabet. La lettre A par exemple occupe la position 1, B la position 2 (...) et Z occupe la position 26. Nous avons voulu aller au de-là de 26, pour permettre aux candidats à l’antenne de faire des combinaisons afin de trouver le bon mot. C’est l’ensemble des principes de ces émissions qui a donné naissance au ’’Duel’’.

Pour créer une émission, il faut avoir sans doute une motivation. Depuis quand travaillez-vous sur ce projet ?

L’idée de cette émission est née depuis l’université. A la fac, je voulais toujours mettre en compétition les étudiants des différents départements. Mais bon, il faut préciser dans ce milieu, il y a toujours un conflit d’égo. Ceux qui étaient en charge de la commission culturelle au sein de l’université voulaient faire comme si c’étaient eux qui avait initié le projet, pendant que ce n’était pas le leur. A chaque fois que je soumettais un projet, ils faisaient tout pour le bloquer. Je restais donc à mi-chemin de mes projets. Heureusement, après ma formation universitaire en Côte d’Ivoire, j’ai décidé de rentrer en Guinée. C’est ainsi que j’ai pu rencontrer le directeur de la première radio privée de Guinée, Nostalgie Fm. Ce dernier m’a permis de réaliser mon rêve en me confiant la présentation d’une émission sur sa radio. Au fur et à mesure que le temps passait, j’ai continué à murir l’idée de mon projet. J’ai débuté avec deux auditeurs de la radio Nostalgie. Le passage de ces derniers à l’antenne a été un succès pour moi. Un coup d’essai qui s’est révélé en véritable coup de maître.

Vous êtes à la troisième édition de ce concours interscolaire, quelles ont été les réalisations faites au cours des éditions précédentes ?

A la première édition du ’’Duel’’, nous avons eu vingt-quatre écoles qui ont présenté des candidats. Le lauréat de cette première édition est parti avec la somme de deux millions de Francs guinéens. La seconde édition quant à elle, a connu la participation de trente-deux écoles. Nous avons pu rajouter au lot de cadeau un ordinateur pour les trois finalistes. Le lauréat de la seconde édition est reparti avec un million, un ordinateur portable et d’autres lots offerts par nos partenaires.

Cette troisième édition, connaît aussi la participation de trente deux écoles. La particularité de cette année, est qu’on a ajouté aux trente écoles candidates de la ville de Conakry, une école de Coyah et une autre de Dubreka.

Justement comment faites-vous le choix des écoles participantes ?

Nous nous basons sur les zones couvertes par la radio Nostalgie. C’est qu’il est intéressant d’inviter des écoles à participer au concours. Mais lorsqu’une école présente un candidat, il est préférable qu’elle puisse écouter Nostalgie afin de mesurer les performances du candidat. Pour le moment, la radio Nostalgie est écoutée par endroit à Kamsar, Fria et autres villes de l’intérieur. Nous n’avons donc pas pris en compte des candidatures venant de ces villes. Par contre, on peut écouter la radio Nostalgie partout quand on est dans les villes de Dubreka et Coyah. Ce qui justifie leur participation au concours.

C’est bien beau de réunir des écoles autour d’un même projet. Dites-nous quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la réalisation de ce projet ?

Au premier plan, les difficultés surgissent au niveau des inscriptions dans les écoles (publiques et privées). Il y a des écoles qui reçoivent nos courriers les invitant à participer au concours. Elles ne prennent même pas le temps de nous répondre ou d’accuser réception du courrier. Nous sommes donc obligés de nous lever pour aller les trouver. Il y a aussi des encadreurs d’écoles qui ne veulent pas que leurs élèves participent sous prétexte que les enfants n’ont pas un bon niveau scolaire. Parfois, des élèves veulent se présenter volontairement, mais au sein de leur établissement il y a des bisbilles entre certains encadreurs. Chacun voudrait avoir le monopole d’accompagner le candidats durant le concours. Un exemple très frappant s’est déroulé au lycée 2 octobre entre le proviseur et le responsable de la commission culturelle. Au finish, ils ont annulé la candidature des élèves qui devaient représenter ce lycée.

Dans l’organisation de ce concours, associez-vous les trois ministères en charge de l’éducation à ce concours ?

Je dirai plutôt quatre ministre, car aux trois ministères en charge de l’éducation (enseignement pré-universitaire et de l’éducation civique ; celui de l’emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnel ; et enfin celui de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique), il convient d’ajouter celui de la culture.

Seul le ministère de l’enseignement professionnel qui n’a pas été contacté à temps dans le cadre de ce projet. Les trois autres ont été contactés très tôt. Le ministère de l’enseignement pré-universitaire devrait être le plus intéressé par ce projet. Mais à notre grande surprise, il n’a pas du tout réagi. Le responsable de ce département affirme n’avoir pas pris connaissance du dossier. Or son secrétariat a reçu le courrier à temps et a accusé réception. Nos multiples tentatives de rencontrer le ministre de l’enseignement pré-universitaire sont restées vaines. Notre objectif, c’est de permettre aux enfants de réussir. Je le disais tantôt, nous avons été victimes d’inconscience quand nous étions à la fac. Personnellement aujourd’hui, la plus grosse bêtise que j’ai faite c’est en organisant des manifs à la fac pour réclamer ma bourse d’entretien au lieu de réclamer l’obtention de salles informatiques, de laboratoires d’application, ou de livres dans les bibliothèques. A travers ce concours nous arrivons à outiller cette nouvelle génération afin qu’elle soit bien encadrée. Il est donc déplorable, qu’un ministère en charge de l’éducation n’associe pas son image à un concours qui vise à développer de l’intelligencia en Guinée.

Parlons à présent de la finale du Duel de cette édition.

Les deux candidats qui sont parvenus à se qualifier pour la finale, s’affronteront lors de l’ultime épreuve de la dernière chance le 25 avril prochain au Centre culturel Franco-guinéen. Cette finale sera diffusée en direct sur la radio Nostalgie et opposera les candidats Yannaty Kouyaté du groupe scolaire St-Georges et Mamadou Bella Diallo de Ste-Thérèse. Je tiens à préciser que ces deux finalistes sont tous deux élèves de Terminales Sciences Sociales dans leur établissement respectifs.

Et qu’avez-vous prévu pour le lauréat du concours ?

En plus des cadeaux qu’il aura, le lauréat du concours s’en volera pour la France à la découverte de la francophonie. Les trois finalistes bénéficieront d’une bourse d’études dans une filière de leur choix durant tout leur cursus universitaire à l’University International College (Unic) et l’Institut Supérieur de Gestion (ISG). De nombreux autres lots les attendent.

Des partenaires vous ont certainement accompagné pour que vous puissiez offrir à vos finalistes ces cadeaux...

Oui. C’est l’occasion pour moi de les remercier. Il s’agit notamment du Lions Club qui est à nos côté depuis le début de ce concours. Il convient de souligner l’apport de Sansy Kaba, directeur de la maison d’édition de L’Harmattan Guinée. Il s’est beaucoup investi pour la réussite de ce projet. C’est l’opportunité pour moi de le remercier pour tout ce qu’il fait pour le rayonnement de la culture guinéenne. Un autre mécène non moins important qui, dès la présentation de ce projet a jugé utile de nous accompagner, Antonio Souaré, PDG de Guinée Games. Que Guicopres, l’ambassade de France, Air France, Brussels Airlines et toutes les personnes qui de près ou de loin se sont impliquées pour la réussite de ce projet en soient remerciées.

Un message particulier à lancer ?

L’équipe du Duel et toute la radio Nostalgie restent ouvertes à toute personne qui souhaiterait développer ce genre de concept en Guinée. Les autre radios de la place peuvent le faire aussi, même si c’est l’idée originelle a été conçue et développée au sein de la radio Nostalgie. Le concours est ouvert à tous les élèves de la 10ème année jusqu’en terminales et l’inscription est gratuite.