Guinée : Il était une fois, la bibliothèque nationale guinéenne…

article mise à jour : 30 septembre 2015
Conakry est retenue pour être la capitale mondiale du livre en 2017. Pour donner de la lumière à ce grand évènement culturel mondial en Guinée, les acteurs de la chaine du livre multiplient les rencontres pour renforcer la filière dans sa globalité, a constaté votre quotidien en ligne, Guinéenews.

La maison d’éditions L’Harmattan Guinée a reçu le lundi, 28 septembre, le directeur de la Bibliothèque nationale, Baba Cheick Sylla dans son programme habituel, ‘’Les lundis de l’Harmattan’’. Créé au lendemain de l’indépendance du pays, cet espace de conservation de la mémoire du pays se trouve de nos jours dans un état piteux. Selon le directeur Baba Cheick qui assure tant bien que mal, la survie de cet établissement, « l’espace ne sied pas pour abriter la bibliothèque nationale et les cadres sont sans formation dans le domaine. Pourtant, ils doivent être à mesure de communiquer sur ces documentations ».

Cet entretien avec le directeur de la bibliothèque nationale a permis aux uns et aux autres de connaitre l’importance d’une bibliothèque nationale. Elle permet de garantir l’accès et la transmission du patrimoine national. Pour autant, le directeur affirme qu’il ne reçoit presque pas d’abonnés. « Depuis le mois de janvier 2015, nous n’avons reçu que dix abonnés. Et parmi ceux-ci, c’est seulement quatre ou cinq personnes qui sont venues deux ou trois fois pour rapidement feuilleter les documents », dit-il.

L’espace restreint, des documents frappés en longueur de journée par l’humidité, d’autres sont exposés à même le sol pour faute d’espace, manque de personnel ou encore de professionnalisation dans le métier, sont entre autres, les difficultés rencontrées par Baba Cheick et son équipe composée d’une dizaine de jeunes bénévoles. « On a 800 à 900 documents qui sont bien rangés dans les rayons. Certains sont dans les cartons en attendant que le nouveau siège prévu ne finisse », dit-il.

Les travailleurs de la bibliothèque sont tous impatients d’avoir un siège digne de nom où la mémoire du pays pourra reposer. A ce jour, la loi du dépôt légal exigeant à toute maison d’édition de déposer des exemplaires des différents ouvrages qui voient le jour n’est pas respectée. Le directeur Baba Cheick indique : « certaines maisons d’éditions ne déposent pas des exemplaires des ouvrages mais on ne les tient pas rigueur. Parce que ces documents sont mieux entretenus à leur niveau que chez nous ». Après tout ce qui est cité comme problème, la bibliothèque nationale sise dans la cour du Musée national dans le quartier Sandervalia ne joue pas véritablement son rôle de conservatoire.

En attendant de saluer la fin des travaux de la construction d’un siège pour la bibliothèque nationale en 2016, le directeur général se bat depuis 32 ans pour conserver la mémoire de la Guinée. Avec son dynamisme, il s’emploie pour la numérisation des documents des différents fonds dont le fond ancien ou encore le fond mémoire et esclavage qui compte de nos que 385 titres en lieu et place de 471 en 1965.