Hami Traoré écrivaine ivoirienne : Chapeau pour les organisateurs des 72h du livre

article mise à jour : 29 avril 2015
Littéraire de formation et spécialiste en romans africains, Hami Traoré auteure du roman, ‘’Le couteau brulant ‘’ est de cette nouvelle génération d’écrivains africains qui cherchent à transcrire, à travers l’écriture pour la postérité , le vécu quotidien des populations du continent noir en s’insurgeant contre certaines mœurs et coutumes qui nuisent à la sensibilité de la femme africaine comme l’excision. Meurtrie par l’excision, cette violence physique dont sont victimes prés de 90% de femmes africaines, Hami Traoré exprime sa douleur de femme et sa révolte dans ses romans contre cette pratique en faisant partager ses expérience aux milliers de ses lecteurs et lectrices. Elle expose dans cet entretien qu’elle a eu avec notre reporter à l’occasion de la 7ème édition des 72 heures du livre organisé par la maison d’édition Harmattan Guinée et ses partenaires, les raisons qui l’ont amenée à écrire.

Guinée culture : Mme Traoré, vous êtes littéraire, peut on connaître les raisons qui vous ont poussé à devenir écrivaine ?

Hami Traoré : Je suis littéraire de formation et me suis spécialisée en romans africains. Victime de l’excision j’ai voulu exprimer ma douleur et ma souffrance à travers quelque chose..je me suis dit, tiens, il n’y a pas de plus noble que l’écriture. Ainsi, armée de mon stylo, j’ai décidé de parler , de partager ma vision dans la lutte contre l’excision en Côte d’Ivoire pendant et après cette violence physique. Le livre étant un moyens de communication par excellence , nous voulons susciter des discussions dans des lieux publiques ( écoles, universités, …) et surtout au sein des familles. On peut ne pas être d’accord ; être pour ou contre l’excision, mais l’essentiel c’est de briser le mur du silence. La Côte d’Ivoire et la Guinée sont des pays frères.. nous avons a peu prés les mêmes configurations et les mêmes diversités culturelles.. je pense qu’avec ce salon, nous venons partager notre passion commune qu’est le livre.. Nous sommes heureux de rencontrer à cette occasion les auteurs guinéens . J’espère revenir pour la dédicace de mon second roman ‘’Une étincelle au bout du tunnel’’ qui parle de la violence faite aux femmes.

Quelle appréciation faites-vous de la 7ème édition des 72h du livre à laquelle venez de prendre part ?

Je suis heureuse d’être ici parce que c’est un cadre chaleureux d’échange et de partage. C’est une opportunité pour nous écrivains en tant qu’invités d’honneur de venir présenter nos œuvres et chercher à connaître la littérature guinéenne. Evidemment, la littérature guinéenne est très bien connue en Cote d’Ivoire à travers ‘’L’enfant noir’’ de Camara Laye, les écrits du Pr. Djibril Tamsir Niang qui ne sont plus à présenter, Therno Monenimbo, Williams Sassine et plusieurs autres . Nous qui sont venus, nous appartenons à la nouvelle génération d’écrivains ivoiriens. Il est question que l’on connaisse la nouvelle génération d’écrivains guinéens.. Aussi, les 72h du livre demeurent un cadre approprié de rencontre pour tous les professionnels du livres. Ce n’est pas seulement que les écrivains , imprimeurs, éditeurs bibliothécaire , libraires, bref tous les passionnés du livre qui s’y rencontrent., il y a une forte présence de médias nationaux et internationaux et d’artistes de tous les horizons. La communication est exceptionnelle et je dis chapeau aux organisateurs des 72h du livre car tous ceux-ci vont relayer l’information . Je vous remercie
Propos recueillis par Lansana Sarr

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