Hommage de Monique Seka à ALY BADARA DIAKITE

article mise à jour : 10 mai 2015
Les Productions Tidiane World Music et Koura Sound Présentent le mois spécial ABD du 4 mai au 4 juin 2015 Partenaire : Haddafo Media , RTG , L’URTELGUI et l’AJACGUI. « A.B.D., yako ! » : un hommage de Monique Seka à ALY BADARA DIAKITE

Le 4 mai 2015 marquera le 19è anniversaire du décès d’un des géants de la Radio Télévision Guinéenne (R.T.G.). La disparition inattendue d’ALY BADARA DIAKITE (A.B.D.), à l’hôpital Ignace Deen de Conakry, bouleversa le public et endeuilla le paysage médiatique guinéen,qui n’a plu été le même.

L’animateur, formé en Côte d’Ivoire, était rentré en Guinée dans la deuxième moitié des années 80. Inspiré par son idole de toujours, l’animateur ivoirien Fulgence Kassy, A.B.D. avait lancé, en grande fanfare, l’émission musicale AFRICA DANCE sur le modèle des émissions de Kassy en Côte d’Ivoire. Ainsi, tous les samedis, à 9 heures 5mn trébuchantes, A.B.D. captivait les audiences et partageait sa passion pour la musique avec une originalité, qui générait une forme de magie contagieuse.

Rater ce rendez-vous hebdomadaire était impensable ! Les maîtres d’école s’étaient même fait une raison et plutôt que de sévir ils finissaient par rejoindre leurs élèves, autour d’un poste de radio, lorsque tous sortaient de classe au lancement du générique annonçant la diffusion de l’émission. Et ce générique représentera un lien supplémentaire entre A.B.D et la Côte d’Ivoire. L’animateur ne cessera de bâtir des ponts entre sa terre natale et ce pays d’adoption voisin, qui l’avait tant inspiré.

Pendant huit ans, le tube « Missounwa » de l’ivoirienne Monique Seka est resté l’unique générique d’AFRICA DANCE.Du lancement de l’émission en 1988 jusqu’à la dernière diffusion en 1996, ce grand succès -qui a défini le style afrozouk -est devenu, grâce à la popularité d’AFRICA DANCE, une sorte d’hymne national bis en Guinée. A.B.D. avait à ce point inscrit « Minsounwa » dans la conscience collective, que les guinéens adoptèrent Monique Seka comme faisant partie du patrimoine culturel national et comme une partie-intégrante d’AFRICA DANCE. La fidélité d’A.B.D. pour ce titre et son interprète alimenta de nombreuses rumeurs - et quelques phantasmes – sur une supposée liaison romantique, de longue distance, entre la chanteuse et l’animateur.

Ironie du sort, Monique Seka et A.B.D. ne se sont en fait jamais rencontrés.

Très touchée par toute cette affection guinéenne, Monique Seka (actuellement en Guinée dans le cadre d’une visite de solidarité, de soutien et de sensibilisation face à l’épidémie d’Ebola, qui sévit dans 3 pays) a tenu à rendre un hommage posthume à celui qui a fait d’elle une icône en Guinée. Elle est entrée en studio, à Conakry, pour enregistrer un hommage à A.B.D. en réalisant un titre, qu’elle vient de composer avec la cantatrice Oumou Dioubaté et le doyen Papa Kouyaté, batteur légendaire et gendre de la grande et regrettée Miriam Makeba.

Le morceau intitulé "A.B.D., Yako !" sortira courant avril pour coïncider avec le 19ème anniversaire de la disparition d’A.B.D., le 4 mai prochain. Monique reviendra ensuite à Conakry, au mois de mai, pour prendre part à un gala de collecte de fonds pour lutter contre Ebola. Ce sera l’occasion pour elle de faire part de toute sa reconnaissance envers le pays de son "mari radiophonique". Ce bel hommage est plus que mérité. A.B.D. était, de son vivant, un véritable trait d’union entre toutes les filles et tous les fils de Guinée. Ses messages d’unité, de fraternité et de gaîté parlaient à tous. En l’écoutant on oubliait les appartenances politiques et autres distinctions ethniques ou régionales. Les jeunes s’identifiaient à lui et il savait les tenir en haleine, tous unis par la musique

Surnommé GONZALO par ses intimes, A.B.D. avait développé une relation très personnelle avec son public. Il leur avait ainsi appris que le samedi, jour de diffusion de son émission, était un jour sacré tout au long duquel son véritable nom ne devait en aucune façon être prononcé. Les guinéens aiment encore se rappeler qu’ils se prêtaient volontiers à son jeu et l’imitaient en ne se référant eux aussi à lui, les samedi, que par : N’GA SAYON KHADY, signifiant fils de N’GA SAYON en langue Sousou.

Un grand merci à Monique Seka, la « Missounwa » d’A.B.D., venue le faire revivre, à l’approche de la date anniversaire de son décès. En disant "Yako !" à celui dont la mort a tant touché la Guinée, c’est au pays tout entier endeuillé par le virus Ebola que la sœur ivoirienne témoigne sa compassion et son affection.

Autre coïncidence de l’histoire, l’émotion populaire que suscita la mort prématurée d’A.B.D., en 1996, n’est pas sans rappeler celle de son modèle Fulgence Kassy, lui aussi décédé de manière inattendue et tragique, 10 ans plus tôt, en 1986.

Mais sachons plutôt sécher nos larmes car la musique sait rendre ses idoles immortelles.

ABD YAKO

LEGENDES :

Auteur : Monique Seka

Initiateur du Projet : Les PRODUCTIONS TIDIANE WORLD MUSIC

Production : Koura Sound.

Studio : Djadjef

Arrangement Sudio Abidjan : Koudou Atanase

Composition : Oumou Dioubate

Participation : Papa Kouyate

Choriste : Sira .

Clip Vidéo : Racine de Ben Diabaté