Idrissa Camara , Directeur national de lettre et de lecture publique. ’’Il faut que la Guinée , en tant qu’Etat ait son salon international du livre. Les 72h du livre sont l’œuvre d’un privé

article mise à jour : 23 mars 2015
Professeur de lettre, il est le présentateur de l’émission Belle lettre à la Radiodiffusion nationale ( RTG-koloma). Homme de culture qui a enseigné dans plusieurs lycées de la capitale et qui a été disc –joker dans plusieurs dancings huppés dans la banlieue de Conakry , ce journaliste à la plume alerte se bat aujourd’hui pour davantage imprimer sa marque personnelle à la vie du livre et de la lecture en Guinée à travers son institution. Il a la volonté, mais les moyens techniques et financiers n’accompagnent pas souvent les services publics dans leurs missions régaliennes . Dans cet entretien avec notre reporter, il parle des opportunités, des contraintes, des défis que sa direction doit relever pour que la Guinée soit en 2017 la capitale mondiale du livre.

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Monsieur Idrissa Camara est le directeur national de lettre et de lecture publique. Professeur de lettre, il est le présentateur de l’émission Belle lettre à la Radiodiffusion nationale ( RTG-koloma). Homme de culture qui a enseigné dans plusieurs lycées de la capitale et qui a été disque –joker dans plusieurs dancings huppés dans la banlieue de Conakry , ce journaliste à la plume alerte se bat aujourd’hui pour davantage imprimer sa marque personnelle à la vie du livre et de la lecture en Guinée à travers son institution. Il y a la volonté mais les moyens techniques et financiers n’accompagnent pas souvent les services publics dans leurs missions régaliennes . Dans cet entretien avec notre reporter, il parle des opportunités, des contraintes, des défis que sa direction doit relever pour que la Guinée soit en 2017 la capitale mondiale du livre.

Guinée-culture : Quelle est la mission de la direction nationale de lettre et de la lecture publique et quelles ont été ses activités depuis que vous menez la barque ?.

M. Idrissa Camara : La direction nationale de la culture est sous tutelle du Ministère de la Culture et du Patrimoine historique..Sa mission se résume à la conception, l’élaboration, le suivi et le contrôle de la politique du gouvernement en matière de développement des lettres et la lecture publique sur le territoire national. Elle travaille avec la direction générale de la bibliothèque nationale et le centre de lecture publique et d’animation culturelle.
Quand nous avons été nommé à ce poste, nous avons commencé d’abord à faire l’état des lieux. Ce qui nous amené à faire un travail de terrain pour connaître les véritables acteurs du livre . Autrement dit , savoir qui et qui sont auteurs, éditeurs, bibliothécaires, libraires, imprimeurs, documentalistes. Ce travail est fait, nous avons le brouillon et nous sommes en train de nous battre pour en faire un guide pour tous les acteurs du secteur du livre. Nous sommes encore en train de travailler sur la politique nationale du livre et de la lecture publique. Ce document a été élaboré depuis 2002 par l’UNESCO-DANIDA qui n’est pas encore validé. Tant que la validation n’est pas effective, le fonctionnement devient difficile. C’est pourquoi, nous l’avons mis à jour. Cependant, nous sommes en train d’utiliser cette politique nationale du livre et de la lecture publique, bien qu’elle ne soit encore validée par l’Assemblée nationale et promulguée par le Chef de l’Etat en tant que telle pour travailler les différentes conventions que la Guinée n’a pas encore ratifiées en matière du livre comme par exemple le Protocole de Nairobi.
Par ailleurs, à l’arrivée de Ahmed Tidiani Cissé à la tête du Département de la Culture et du Patrimoine historique,, une retraite a été organisée pour que chaque direction pose ses problèmes et en fasse une évaluation en vue de déterminer les actions à planifier sur le terrain. C’est dans ce cadre que nous sommes en train d’élaborer un document sur le concours national du livre doté du grand prix du Président de la République, le Pr Alpha Condé. Nous travaillons aussi sur les états généraux de la culture parce que jusqu’à présent la politique nationale de la culture est tributaire de la 1ère République que l’UNESCO reconnaît. Aujourd’hui, nous nous battons pour réactualiser cette politique .
Sur le terrain, nous accompagnons régulièrement quelques acteurs du livre. Prenez par exemple les 72h du livre. C’est une activité d’un privé, mais nous sommes obligés en tant qu’administration centrale de l’appuyer. Les appuyer au moins institutionnellement. Il y a les éditions Gandal que nous appuyons. Il y a un an, l’Harmattan Guinée avec les éditions Tabala ont représenté notre pays à la foire internationale du livre de Casablanca. La Direction nationale de lettre et de lecture publique les a accompagnés. Il y a eu des expositions et des débats auxquels la Guinée a brillamment pris part. Nous avons participé aussi à plusieurs salons du livre notamment ceux de Turin et de Paris. Nous organisons des conférences sur le plan national à l’intention des acteurs du livre, conférences au cours desquelles nous partageons. Je souligne qu’actuellement les centres de lecture et d’animation culturelle bénéficient de l’appui de l’Organisation Internationale de la Francophonie à travers les réseaux des bibliothèques privées en Guinée. En parlant de ces réseaux, nous avons organisé à l’intention de leurs membres une session de formation en bibliothéconomie. Certes, il n’y a pas de moyens, mais nous apportons notre appui institutionnel à ces acteurs.

Quelles sont les contraintes qui freinent les activités de la direction nationale de lettre et lecture publique ?

Nos avons plusieurs contraintes. Nous avons un blocage parce qu’il n’y a pas de politique nationale du livre, de ratification des conventions internationales, et parce qu’il n’y a pas aussi de moyens financiers qui nous permettent d’agir efficacement sur le terrain . Aujourd’hui, le paysage du livre sur le plan national est confus. Il y a des bibliothèques par terre. Quel statut peut-on donné à celles –ci. On ne peut pas les chasser parce qu’il n’y a rien en compensation. Il faut d’ailleurs les encourager parce qu’ils contribuent au voyage du livre. Sur le plan infrastructurel, nous n’avons suffisamment de moyens pour travailler. La direction nationale de lettre et lecture publique est très mal logée. Le local que nous disposons , n’a même pas d’ordinateurs. Nous nous débrouillons avec le peu qu’il y a . Cependant nous bougeons beaucoup malgré l’insuffisance de ressource humaine. Malgré ces contraintes, nous avons des projet à réaliser . Nous nous battons pour réactualiser notre politique en vue d’organiser un séminaire national à l’intention des acteurs du secteur du livre. De nos jours, nous pilotons en partenariat avec l’UNESCO, le Ministère de la Culture et du Patrimoine historique et la maison d’édition L’Harmattan un projet important : Comment faire de la Guinée en 2017 la Capitale mondiale du livre ? Nous sommes venus voir le gouverneur de Conakry. C’est une occasion pour moi de le remercier. Il a été très ouvert. Il a fait appel à tous les maires de la ville pour discuter avec eux. Il est allé jusqu’à dire qu’il voudrait que chaque foyer à Conakry ait un point de lecture en 2017 à l’occasion de la Journée mondiale du livre .

Quels sont les défis à relever ?

Les défis que l’on doit relever sont nombreux. Pour le moment, il faut que la Guinée ait son salon du livre. Les 72h du livre , c’est l’œuvre d’un privé. Nous devons, en tant qu’Etat organiser notre salon international du livre en Guinée. Cela est une nécessité. Il faut que l’on travaille aussi sur le scolaire. C’est à dire dans la politique sectorielle, il faut que les œuvres des écrivains guinéens soient inscrites dans notre programme d’enseignement. Cà c’est un défi qui faut aussi relever. Il faut que l’on se batte pour que Conakry soit en 2017 la capitale mondiale du livre. C’est un défi majeur. Il faut que tous les acteurs du livre soit dans un système codifié, organisé à travers un guide que la direction nationale de lettre et lecture publique doit produire. Un défi non les moins important c’est l’organisation en 2015 le concours littéraire du livre doté du grand prix du Président de la République. Le projet est bien avancé, il s’agit de le finalisé et le présenté au gouvernement. Un autre défi est de faire en sorte que le Ministère de la Culture et du Patrimoine historique ait un siège digne de ce nom car la Guinée a un peuple de culture.
Propos recueillis par Lansana Sarr

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