Il écrit un essai pour " Sauver la Guinée "

article mise à jour : 24 décembre 2013
Mamadou Bah est étudiant en histoire à Tours. Originaire de Guinée-Conakry, le jeune homme vient de publier un ouvrage sur son pays. Un message.

Mamadou Bah a le visage enfantin et le sourire facile. Son parcours, pourtant, n’a pas été franchement simple. Arrivé de Guinée-Conakry en 2010, il débarque à Tours sans connaître personne : « J’avais fait des recherches, explique le jeune homme qui s’est d’abord inscrit à la fac de droit avant de poursuivre vers des études d’histoire. Tours n’était pas loin de Paris et avait une bonne réputation. » Pause. « Et puis Tours a accepté ma demande d’admission. » Le voilà donc à Tours.

« Je suis arrivé à la gare. Je ne savais pas où aller, je ne connaissais pas la ville et je n’avais pas de logement. On ne sait pas comment fonctionne l’Europe, en fait. » Mamadou Bah avait vaguement entendu parler du Crous (les œuvres universitaires). Pas de place dans l’immédiat mais le jeune homme sait se débrouiller. Il trouve une chambre chez une dame et un job en cuisine dans un restaurant. Une formation dans la sécurité et le voilà en CDD.

« En dehors du travail, mes occupations sont la fac et l’écriture : avec ce qui se passe dans mon pays, la situation politique catastrophique, le repli identitaire, j’ai voulu écrire, diffuser un message. »

L’étudiant parle de massacres, d’inégalités flagrantes. Dans son petit livre, publié en autoédition, Mamadou Bah décrit une situation désastreuse et tente d’apporter des pistes. « Cet essai n’est pas seulement une série de critiques, j’essaie aussi de montrer des pistes pour s’en sortir. » La première des solutions, pour Mamadou Bah est de « rétablir la justice, pour les femmes en priorité et favoriser l’éducation. »

La Guinée-Conakry a toutes les raisons de s’en sortir, continue l’essayiste. « Il ne faut pas oublier que le pays est le château d’eau d’Afrique occidentale. Il y a de l’eau partout mais pas d’investissements. Pas d’entretien des infrastructures. On en est encore aux puits où les enfants vont chercher l’eau pour la vendre. Les enfants ne vont pas à l’école, le manque d’hygiène est flagrant. »
« En Guinée, on a tout, mais on n’a rien », conclut Mamadou Bah qui compte bien « rentrer au pays et militer, même si c’est risqué. »

« Sauver la Guinée » est disponible à la vente sur internet sur le site thebookedition.com Prix : 8 euros.

Delphine Coutier (In La Nouvelle République)