« Il faut réinventer la culture du livre dans ce pays », dixit Ahmed Tidiane Souaré, homme de culture et ancien Premier Ministre

article mise à jour : 13 avril 2013
A quelques jours des ‘’72 heures du livre’’ en Guinée, notre rédaction a tendu son Micro à son excellence Ahmed Tidiane Souaré. Dans ce bref entretien, ce n’est pas l’homme politique qui a parlé, mais l’homme de culture. L’auteur des œuvres ‘’ A mon tour de parler’’ et les ‘’Discours’’. Membre du comité d’organisation de cet évènement culturelle annuelle, qui est à sa 5ème Edition, M. Souaré a accepté de livrer ses impressions sur l’organisation et les attentes de cet évènement qui sera pour 2013 inédit. Créés (72 heurs du livre) pour donner du souffle à la lecture en Guinée, l’ancien Premier Ministre nous parle des véritables problèmes de la lecture dans ce pays et propose quelques solutions. Lisez…

Guinee-culture : On a l’habitude de dire que le guinéen n’a pas la culture de la lecture. Vous en tant qu’homme de culture et responsable de ce pays, qu’est-ce qu’il faut pour changer cette donne, ou amener les jeunes à la lecture ?

Ahmed Tidiane Souaré : C’est une falaise catastrophique de notre société dans laquelle nous sommes. Nous sommes tenus de lutter, parce que si on abolit cette falaise, on donne la chance à la culture de se propager, on donne la chance à la démocratie, au dialogue, à la découverte de nos repères que nous avons perdus. Tout cela contribue à l’épanouissement socio-culturel, même technologique et économique de notre nation.

Comment pouvons-nous concrètement renverser cette tendance ?

C’est ce qu’on pourrait appeler une œuvre pour tous. Tout le monde est responsable, d’abord les gouvernants. Parce qu’ils doivent mettre en place des politiques incitatives pour faciliter l’acquisition et la circulation des livres. Les auteurs ont leur part, ils doivent écrire des choses consommables. Les citoyens, les parents aussi , bref tout le monde. Chacun a sa responsabilité. Il faut réinventer la culture du livre dans ce pays.

Nous sommes à quelques jours des ‘’72 heures du livre’’. Vous êtes auteur et membre du comité d’organisation de cette cérémonie. Où en sommes-nous aujourd’hui sur le plan organisationnel ?

Je sors de la dernière réunion dans le cadre des préparations des ‘’72 heures du livre’’. J’avoue que j’ai été impressionné par le nombre d’auteurs, d’éditeurs, de bibliothécaires, qui ont pris part à cette réunion. Cela m’impressionne et me permet d’espérer sur une bomme organisation.
Les ‘’72 heures’’ seront l’occasion de porter le livre à la disposition des élèves, des étudiants, de tous les lecteurs et lectrices. C’est bien parti pour réussir cet évènement.

A quoi de particulier le public peut s’attendre pour ce salon de 2013 ?

Pour 2013, les organisateurs en particulier l’Harmattan Guinée et le CCFG (centre culturel franco guinéen), ont voulu mettre beaucoup d’innovations dans l’organisation de ces ‘’72 heures du livre’’. Avec des inspirations issues du salon du livre de Paris.

C’était (salon de Paris) un rendez-vous universel où se sont retrouvées toutes les maisons d’Edition, presque tous les auteurs de la planète. Ils sont donc revenus avec beaucoup d’idées tout en allant dans le sens de la promotion et de la démocratisation de la lecture.

Les innovations auxquelles on peut s’attendre seront liées à cet effort de mettre le livre plus près encore des utilisateurs. Que le livre s’intègre dans nos coutumes, dans nos traditions, pour que nous puissions rendre le livre aussi indispensable, que le café, le thé ou que tout autre nourriture. Parce que c’est la nourriture de l’esprit.

Est-ce que ce comité d’organisation a un jour l’ambition de faire de ces ‘’72 heures du livre’’ un salon international ?

C’est une activité qui s’ouvre nécessairement. Déjà nous avons beaucoup d’invités qui viendront cette année. Des invités d’autres pays, d’autres sous régions. L’ouverture est la vocation des ‘’72 heures du livre’’. Je dois rappeler qu’à Paris, le stand qui a reçu la Guinée était un stand de la Mano River Union. Je pense que c’était déjà un début d’ouverture. Je crois que ces efforts seront poursuivis, pour que ces efforts d’intégration se fassent aussi et surtout par le livre.

En tant qu’auteur allez-vous exposer certaines de vos œuvres ?

J’avoue que je n’ai pas une nouvelle œuvre pour 2013. Vous savez que j’ai publié deux livres, en 2011 et début 2012. ‘’A mon tour de parler’’ et ‘’Les Discours ‘’ quand j’étais Premier ministre, comme étant une volonté d’aller à la démocratie, à la bonne gouvernance et à la réconciliation nationale. Je pense que malgré que ces livres aient été déjà dédicacés, il serait opportun de procéder à leurs signatures à un moment ou un autre.

Il y a des hommes de cultures de plusieurs horizons qui seront là. Qu’est ce que vous leur réservez de particulier ?

C’est l’organisation, c’est l’accueil. C’est l’intérêt particulier qu’on portera à leurs œuvres. On honore mieux un auteur qu’en le lisant, qu’en s’intéressant à son œuvre. Je pense que la jeunesse guinéenne, les universitaires, lycéens, les cadres, la population, tout le monde sera prêt à accueillir ces espaces de culture, avec beaucoup de sympathies et d’admirations.