Interview Laouratou Barry, artiste chanteuse

article mise à jour : 26 août 2011
Belle, mignonne, sublime, une voix suave, les mots manquent pour qualifier notre Laouratou Barry ‘’Bébé Baya’’. Benjamine des artistes guinéennes, cette fille de notre regrettée Aicha Diabaté ‘’Baya’’ est une artiste de l’avenir. Votre rédaction l’a rencontré cette semaine pour parler d’elle. Lisez !

Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je me nomme Laouratou Barry communément appelé “Bébé Baya”, je suis âgée de 15 ans et lève de la 11e Année Sciences Maths, artiste chanteuse.

Dites-nous, comment vous êtes venus dans la musique ?
Cette une histoire naturelle. Vous savez je suis la fille d’une grande artiste qui a tiré sa révérence. Donc, dans la logique d’immortaliser ma chère maman et faire en sorte qu’elle reste à jamais dans le paysage musical guinéen. Je dois cette vit artistique principalement à ma grand-mère, Hadja Djessou Condé qui m’a appris à chanter et avoir cette belle voix d’or. A la maison, elle m’approche pour m’apprendre à chanter. Et c’est comme ça, on a continué chaque fois que j’ai un temps libre. Parce que mon occupation principale reste et demeure les études. Car, j’estime que le souci qui doit animer les jeunes artistes est qu’avant de penser à avoir une renommée internationale, il est important d’avoir quelque chose dans la tête. Donc, c’est quand je quitte l’école, que je travaille la soirée avec ma Grand-mère. Je ne badine pas avec les études. Même lorsque j’enregistrai ce premier album, je ne partais en Studio que la nuit. Parce qu’en ce moment je préparais la composition.

Parlez-nous de ce travail de studio pour votre premier album ?

Comme je l’ai dis au début, on travaillait la nuit. Quand je quitte l’école, je me rends là-bas. J’ai travaillé. avec le groupe Standard de Petit Condé. J’avoue que les choses n’ont pas été difficiles pour moi avec Petit Condé. J’ai compris l’importance des études, avec mon niveau intellectuel, nous avons travaillé sans problème dans ce studio ‘’Amine Idéal’’. Parlant de mon album, je le dois en partie à ma grand-mère. Parce que c’est elle qui m’a aidé à composer mes morceaux. Elle me propose également des morceaux. Mais dès fois, je viens avec des idées et ensemble ont essayent d’harmoniser pour en faire un texte complet. Ma Grand-mère m’aide beaucoup à trouver de l’inspiration.

Alors dites-nous, d’où tirez-vous cette inspiration ?

Je m’inspire souvent des réalités sociales, le comportement des uns et des autres, la vie en communauté et je fais attention à tout ce qui se passe à côté de moi. Il m’arrive de trouver l’inspiration pendant la nuit quand je suis couché. Les choses peuvent me venir à l’esprit et le matin j’essaye d’en faire un texte. Mais parfois, je peux être seule, dans cette solitude, je trouve des idées inédites et puis je viens en parler avec ma confidente. Donc, je ne laisse rien au hasard.

Vous parlez de quoi dans vos textes ?

Comme bon nombre d’autres artistes, je chante la paix, la fraternité, l’amour. Aussi, des jeunes africains immigrants. Qui au prix de leur vit tentent d’aller en Europe. C’est pour moi une façon d’interpeller les décideurs et les parents mais aussi et surtout ces jeunes. Dans cet album, de la solidarité entre les hommes. C’est pourquoi, j’ai chanté ‘’Tombolola’’ qui veut dire se confier. C’est dire que je me confie aux artistes d’ici et d’ailleurs. Je décrypte le paysage socio politique et culturel.

Quelles sont vos ambitions dans cette expérience artistique ?

Je souhaite être comme ma maman. Je ne vous l’enseigne pas. Aicha Baya, il faut le dire a été une grande artiste. Pourquoi pas la dépasser et faire plus qu’elle n’a fait. Il est vrai que j’étais très jeune mais, je crois qu’elle était une femme très courageuse, une grande combattante. Et ce qu’il faut savoir de plus, elle n’a jamais oubliée de chercher la bénédiction de ses parents. Elle reste et demeure mon idole. Après elle, vient ma maman Kanimba Oulen Kouyaté que j’aime beaucoup.

Quelle est la nature des relations entre les autres artistes et vous ?

Je dois vous dire sans gène que notre relation ne pas développée encore. Je ne connais pas tout le monde seulement de nom. Mais cela est dû à mes occupations scolaires. Maintenant, je vais profiter de cette vacance pour élargir ma relation avec eux. Sinon, il arrive qu’on m’invite à des dédicaces. La dernière que j’ai assistée est celle de Missia Saran Diabaté. Malgré le manque de ce frottement, je ne sens pas une animosité entre nous. En faite, je n’ai pas d’amis dans ce milieu. Il ne se trouve que mes mères et mes pères. C’est à moi d’aller vers eux et c’est ce que je vais faire pendant cette vacance.

Parlez-nous maintenant de vos projets ?

Dans l’avenir, je compte réaliser dans mon pays une école de musique et un grand studio d’enregistrement digne du nom. Et pour ce qui est de la sortie de mon deuxième album, je compte le faire après mon bac. Déjà, je suis en préparation, donc, dans deux ans il sera sur le marché du disque guinéen. Durant cette vacance, je compte me rendre à l’intérieur du pays pour des concerts. Dans la période des cours, j’ai réussi beaucoup d’invitation mais à cause des cours je ne pouvais pas y aller. Donc, je vais profiter pour aller rencontrer mes fans dans le pays profond, Incha Allah hou !

Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des guinéens et des autorités en charge de la culture ?

Ce que je peux dire à cette famille c’est d’œuvrer dans la consolidation de la paix et de l’unité nationale. Je demande à chacun de tenir compte de nos meurs et cultures. Nous avons le devoir de cultiver et éduquer la jeune génération. Et faire également la promotion de notre patrimoine culturel. Mais, j’invite chacun à mettre toute la force pour une unité, la solidarité et de l’esprit d’équipe entre tous les artistes guinéens d’ici et d’ailleurs. C’est la seule façon possible pour réussir et relever le défis du temps. Je voudrais leur dire également Laouratou est leur filles qui a besoin d’eux. A notre département de tutel, à plus de soutien aux hommes de la culture malades. Je pensais comme ça à Yaya Bangoura, à Hadja Kadé Diawara et tant d’autres dans le temple de l’oubli. Il faut accorder de la considération à ses artistes, car, ils y mettent leur tout et s’investissent à fond. Nous méritons tous le courage et affection.
Au peuple de Guinée qui a tant aimé ma très regrettée maman merci. Je suis là pour que jamais le nom de ma chère Aicha Diabaté ne soit dans l’oubli. Donc, je compte sur tout le monde.