Isto, le pro-actif nerveux…

article mise à jour : 23 août 2011
Dans le monde de la culture de la Guinée, c’est un passage obligé ? Souvent très polémique dans le marigot de l’actualité de son bled, cet opérateur culturel a marqué et continue de le faire l’industrie culturelle de la Guinée. Lui, c’est Fodéba Isto Keira. Levons le rideau sur un parcours gargantuesque…

Un background alléchant à sa mesure

C’est en 1961 au large de l’océan atlantique par la mansuétude des dieux des eaux de Boulbinet que Isto comme il se surnomme verra le jour.
Issu de la smala des nouveaux dirigeants de cette partie du monde comme tous ses amis, Isto ira d’abord visiter l’école primaire à la Place des Martyrs à Kaloum puis après le Centre d’éducation Révolutionnaire (actuellement appelé Collège).
Se présentant comme un élève doué et studieux, le jeune homme obtiendra avec brio le précieux sésame lui valant le titre d’étudiant à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Gamal plus précisément dans le Département de Philosophie.
Scotché au tableau d’honneur de ladite université, Isto ne se limitera pas à son diplôme de maitrise. Son background s’enrichira de d’autres études. Il foulera le macadam de Meknès au Maroc lui injectant une formation en Marketing management culturel.

Petite digression…

Isto est l’homonyme de Keita Fodéba, ancien ministre de la défense à l’époque du parti État et ami de son père qui était, il faut le noter, son Directeur de Cabinet. C’est ce stimulateur – Fodéba Keita – de la création des Ballets africains en 1951 à Dakar, le premier orchestre africain et tant d’autres éléments participant à la promotion culturelle guinéenne et africaine qui lui mettra les pieds à l’étrier, et ce, grâce aux répétitions des orchestres et ensembles instrumentaux qu’il assistera avec son gourou.
Son carnet d’adresse amical
Après son passage dans le royaume chérifien, Isto posera ses valises au bord de la lagune Ebrié. Là, il commence son expérience professionnelle dans des sociétés d’équipements et de fournitures de matériel médicaux. Le service patriotique le rappelle. IL bosse dans la première compagnie d’assurance du pays ; la SONAG. Après c’est la BONAGUI qui recevra ses services avec plaisir.
C’est d’ailleurs cette brasserie qu’il sera coopté comme premier Directeur National de l’Agence guinéenne de Spectacle en 1999. Quelques années plu tard, Isto sera aussi nommé Directeur général de l’Office Guinéen de Publicité.
De là, il sera nommé Ministre de la jeunesse, des sports et de l’emploi jeune et après celui du portefeuille des Arts et de la culture.
Sur la question de savoir le pourquoi de sa nomination, Isto assure qu’ils (Le Capitaine Moussa Dadis Camara et Le Général Sékouba Konaté) ont « estimé que j’étais quelqu’un d’entreprenant de positif pour la culture nationale… Et puis ça fait plaisir d’être ministre. » Eh ! oui les amis, ça sert toujours à quelque choses.

Sa pro-activité

Grâce à sa pro-activité, Fodéba Isto Keira est devenu en quelques années un pionnier de la galaxie des opérateurs culturels de la Guinée. Sur sa motivation, l’ex ministre dit avoir opté pour ce domaine parce qu’elle est pour lui une arme, un moyen d’expression.
« La culture me permet de dégager tout ce que j’ai à l’intérieur. Car je suis un homme… un créateur. »
Cumulant le poste de Manager général de la structure Mass productions avec celui de Président du Bureau Export de la Musique Africaine (BEMA), Isto Keira est celui, il faut le rappeler, qui a tendu une perche aux novices de l’industrie culturelle en organisant depuis 2007 des ateliers de formation pour les artistes, les managers et les promoteurs de son pays. On peut citer entre autres Malick Kébé, aujourd’hui Directeur Nationale de l’Agence Guinéenne de spectacle, Benedi, PDG de la structure Benedi Record et j’en passe.

Son single ‘‘Le Destin’’, c’est gratis

Autre action à mettre à son actif, la conception, la réalisation et la production du single ‘‘ Le destin’’. Un opus qu’il offre « gratuitement » au peuple de Guinée dans le sens de la « réconciliation ». Pas d’anguille sous roche ? Niet ! Isto assure avoir produit ce single sans s’attendre à quelque chose. La postopholie ou le nème-nème ne compte pas à ses yeux actuellement.
« J’ai fait ce single parce qu’en tant qu’homme de culture, je me suis dit qu’il y a péril en la demeure. Parce qu’aujourd’hui il y a un déficit de dialogue entre les politiques. Les rappeler leur responsabilité, voilà mon unique intention. J’ai déjà été deux fois ministres de la République… et je me sens à l’aise dan le privé. » Assure-t-il.
Isto, le persévérant
Persévérant dans le travail mais se reconnaissant très nerveux face à certaines situations, Isto abhorre par-dessus toute l’ingratitude des hommes. Ce jeune qui dit avoir connu la joie parce qu’il a été « nommé ministre par des amis » a l’obsession d’être comme son modèle Keita Fodéba.

Le flair de l’opportunisme

Mais Isto n’est aussi clean ou tout neige aux yeux de certains guinéens. On l’accuse d’avoir trop le flair de l’opportuniste.
« Son unique souci est d’amasser de l’argent ou des postes de responsabilité. » assure une source bien informé et qui a requis l’anonymat.
Un autre le présente comme celui qui « a inventé avec le gouverneur de l’époque le rassemblement de la jeunesse au stade du 28 Septembre pour un soi-disant soutien au Capitaine Moussa Dadis Camara. Son butin est qu’il a été nommé Ministre de ce même département. » D’autres critiques – et pas les moindres – lui sont adressées.

La culture, c’est du business

Mais pour le big boss qui regarde la culture comme étant « un business » rechigne ces critiques et se loge dans l’idée que « le retard de la Guinée est dû au fait qu’on ne reconnait pas les grands hommes, les hommes de valeur de ce pays. »
Marié et père de trois enfants, cet ancien membre des pionniers est aujourd’hui un pilier voire une icône dans la stratosphère de l’industrie culturelle de la Guinée. Ce jeune a-t-il fini d’étancher ses flèches ou ses atouts ? Certainement pas. Car le meilleur est à venir nous confie-t-il.