’’Je ne suis pas limité musicalement’’ dixit Amiral 6 galons

article mise à jour : 25 décembre 2012
Cette semaine Guinee-culture vous présente Amiral 6 galons, jeune rappeur guinéen, présent sur la scène hip hop guinéenne depuis son retour en Guinée en 2009. Il nous fait part de son histoire et de ses projets.

Guinee-culture : Bonjour Amiral, merci d’avoir accepté cette interview. Pourrais-tu te présenter à nos chers lecteurs ?

AMIRAL 6 GALONS : Ok, alors moi c’est Amiral 6 Galons, de la structure Etat Major Music, je suis un rappeur, auteur compositeur. j’ai grandi en Belgique, et je suis dans la musique urbaine.

Pourrais-tu décrire un peu comment t’as commencé tes projets musicaux ?

Moi j’ai vraiment commencé à exister sur la scène hip hop avec la danse. J’ai saisi le micro pour la première fois en 1998 dans le groupe Tétanos. C’est vraiment là que ça a débuté pour moi. En 2002, j’ai intégré un groupe de potes en formant des crews de rap de la ville de Québec au Canada, appelé Mudjahidinn Family. Nous avions fait des concerts et le tour des radios de Québec.
J’ai continué dans une carrière solo, tout en gardant l’esprit du groupe. C’est là que ça a commencé, j’avance petit à petit, mais ça ira inchallah.

Deux albums sur le marché : Immersion sorti en 2009 et Manu Militari depuis le 27 Mai 2012. Comment se porte ce dernier album ?

L’album se porte à merveille, c’est un album de 16 titres, très lourd, du rap du début à la fin. Nous n’avons pas transgressé au coupé décalé, au zouk (…) C’est un rap pur. La manière d’aborder les thèmes, les ego trips, un truc à la chose militaire.

Après la sortie de Manu Militari, as-tu prévu des tournées pour la promo de l’album ?

Ecoute, on est en contact avec beaucoup de pays à l’étranger. Ce sont des choses qui se préparent à l’avance. On essaie de bien articuler tout ça. Je dirai que ce n’est pas si facile aussi pour moi, parce qu’outre la musique je travaille, j’ai un boulot, donc il faut que j’arrive à bien coordonner tout ça. Normalement ça devrait se faire bientôt.

Amiral 6 Galons c’est aussi une passion pour les militaires…

Ben oui depuis tout petit j’aimais les films de guerre, les marines, j’ai toujours eu un respect pour ces gens-là qui ont beaucoup de charisme. Je ne suis pas ce genre de rappeur qui a changé de Blaze. C’est pour cela que je me suis fais appelé Amiral. Au fil du temps, je me suis ajouté un 6ème galon, pour devenir Amiral 6 galons. Là même je vais arrêter de dire Amiral 6 Galons parce que c’est trop long. On va juste m’appeler A6G, c’est plus court.

Certains mélomanes pensent que tu n’es pas guinéen, est-ce que le fait d’avoir passé une bonne partie de ta vie en occident n’influence pas ton style de rapper ?

C’est clair hein ! J’ai commencé à rapper en Belgique. C’est un style très différent du style local. Je pense que les gens ne sont pas tout à fait prêt à accepter cela. Beaucoup estiment qu’il faut rapper en langues nationales, mixer un petit peu tout ça, pour se faire accepter ici.

Le Hiphop guinéen est envahi par le Dancehall, tu fais un album 100% rap, ne penses-tu pas qu’il faut essayer d’autres genres musicaux ?

C’est vrai qu’en Guinée, nous commençons à être immergés par le dancehall. Moi je fais du rap depuis des années, ce n’est pas que je n’aime le dancehall mais je ne me sens pas bien avec, je ne me vois pas en tant dancehalleur. Mon truc c’est le bon rap de A à Z. voilà.

Quel regard portes-tu sur la musique urbaine de Guinée ?

Il y a beaucoup de talents. J’ai rencontré beaucoup de groupes dans la haute banlieue qui ont beaucoup de talents, du potentiel, mais malheureusement on est dans un pays pauvre, c’est difficile de s’en sortir. Rien que le studio ça demande assez de moyens, sans parler de l’organisation d’un concert.

Parles-nous de tes projets ?

Ben je compte vraiment faire bouger les choses, ‘’hiphopement’’ parlant, parce que je trouve que le hip hop ici, ça bouge mais pas assez.
C’est vrai que les moyens manquent, mais tant qu’on n’a pas les moyens on ne peut pas faire d’erreurs. Aujourd’hui si ta musique est apprécié, il y aura forcément des gens à qui ça plaira et d’autres à qui ça ne plaira pas
Là je suis entrain de faire beaucoup de sons. Poser, enregistrer, faire des featuring. Je compte commencer une compilation début 2013. Le son c’est bon, mais l’image c’est mieux, je sors beaucoup de clip.

Quel genre de musique t’écoutes ?

Moi j’écoute presque tout genre de musique, il y a de tout, hiphop, zook, RnB, Variété (..), je ne suis pas limité musicalement. Une musique, quand tu l’écoutes, elle dégage de l’émotion. Il y a des gens qui se voient à travers une musique. Je n’ai pas de limite à la musique, je kiffe le hiphop, le RnB, le ragga, le reggae. C’est clair qu’il y a certaines musiques que tu favorise, pour moi c’est le hiphop, le Rnb, le ragga.

Quelle est ta source d’inspiration ?

Ben le fait d’écouter beaucoup de genres musicaux m’inspire beaucoup. Je lis beaucoup l’actualité pour connaître ce que les jeunes aiment ou pas. Ils ne veulent peut être pas lire un journal, mais ils peuvent avoir une information en écoutant un son. Je dirai que mes amis aussi m’inspirent beaucoup en discutant avec eux. Bref la vie de tous les jours m’inspire. Mon inspiration est pour le moment illimitée.

En dehors de la musique, t’es homme d’affaires, comment fais-tu ce jumelage entre la musique et le business ?

C’est une question d’organisation. J’ai un boulot qui me prend une bonne partie de mon temps. Comme ça fait bien longtemps que je rappe, je maîtrise mon coté écriture, cela me permet d’être productif assez rapidement. Je peux écrire un morceau en trois quart d’heures, tu vois. je me rattrape souvent le soir au lieu de sortir en boite, je préfère écrire un morceau tranquillement chez moi, c’est comme ça que j’arrive à faire ce jumelage les deux.

Parles-nous du label État major Music

Ouais, j’ai créé mon propre label, pour dénicher de bons soldats qui rappent bien, des gars qui savent ce qu’ils veulent. On essaie de monter les trucs petit-à-petit.

Tes relations avec les autres rappeurs ?

Déjà, le rap est une musique qu’on essaie d’enterrer, on ne va pas commencer à se tirer dessus, on n’a même pas sorti la tête de l’eau.
Elles sont bonnes. Il n’y a pas de tension entre nous. Je ne sais pas s’il y a de l’hypocrisie ou pas, mais j’ai pas de problème avec les autres rappeurs.

Est-ce qu’il y a un message que tu veux transmettre aux jeunes qui voudraient suivre la même voie que toi ?

Si je dois transmettre un message, ce serait celui de l’espoir, je garde toujours l’espoir qu’il y aura quelque chose de meilleur. Je ne dirai pas aujourd’hui que je gagne ma vie avec ma musique, j’ai un travail auquel je vais tous les jours, pour gagner ma vie. Quoiqu’il arrive, s’il y a quelque chose que tu as envie de faire, il faut aller jusqu’au bout et ne pas perdre de vue ses objectifs.

Ton dernier mot de l’entretien ?

Restez focus, il y a du lourd qui se prépare, on fera que du lourd pour le bien de ceux qui aiment la bonne musique, la bonne vibes.