KHADIJA CAMARA : Auteure à 21 ans

article mise à jour : 27 janvier 2016
Ce lundi, dans un complexe hôtelier de la capitale guinéenne, la maison d’édition L’Harmattan-Guinée, a présenté ‘’La mission’’, un thriller de 375 pages dont l’une des particularités réside dans l’âge de son auteure. Khadija Camara n’a en effet que 21 ans. Mais son ouvrage produit par les Editions Jets d’Encre est promis à un succès fulgurant selon les critiques.

Subdivisé en 11 chapitres, ‘’La mission’’ coûte 130.000 GNF. Pour ce qui est de son contenu, il est question de l’histoire de Yasmin, l’héroïne. Brillante élève de terminale et tout naturellement promise à un avenir radieux, elle bascule par un banal concours du hasard dans la délinquance. Un jour, rentrant de l’école, elle est témoin d’un meurtre. L’assassin, qui se présente comme un juriste, lui propose un choix cornélien : se résoudre à entrer dans le monde du crime ou porter la responsabilité de celui auquel elle vient d’assister. Acculée, Yasmin opte pour la seconde alternative. Persuadée malgré tout d’œuvrer pour la bonne cause, l’intelligente jeune fille devient une mercenaire sans pitié et se retrouve progressivement dans un monde où règnent en maître la violence et la drogue. Yasmin parviendra-t-elle à sortir de cette spirale infernale ?

Captivant, le récit est un thriller intense et moderne, dans lequel Khadija Camara évoque, à travers le destin mouvementé de son héroïne, les dangers de la drogue et l’importance du libre-arbitre

Avant sa sortie en Guinée, ‘’La mission’’ avait déjà été publié notamment en France. Du coup, certains l’avaient déjà lu et s’en sont fait une opinion des plus favorables. C’est le cas de Dr Makalé Traoré, présidente du Réseau des femmes ministres et parlementaires et de la COFFIG. Se fixant avec son réseau d’accompagner des filles qui ont du mérite, qui ont du courage et qui font des choses exceptionnelles, elle est tout naturellement admirative

J’avoue que j’ai parcouru le livre de Khadija en décembre dernier à Paris. Une seule idée m’est venue après la lecture. C’était non seulement celle de partager et de faire partager le contenu profond de ce livre mais surtout faire connaitre cette jeune fille, son courage, sa persévérance et surtout ce talent d’écriture

Sansy Kaba Diakité, patron de l’Harmattan-Guinée, est tout aussi flatteur à l’endroit aussi bien du livre que de sa jeune auteure

C’est le premier livre présenté au public guinéen en 2016. C’est un bouquet qui est très bien écrit. Ce livre, c’est de la patience et de la discipline. 375 pages, c’est du travail, et cette fille c’est vraiment un exemple à suivre. Le livre n’est pas fait chez l’Harmattan, mais nous avons accepté de diffuser ce livre en Guinée et d’en faire la promotion

Du côté des parents de Khadija, on imagine que le sentiment est à la fierté et à une légitime satisfaction. Ainsi, le papa, Sory Camara confie

Ce livre est le résultat de l’effort de beaucoup d’années consacrées à ma fille, à son éducation, à son encadrement pour qu’elle puisse réussir. Aujourd’hui je suis réellement satisfait de voir que ma fille, à 21 ans, ait pu réaliser un tel espoir. Mais j’avoue que je ne suis pas surpris de son parcours, parce que très tôt, à l’école primaire déjà, un jour un des répétiteurs m’a dit qu’elle irait loin. Eh bien, Khadija est allée si loin qu’elle a eu le mérite d’écrire avant son papa et à l’âge de 21 ans

Pour sa part, le ministre des sports, de la culture et du patrimoine historique, Siaka Barry, s’est réjoui de la sortie du livre et a invité la jeunesse à s’inspirer du bel exemple qu’incarne Khadija Camara

Voir des sœurs de cet âge espérer le monde littéraire avec un tel succès dénote de la vitalité de la démocratie qui est en train de s’enraciner dans notre pays. Et voilà pourquoi, au nom de l’ensemble du gouvernement, j’adresse un satisfecit particulier à Khadija Camara. Et je demande aux jeunes de la génération de Khadija Camara de retrousser les manches, de rehausser la culture guinéenne dans son ensemble mais la littérature Guinée en particulier.

De nationalité guinéenne, Khadija Camara est née en février 1994. Benjamine d’une famille de 3 enfants, elle est depuis toujours passionnée par l’écriture et le cinéma. Depuis 2013, elle réside en France où elle poursuit ses études dans une école de commerce.

Balla Yombouno pour ledjely.com