Koundouwaka : « Pour l’album Polossé, j’attends un accueil convivial de la part du public »

article mise à jour : 13 janvier 2014
Fidèle à lui-même, le brillant chanteur, Abraham Sonty, connu sous nom de Koudou Waka ou l’artiste au pied magique s’apprête à mettre un nouvel album sur le marché de disque. Quatrième pour un homme dont la réputation a dépassé les frontières guinéennes, Koundouaka, semble déterminer à creuser cette fois-ci la différence en tentant de gagner son combat sur la scène internationale où il compte concurrencer des virtuoses comme Youssou N’Dour et autres Kofi Olomidé. A moins deux mois de la cérémonie de dédicaces dudit opus qui se déroulera en deux étapes, en mars 2014, l’artiste a accepté de se prêter aux questions de notre reporter, pour un entretien sans tabou…
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Guinee-Culture.org : Sorti tout droit du studio d’enregistrement, Kondouwaka s’apprête à mettre un nouvel album sur le marché à l’occasion d’une cérémonie de dédicace à Conakry.
Comment se déroulent les préparatifs de cet événement ?

Abraham Sonty alias Koudouwaka : Je me dois tout d’abord de vous remercier et vous présenter à cette occasion du nouvel an mes vœux de santé pour tous les fils de Guinée et d’entente dans notre pays qui mérite mieux. Cela dit, la sortie de ‘’Polossé ’’, le nom que j’ai préféré donner à mon quatrième produit musical, se prépare très bien, sans aucune fausse note et dans plus grande sérénité, grâce à Koundou Waka Production, la structure créée pour, tout d’abord vendre mon image de marque, mais aussi, avec HDS Production, mon producteur.

Parlons de Polossé, le nouvel album lui-même, de sa composition. A quoi le public peut-il s’attendre de nouveau ?

C’est un album de 12 titres axés sur l’analyse sociologique de notre pays et sur notre avenir commun, voire sur celui de l’Afrique tout entière. L’album Polossé, comme l’indique son nom, dénonce la précocité sexuelle, la pédophilie et les abus sexuels liés à la délinquance juvénile et sénile. Si, bien entendu, on doit appeler les choses par leur nom, sans contour, ni détour. Je me dois d’ajouter qu’il est rendu un grand honneur à toutes les mères du monde, et plus particulièrement à ma délicieuse et douce maman : N’ga N’Youla dont je chante les louanges dans le titre, ‘’Ma maman n’a pas raison’’. En effet, je regrette sincèrement le fait que ma mère qui m’a tout donné ne soit plus de ce monde, pendant que je suis en mesure de lui retourner l’ascenseur de ses biens faits. Puisse Dieu l’accepter dans son Paradis éternel. Il n’y a aussi du Zouk dans cet album à travers le titre ‘’I kounfakhi moun se ma’’ ou en français : ‘’De quoi es-tu curieux, toi le fouineur, qui veut tout gouter’’. Naturellement que c’est au point de vue sexuel.

Il ya bien d’autres problèmes que connait notre société…

Bien sûr que oui, c’est pourquoi, je parle également du fait que toutes les femmes adorent être dorlotées, car c’est de l’amour que sort le bonheur. C’est dans le titre, ‘Guinè birin wama ma yotoe nan khom ma’’  ; C’est aussi simple que çà ! Vous remarquerez aussi que je chante, dans le même album, contre ingratitude notamment dans le morceau "Ya kossi Mikhi Ya’’. Un coup de gueule contre les mauvais amis ou compagnons, pour que ça cesse et plus jamais ça.
Je me suis trouvé dans l’obligation d’évoquer le danger que représente le Sida surtout pour la jeunesse guinéenne. En effet, cette pandémie est considérée comme la plus terrible maladie de ce siècle, mais au-delà, il y a encore pire, c’est ‘’ To ki Fouré’’, « la haine, le dénie de l’autre ou le complexe face au succès d’un autre, malgré les capacités reconnues de celui-ci », c’est ce que j’appelle ‘’To ki Fouré’’ ou ‘’ la jalousie exacerbée. Dans cette chanson j’insiste sur ‘’Tèmèdi i boulé khambi mabakhi’’, signe évident d’une démission parentale. Il suffit de regarder autour de soi, pour comprendre l’extravagance vestimentaire, au vu et su des parents, si démissionnaires, qu’on a du mal au cœur de voir déambuler à travers les rues de nos villes et villages ces belles filles presque nues, hélas.

D’autres thèmes comme l’allaitement maternel ont été également abordés avec la même verve. Vous n’êtes pas sans savoir que l’allaitement maternel est une des grandes préoccupations pour le monde moderne en proie à la dépravation des mœurs. Il va falloir donner, dès sa naissance, toutes les chances à un enfant de vivre plus longtemps. C’est pour cela que je chante, ‘’Wo die ramin khignè ra’’.

Enfin, il y a lieu de signaler l’unique dédicace faite à une grande dame du nom de Amie. En ce sens qu’aider les pauvres, donner à manger aux démunis et l’altruisme est son credo. Son humanisme mérite d’être conter. Une personne en qui j’ai détecté l’humanisme, l’amour et mieux, qui participe aux affaires sociales en cas de malheur ou de bonheur chez ses proches. Ce morceau est sous forme de Zouk Love que je convie à écouter vivement !

En définitive, je fustige l’adultère et l’infidélité dans le morceau ‘’Yènè Yélé’’. C’est-à-dire ce qui est autant craint par les adultérins, les délinquants sexuels.

Je crie haut et fort qu’on doit aider les excellences et non les médiocres, pour qu’on puisse donner la chance aux enfants du pays qui travaillent bien, de se charger de l’avenir de la nation. Je demande que l’on prenne en compte les préoccupations de la jeunesse, véritables force vives du pays.

Et la question de la renonciation nationale…

C’est un sujet qui n’allait en aucun cas m’échapper. Dans cet album, je tente de donner ma position face à la question cruciale ‘’ d’unité nationale’’ qui, à mon avis, est un faux problème. Il y a que nos leaders politiques du moment qui sont responsables de nos problèmes actuels. Qu’ils se respectent enfin et qu’ils apprennent à s’aimer au moins, pour le bonheur des Guinéens qui n’ont que trop souffert. C’est comme cela que ça se passe chez les autres où on parle de tradition démocratique. Bref, il faut respecter son adversaire.

Que signifie Polossé, le titre de votre quatrième album ?

Pour ce qui est de Polossé, je crois qu’on a tout dit à propos. Il s’agit de la lutte contre l’extravagance sexuelle de certains envers d’innocentes petites filles.

L’album Polossé va être vendu sous un autre nom à l’international. Pourquoi cet autre titre ‘’ma maman n’a pas raison’’ ?

Le double titrage s’explique de cet album par le fait que la langue Soussou n’est ni parlé, ni écrit, encore moins compris, de par le monde. Autant donner le titre dans une autre langue qui est plus usitée. Cela dit, ce n’est pas de ma faute si en Guinée, à l’interne, nous n’avions encore pas une seule langue pour tous. C’est ainsi qu’on utilise ‘’Polossé’’ qui vient du Soussou, et ‘’Ma Maman n’a pas raison’’ au plan international. Est-ce compris ? Je l’espère bien pour tous.

Quel accueil vous attendez-vous de la part du public ?

L’accueil devra être comme d’habitude, emprunt de convivialité, de sympathie renouvelée, d’ambiance mortelle et de sagesse dans les comportements pour une plus grande félicitée pour tous. Succès – succès – succès – afin que je sois le meilleur artiste, pourquoi pas, du Monde via Polossé alias ‘’Ma maman n’a pas raison’’.

Une rétrospective sur le comportement des trois derniers albums mis sur le marché ?

Nous sommes au quatrième album, après douze ans de carrière, s’il vous plait. Laissons les trois derniers en paix, car tout le monde sait que ce fut le même succès durant toute ma petite carrière en rythme avec des pas dance, comme sait le qualifier par exemple notre frère Justin Morel, le Grand, le plus sympa de nos hommes de culture. Il faut dire que j’ai eu de la bombe au cœur et à l’esprit après chaque sortie. Un succès terrible et incomparable. De toute façon, je sors mon quatrième et vous aller voir. Du Koundouwaka International. Ma vision dès le 14 mars prochain. Soyez gentil de le dire et écrire à tous, s’il vous plait !

Vous semblez vous acharner sur les femmes dans tous vos albums. Pourquoi ?

Pour dire vrai, je défends les femmes, mais je dois dénoncer ce qui ne va pas. Ja demeure convaincu que sans la femme, source de vie, rien ne peut marcher. Voyons ensemble dans nos familles, qui fait l’essentiel ? bien sur la femme ! Nous appartenons tous à nos mamans, bien avant nos pères. Pour que la société respire dans la paix et a cœur joie, il faut que les femmes jouent un rôle, celui d’éduquer les enfants. C’est toute l’importance de mon combat pour une Guinée meilleure et une Afrique débarrassée des tares du sous-développement.

Un dernier message…

Le dernier mot consiste à saluer le peuple laborieux de Guinée, et vite exprimer mes vœux de bonne et heureuse année. La victoire est à ceux qui luttent. Mais pour la sortie de Polossé, tout le monde doit venir savourer les délices d’un grand album simplement, car pour la première fois qu’un artiste affiche sa vision à l’international, il s’agit de jouer tous pour Koundouwaka, pour la Guinée et pour l’Afrique. Passez mon salut à tous vos aimables lecteurs. J’adore JMJ, le plus Internaute de tous. Il a mes vœux de l’an.

Merci à vous et à la Guinée !!!

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