L’écrivaine franco-camerounaise vient de publier « Le Christ selon l’Afrique » aux Editions Albin Michel.

article mise à jour : 21 mars 2014
Calixthe Beyala est loin d’être épuisée. La romancière fera encore parler d’elle. Elle vient de publier aux éditions Albin Michel à Paris un roman intitulé : « Le Christ selon l’Afrique ». L’œuvre qui sera disponible dans les librairies dès le 6 mars, anime déjà les débats sur les plateaux de télévision. Calixthe Beyala dépeint une société camerounaise matriarcale. « C’est la mère qui porte l’enfant, l’homme n’est qu’un moyen d’avoir une descendance, un outil humain dont les sentiments n’ont aucune valeur mais dans laquelle finalement l’homme n’ayant pas vraiment de rôle à jouer est le plus libre de faire ce qu’il veut sans rendre de compte à personne », soutient-elle.

Cette ambivalence sous-tend tout le livre, quel que soit le thème abordé : la famille, le rapport aux Blancs, aux « nègres » traitres, aux religions… Il y a, par-ci par-là, des références bibliques pertinentes et pouvant prêter à la réflexion. Le livre fonctionne d’ailleurs comme une parabole biblique. Il montre une société africaine totalement inapte à l’autonomie et à l’émancipation. Toute la société est corrompue, vérolée, qu’il s’agisse du gouvernement, des services administratifs ou de police, des religieux qui pervertissent le sacré à longueur de journées.

Il y a dans ce « Christ selon l’Afrique » une part non négligeable de vécu, d’inspirations tirées par Calixthe Beyala de sa propre vie. La seule énigme à découvrir, c’est la direction dans laquelle elle veut emmener le lecteur. Calixthe Beyala publie son premier ouvrage à l’âge de 23 ans : « C’est le soleil qui m’a brûlée », en 1987. Prolifique, son œuvre est récompensée par plusieurs distinctions : le Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire pour « Maman a un amant », le Grand Prix du roman de l’Académie française pour « Les Honneurs perdus » et le Grand Prix de l’Unicef pour La « Petite fille du réverbère ». Elle est aussi chevalier des arts et des lettres. Mais ces gratifications ne tarissent en rien sa volonté première : militer en faveur des femmes et des droits des minorités visibles. Elle est d’ailleurs le porte-parole de l’association le Collectif Egalité.