L’orchestre Kèlètigui et ses tambourinis ; un nom, deux identités…

article mise à jour : 24 août 2011
Il est dans l’omerta depuis maintenant plusieurs décennies. Comme ses pairs, l’orchestre Kèlètigui et ses tambourinis a connu couçi couça la merde jusqu’à nos jours. Retour sur une légende qui végète…

Une famille. C’est de là que tout partira. Comme cela se fait depuis la nuit des temps, chaque fois qu’un enfant naît sous un toit, on lui donne un nom. Alors Kèlètigui Traoré a reçu ce nom de sa famille. Ce chérubin choisira son chemin, son destin : la musique.

Il ira à l’école de la musique comme le talibé draine sa planchette vers son maître coranique.

Ces gourous musiciens étaient à l’époque Maître Kanfory Sanoussy, Sirikiba Diabaté, Kanfory Bangoura et j’en passe.

Après cette petite initiation, Kèlètigui ira compléter son background musical auprès des colons musiciens qui jouaient à l’Hôtel Français (actuel Novotel).

Pendant près de trois ans, Kèlètigui approfondira sa performance, son talent. Le saxophone, la guitare et tant d’autres instruments sont assimilés par le jeune avec dextérité. Et patatras !les années des indépendances se sont pointées à l’horizon de la Négretie.

Le glas est entonné le 28 Septembre 1958 par la Guinée. Le colon pli bagage. Il rebrousse chemin vers sa Gaulle natal. Désormais, c’est le guinéen qui a en main son propre destin. Ces musiciens colons, il faut le rappeler, ont offert leurs instruments au jeune talentueux qu’était Kèlètigui.

A l’image du Ghana qui a précédé la Guinée dans le ‘‘ palace doré’’ des pays souverains, Sékou Touré qui avait tantôt interdit toute musique extérieure sur le territoire national a crée le Sily Orchestre. Kèlètigui Traoré a eu l’insigne honneur d’être membre fondateur.

L’eau coule sous le pont du Sily Orchestre jusque vers 1962. Fichtre ! il va éclaté. Résultat ? Deux sous-groupes verront le jour dont l’orchestre du Jardin de Guinée. Il est le chef d’orchestre. De show en spectacle, les antagonismes se dessinent entre les responsables de cet orchestre.

Le gérant Diallo Jardin de Guinée et Kèlètigui n’ont plus le même verbiage. Ils se zieutent en chiens de faïence. La Direction nationale de la culture extrait alors Kèlètigui du Jardin de Guinée pour l’affecter à la Bonne Auberge. Il fait à cet effet appel à un certain Linké Condé. Puisqu’il a la reconstruction de cet orchestre en charge.

Le Département trouve des instruments à ce nouveau groupe. Le Jardin de Guinée a désormais pour chef de file Mamady Kourouma.

L’eau continue encore de couler.

Trois ans après, Kèlètigui et sa bande sont appelées encore une fois à la rescousse par le Haut Commissariat aux Arts.

L’orchestre de la Paillote est en faillite. C’est ainsi qu’une symbiose sera orchestrée par Kèlètigui entre les membres de la Bonne Auberge et ceux du Jardin de Guinée.

Le piédestal trouvé, l’orchestre Kèlètigui se fera très vite remarquer en Guinée. Un sésame pour représenter la Guinée au Premier Jeu de l’Amitié à Dakar en 1963.

C’est d’ailleurs après le retour de l’orchestre de la Paillote que Kèlètigui sera nommé chef d’orchestre. Des tournées, ils en ont connu et vécu jusqu’en 1966.

C’est à cette date, après une tournée en URSS que le problème de donner un nom authentique fut posé.

L’orchestre de la Paillote devient alors l’orchestre Kèlètigui et ses tambourinis.

Une démarcation des autres orchestres nationaux, voilà l’intention des musiciens dans ce choix.

Depuis cette date, l’orchestre de la Paillote devenu l’orchestre Kèlètigui et ses tambourinis va se produire d’une part dans le pays tout entier d’autre part dans plusieurs pays du globe…