LA GUINEE PEUT-ELLE ETRE CHANGEE ? Par Alsény René Gomez (Paris : L’Harmattan-Guinée, 2009)

article mise à jour : 10 février 2015
Pour avoir été émerveillé par la qualité de son premier ouvrage intitulé’’ Camp Boiro, parler ou périr’’, je n’ai pas hésité un seul instant à ouvrir ce second livre du regretté Alsény René Gomez. Je me suis dis voilà un intellectuel pur sang qui ne manquera pas de m’apprendre quelque chose de bon. Et me voilà comblé une fois encore en tournant la dernière page de ce volume qui est aussi bien utile qu’agréable.

‘’La Guinée peut-elle être changée ?’’ a été publié en 2009, c’est un survol de l’histoire de la Guinée de la période coloniale à nos jours. On y glane au fil des pages les heures de gloire ainsi que les heures de dépit dans l’évolution du peuple de Guinée à la conquête de son destin.
La dominante dans ce livre est que la marche de la Guinée vers plus de liberté et de bonheur s’exprime par une grande frustration dans le quotidien du Guinéen après cinquante ans d’indépendance. Cette frustration, on le sait, est la résultante de trois régimes dictatoriaux qui se sont succédé de Sékou Touré à Moussa Dadis Camara en passant par Lansana Conté. Il y a certes eu quelques louables réalisations d’un régime à l’autre, mais la dominante reste cette misère rampante dans un pays aux potentialités énormes.
Pourquoi, pourrait-on se demander, la dictature fleurit tant en Guinée ? Parce qu’à mon avis il n’y a pas eu d’opposition suffisamment forte pour barrer le chemin aux velléités despotiques des chefs dans le cœur desquels germe toujours la propension à régner sans partage. Au stade où nous en sommes dans ce pays la question que pose René Gomez et à laquelle il tente d’apporter une réponse vaut tout son pesant d’or : La Guinée peut-elle être changée ? Certains d’entre nous Guinéens, las des échecs répétés un demi-siècle, répondent par la négative. Mais les plus lucides ne se laissent pas abattre par nos échecs, ils répondent en chœur avec l’auteur « Oui la Guinée peut être changée ». Alors chacun d’eux peut y aller de sa proposition de solution, celle de Gomez s’articule en cinq points : réconciliation, révision des textes de loi, réévaluation des priorités, réforme des forces de défense et de sécurité, élections libres et transparentes.
J’adhère personnellement à cette proposition en insistant cependant à la mise en place d’une équipe de dirigeants éclairés et patriotes seuls capables de transformer cet espoir en réalité.
Toutes les générations de Guinéens se doivent d’avoir lu ce livre.

Walaoulou BILIVOGUI