Le Soso Bala : l’héritage culturel et l’objet de fierté des Dyéli de Nyagasola

article mise à jour : 23 octobre 2013
Archétype de la dialectique Musique et tradition Orale Son histoire est vielle de plus de 700 ans. Le Soso Bala a pu traverser les âges grâce aux soins les plus méticuleux qui l’entourent. Objet sacré, on ne le joue qu’à des moments solennels.

C’est le plus important héritage culturel et l’objet de fierté des Dyéli de Nyagasola à Siguiri. Son hitoire est des plus mystérieuses.
‘’Soso Bala’’ : ce nom est simplement une juxtaposition désigant le propriétaire originel de ce balafon original (Bala Faséké) et le nom de l’instrument lui-même en langue mandingue.

Le Soso Bala est un balafon "géant", long de 1,5 m environ et est à plus de 15cm au-dessus du sol . De couleur gris-noir(certainement l’effet du temps), le soso Bala est formé de 20 planches soigneusement taillées et bien lissées . A chaque planche correspond une gourde , sorte de caisse de résonance purifiant et filtrant sa sonorité.

Soumaoro Kanté, le Roi des Soso en personne aurait confectionné cet instrument pour se chanter . D’un égocentrisme féroce , il se répandait ainsi en laudations dithyrambiques à son propre endroit.

Personne ne connaissait alors l’étendue de ses talents , ni les réelles possibilités de cet instrument des plus mythiques plongé dans un univers de fétiches de tous genres, de tous les horizons. A l’extrémité supérieure du balafon, jusqu’à nos jours pend un mystérieux sachet à fonction magique. Quelques cinq gourdes sont aujourd’hui remplacées endommagées par le temps ou les hommes, le ‘’Belentuigi’’ (Fadimba Kouyate) a pris la responsabilité de les remplacer.

L’histoire nous apprend alors qu’un jour , Le Roi- Sorcier Soumangourou Kanté était absent, Balla Faseke en captivité chez le roi, se serait glissé dans la demeure à fétiches qui renfermait le Bala , excité par sa curiosité artistique, il se mit allégrement à en jouer. Mais, il ignorait que ce balafon n’était point ordinaire.

Les notes musicales du Bala aussitôt s’envolèrent en direction du maître sorcier qui, courroucé , bouleversé se transforme soudain en tonnerre et fond sur Soso, so royaume. Quand il arriva , Bala Faseke stupéfié, garda courage et se mit à jouer de plus en plus fort et en toute majesté. Inspiration fulgurante. Il improvisa un homme à la gloire des forgerons dont Kanté était le chef, l’homme en frémit de tout son être . Certains traditionnistes affirment même qu’il ne put se tenir debout . Atteint musicalement au plus profond de son être, lui qui aimait surtout se chanter, découvrait subitement que la chose était plus belle quand elle venait d’autrui.

Depuis ce jour, il ne joua plus au Bala et au lieu de réprimander Bala Faseke qui avait osé franchir le seuil de sa case à fétiches, il le récompensa par le Bala que Faseke rêvait déjà de posséder pour mieux transmettre le message historique à la prospérité . Voilà comment le Soso Bala est devenu la propriétaire de l’ancêtre des griots.

A Niagassola jusqu’à aujourd’hui, le Bala est la propriétaire des Kouyate, le patriarche en est responsable et peut en jouer. Et l’historien Namankoumba Kouyaté, lui-même descendant direct de cette grande famille écrit à se sujet : "L’autorité du patriarche sur les menbres du clan et sa notoritété dans la science de la tradition historique dépendent dans certaine mesure de l’application soutenue qu’il témoigne dans l’entretien et la conservation du Soso Bala. C’est ainsi qu’ils lancent une soutenance de la part de L’État afin de préserver cet Instrument Historique, valeureux, Symbolique tout en réhabilitant la case dans laquelle "LE SOSO" demeure.

Tous les lundis et vendredis ou lors des funérailles d’un grand töntigi sont les circonstances officielles au cours desquelles le Belentigi peut jouer au Bala. Entouré des autres dyélis dont les instruments de dimensoins plus réduites (généralement 17 planches) sont obligatoirement accordés au sien. il est le seul habilité à improviser au cours du jeu et c’est lui également qui choisit les airs à exécuter.’’

Le Soso Bala apparaît donc comme le symbole multi-séculaire du lien indivisible entre la musique et tradition orale. C’est une encyclopédie de la tradition orale. Le mythe qui l’entoure montre tout le caractère sacré que les traditionalistes accordent à cet instrument vieux de plus de 700 ans et qui avait été ‘’invité’’ par l’Unesco pour fêter les 90 ans du Président-poète Léopold Sédar Senghor.