La Guinée de Sékou Touré. Pourquoi la prison du camp Boiro ?

article mise à jour : 29 mai 2014
Auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire récente de la Guinée, l’enseignant-chercheur Sidiki Kobélé Keita a assumé plusieurs fonctions en Guinée depuis 1967. Maître assistant à l’université de Conakry, Directeur des Archives et bibliothèque de Conakry, et Directeur général de l’Institut central de coordination et de la documentation de Guinée (ICCRDG) de Novembre 1994 à Décembre 1997, il a été chef de cabinet civil de l’ancien Président de la République de Guinée, Lansana Conté.

Ce frappe dans l’étude de l’histoire récente de la Guinée, à partir de 1945, c’est que les adversaires politiques de Sékou Touré ne veulent pas que l’on démontre que la France coloniale a subi l’ascension politique du leader guinéen ; que c’est malgré elle que celui-ci a été préféré par les populations guinéennes aux hommes politiques qu’elle soutenait ; et qu’elle le souhaitait à la tête de la Guinée indépendante.

Après le « non » du 28 septembre 1958, recommandé par « cet ennemi du système colonial français à abattre », cette France a décidé d’empêcher, par tous les moyens, le développement économique de la Guinée de Sékou Touré, en utilisant en particulier des Guinéens dans diverses actions déstabilisatrices qui a fini par justifier l’existence de la prison politique, à partir de 1959, au sein du camp de la garde républicaine, devenue camp Boiro suite à l’agression du 22 Novembre 1970 contre la Guinée.

En arrivant là de ma réflexion (et sans doute par ce que je ne suis pas aussi optimiste que toi), je me dis qu’ils sont nombreux en vie, et au plus haut niveau, ceux qui ne parleront pas. Et je ne sais pas si l’actuel président de la République œuvrera pour que se tiennent ces assises de la vérité et de la réconciliation. Et les années passeront, les protagonistes disparaîtront et l’oubli se fera. Mais il n’empêche qu’il te faut continuer ce combat impérativement pour la manifestation de la vérité historique qui gêne certains.

Ce livre retrace les raisons des emprisonnements au temps du premier régime qui, selon l’auteur étaient fondés.