"La Guinée est un pays qui a toutes les potentialités touristiques." dixit Takana Zion

article mise à jour : 29 novembre 2012
Le célèbre reggaeman guinéen Takana s’est engagé pour l’assainissement des plages de Conakry, ceci en partenariat avec la Radio Espace FM et le Ministère de l’environnement. A l’occasion du lancement de ces opérations d’assainissement, la rédaction de Guinée Culture l’a rencontré avec un pool de journalistes à la plage de Rogbané, ce mercredi 28 novembre. Lisez…

GC :Vous venez de vous engager pour l’assainissement des plages de Conakry. Quels sont les objectifs de cette opération ?

Takana Zion :C’est pour donner un exemple à tous les jeunes de Conakry sur les principes de vie, de l’hygiène, et aussi attirer l’attention des autorités guinéennes afin d’aider les structures qui sont en place et chargées de s’occuper des plages. Vous savez, les plages font partie de notre patrimoine culturel. On constate en Guinée que les jeunes n’ont pas d’emploi, ils n’ont pas de salles de spectacles, donc on est obligé de faire les choses dans la rue, de jouer au foot dans la rue (…)

Des jeunes de toutes les communes de Conakry viennent à la plage de Rogbané pour faire le sport, c’est aussi ici qu’on tient les grands concerts culturels. Ça fait vraiment mal de voir cette plage dans cet état là.

Il faut dire que l’association des jeunes de Taouyah à elle seule ne peut pas assurer l’assainissement de la plage de Taouyah, parce qu’elle ne dispose que des moyens physiques pour se débarrasser des ordures.

Je vous assure que ce sont des ordures de toutes les communes de Conakry qui débarquent à Taouyah quand il pleut à travers les fosses de canalisations. En tant qu’artistes, c’est un devoir pour nous de sensibiliser les jeunes, d’interpeller les autorités sur ces faits. Juste à côté de la plage se trouve un Hôtel où de nombreux étrangers arrivent tous les jours. C’est une mauvaise image pour la Guinée quand ces derniers voient nos plages très sales. Nous ne pouvons pas tolérer ces faits. Nous devons nous manifester, attirer les personnes de bonne volonté afin de nous soutenir dans ce mouvement. Après que le travail soit fait, nous avons besoin d’entretenir constamment la plage. Nous avons besoin des camions pour le ramassage des ordures, et les déverser graduellement.

Qu’est-ce qu’il faut faire aujourd’hui pour éviter que ces ordures ne débarquent pas à la plage de Taouyah ?

Il faut mettre une stratégie efficace en place pour combattre ce fait. A l’époque, nous avons pensé au Sound system écologique. Il consiste à venir dans les grands marchés, dans les quartiers, avec des artistes qui vont faire des morceaux sur l’assainissement pour sensibiliser les citoyens, donner l’exemple en ramassant les ordures. Cela va donner une énergie à tout un chacun et interpeller chaque citoyen à se conduire de sorte à garder notre pays propre.

Mais Takana, ces ordures viennent des quartiers…

Justement, c’est pour cela qu’il faut suffisamment sensibiliser les gens. Je remercie la radio Espace FM qui nous a accompagnés dans la sensibilisation des uns et des autres.

Rêvez-vous de voir des plages à Conakry avec du sable fin ?

Oui, elles étaient comme ça. Cela attire les touristes. La Guinée est un pays qui a toutes les potentialités touristiques. Dans chaque plage, il y a une association de jeunes, on a juste besoin de subventionner ces associations, leur donner les moyens qu’il faut pour se débarrasser des ordures. Nous envisageons mettre l’association des jeunes de Taouyah en rapport direct avec le service public de transport des déchets (SPTD). Les camions passent partout dans la commune de Kaloum, il serait bien qu’ils fassent un tour dans la commune de Ratoma aussi.

Le constat en Guinée est qu’on nettoie les lieux, mais il n’y a pas de suivi...

C’est dommage ! Il faut sensibiliser et faire en sorte que les gens aient marre de voir la Guinée sale. C’est le degré de patriotisme qui amène à ce niveau. C’est ce niveau-là que nous essayons d’inculquer à tous les guinéens, des valeurs qui les poussent à aimer la Guinée avant tout. Quand on aime la Guinée, on en a marre de la voir sale. La propriété de la Guinée dépend de chaque citoyen guinéen. Chacun de nous doit faire de sorte que la Guinée soit propre. Notre rêve, c’est de faire de Conakry la capitale de la plus propre.

Votre attention est aujourd’hui focalisée sur Rogbané, avez-vous un appel à lancer afin de rendre les autres plages aussi viables ?

Oui, nous comptons élargir notre action d’assainissement dans toutes les autres communes de la capitale. Nous avons choisi de commencer par Rogbané, parce que c’est l’une de nos plus célèbres plages, l’une des premières plages que la Guinée a eues. Il ne faut donc pas négliger ce fait. Ce n’est pas pour rien que tout le monde vient ici. La plage est suffisamment grande, on peut encore l’agrandir jusqu’à la Minière à Saifon. En tant que chanteur, depuis tout jeune déjà, c’est à la plage de Taouyah que je venais faire mes répétitions. J’ai joué au football, c’est aussi dans cette plage que je m’entrainais. Avant de commencer tout assainissement à Conakry, il est capital pour nous de venir commencer par là.

Merci Takana Zion

C’est à moi de vous remercier !

Entretien réalisé par un pool de journalistes

Ciré BALDE, pour Guinee-culture.org