La fête de la mare à Baro : Notre culture !

article mise à jour : 22 juillet 2013
Baro est un village situé à 37 km de Kouroussa, connu de toute la Guinée pour sa fête de la mare qui est une tradition séculaire qui date du XIIIème siècle du temps de l’empire Mandingue.

La fête se tient généralement fin Mai, mais la date exacte n’est précisée que quelques semaines auparavant en fonction de la lune. A Baro, se mêleront joyeusement pendant un jour et une nuit. Des Guinéens de toutes ethnies, des invités des pays voisins ainsi que plusieurs touristes étrangers passionnés de tradition et de musique.

Chaque année un haut responsable de l’État participe à l’ouverture de ces festivités. Le soir précédent la pèche, des masques vêtus en feuille accueillent en dansant les premiers visiteurs.

Puis, arrive la tortue, que viennent toucher tour à tour toutes les personnes de l’assemblée afin d’avoir longue vie. Commence alors une grande veillée qui rassemble les voyageurs venus de toute la contrée, autour de griot égrenant des contes au son de leurs Koras de danseurs rythmant leurs pas sur les coups endiablés des Djembés et de petit vendeur proposant leur marchandise à la lueur des lampes à pétrole. La plupart des personnes ne dormiront que très peu avant de se retrouver le lendemain pour former de nouveaux groupes de danse en costumes traditionnels.

Dans la matinée, les guerriers aux torses nus armés de sabre dansant pendant plusieurs heures sous le soleil autour d’un grand baobab, au rythmes des Djembés. Puis apparait le Nié Dian qui est l’équivalent du Nyamou de la région de la foret : un masque sur les échasses de 1,5 m de haut.

Il exécute alors une danse pendant laquelle il prouve son agilité et son sens de équilibre, et à la fin il s’écroule par terre. Des assistants viennent alors mimer symboliquement le pilage du mil posé sur son corps agité et soubresaut. Finalement le Nié Dian plus fort que les humains triomphes de son adversaire et se relève, avant de s’en aller, victorieux.

Pendant ce temps la foule se promène dans la foret sacrée pour acheter sa couronne de kinkeleba ou faire des offrandes de noix de kola ou de billets en vue de s’attirer la protection des ancêtres. Des jeunes garçons dansent sur les rythmes affectueusement appelés la danse des hommes forts : le Dundumba.

En début d’après midi une immense procession composée de tous les futures pécheurs, munis de nasses artisanales et de filets et conduite par d’infatigables musiciens, se dirige en chantant vers la forêt sacrée.

Cette forêt est un fait composé de quelques magnifiques fromagers dont les trons immenses et plissés servent de décor pour une sarabande endiablée, soulevant une poussière qui vous empêche de voir vos voisins.

Enfin quand tout le monde commence à manquer de souffle, ce qui prend un temps certain, la population se retrouve autour de la mare et attend le signal du gardien. Lorsque celui-ci est donné, tout le monde se rue dans la mare après avoir relevé son pagne et fouille méthodiquement la vase afin de capturer les poissons de toute taille.

Cette fête est vraiment unique en son genre et vous laissera assurément un souvenir inoubliable et authentique.