L’écrivain Malien Moussa Konaté tire sa réverence !

article mise à jour : 3 décembre 2013
L’écrivain et intellectuel malien, auteur de "L’Afrique noire est-elle maudite ?", s’est éteint samedi à son domicile de Limoges, où il vivait depuis 1999.

L’écrivain Moussa Konaté s’est éteint ce samedi dernier 30 Novembre 2013, à l’âge de 62 ans. Il s’agirait d’une mort naturelle, selon son frère Ousmane Konaté, joint au Mali. Moussa Konaté, né en 1951 à Kita, était une grande figure du paysage intellectuel malien et l’auteur de romans policiers, qui, derrière les aventures savoureuses de son héros récurrent, le commissaire Habib, donnaient à découvrir le Mali : Bamako dans L"Assassin du Banconi, le pays dogon dans L’empreinte du renard, notamment. Il était aussi le directeur malien du festival Étonnants voyageurs, qui s’est tenu à partir de 2001 et pendant dix ans à Bamako, rassemblant des écrivains africains qui allaient connaître de belles carrières, comme Alain Mabanckou, pour n’en citer qu’un. Il se désolait parfois d’être au milieu des écrivains de son pays l’arbre qui cache la forêt, tant son nom faisait de lui un ambassadeur de la littérature malienne, au détriment, disait-il, de ses compatriotes vivant au pays.

Moussa Konaté s’était découvert tout enfant une passion pour le livre via la lecture de Tintin et entra très vite en littérature. Après avoir été professeur de littérature, il fonda une compagnie de théâtre à Bamako qui lui valut d’obtenir une résidence au Festival des francophonies de Limoges dès 1990. Il quitte son pays pour la première fois à cette occasion mais ne se trouve pas dépaysé : "Je savais tout de la France depuis l’école, par mes lectures et par les films."
Liberté courageuse

Au Mali, il s’est illustré comme une voix importante du combat contre la dictature de Moussa Traoré dans des livres comme Mali, ils ont assassiné l’espoir, resté dans les mémoires pour sa liberté courageuse. Tout en vivant en France, il conservait un lien très fort avec son pays, où il avait fondé à Bamako les éditions du Figuier et publié de nombreux ouvrages à destination de la jeunesse.

Souffrant depuis quelques mois, il était aussi traversé par une mélancolie que la situation de son pays natal a probablement aggravée, freinant son activité d’écrivain. Dans son dernier essai au titre provocateur, L’Afrique noire est-elle maudite ?, l’auteur avait sans indulgence interrogé les maux de son continent d’origine, mais aussi rendu hommage à la société malienne, tout en pointant l’importance de sa nécessaire évolution en dénonçant les lourdeurs impoées par la famille, qu’il nommait "le pacte social". Il y avait dans le regard de Moussa Konaté un fond de tristesse, mais surtout une intelligence d’une grande finesse, une immense lucidité et une bonté profonde. Pour mesurer sa belle ouverture aux autres, il suffisait de voir son sourire illuminer son visage. Que son âme repose en paix Amen

Maliweb