La littérature écrite peule

article mise à jour : 14 novembre 2011
A l’origine du Foutah Théocratique....

Fondé au 18ème siècle sur l’esclavage de type féodal, l’Etat Théocratique du Foutah Djallon a favorisé, sur le plan culturel, l’émergence d’une élite intellectuelle libérée des autres travaux exclusivement réservés aux esclaves. Férus de culture savante, cette catégorie de lettrés qui se sont fait des vulgarisateurs de la religion ont adopté à la graphie pour fournir à la langue peule un alphabet dit "adjami". Cette couche dite « privilégiée » qui se consacrait uniquement aux études coraniques a commencé par la traduction du coran et les œuvres fondamentales de l’Islam. Elle a aussi créé des textes d’inspiration religieuse : traités, exposés sur des sujets théologiques, juridiques, politiques, commentaires très académiques etc. « On peut toutefois observer que la littérature peule écrite en alphabet adjami est constitué, en grande partie, de poèmes inspirés du style arabe. Elle est destinée à être chantée ou déclamée, d’où sa visée dialectique et religieuse. On peut citer Le filon du bonheur éternel de Thierno Mouhamadou Samba Mombéya, publié par le Pr. Sow Alfa Ibrahima. Cette œuvre classique la plus célèbre du Foutah Djallon s’intitule "oogirdè malal" (le filon éternel du bonheur), qui peut se traduire aussi par la voie du statut éternel ou tout simplement la voie du musulman. D’une grande valeure spirituelle, cette œuvre emprunte au modèle arabe la rime et la scansion comme le montre l’introduction suivante ;

Mido janttora himmudi haala pular

Ka no newnanè fahmu

Nanir jabugol

Sabu nèddo ko haala

Mu’un nèwotoo

Ndè o faaminirè ko wiaa

To vial yoga

Fulbè no tinnda ko janginira arabiyya

O lutta è sikkitagol…

Traduction : j’expose en langue pular les principes de la foi qui te permettent de comprendre et d’être persuadé, car l’accès au savoir est plus facile dans sa propre langue. Nombreux sont les Peuls qui restent dans l’incertitude d’une lecture correcte en arabe. »
(Barry).