La littérature guinéenne s’enrichit : « Une myriade de souvenirs », un livre autobiographique de Hadja Hadiatou Koundou.

article mise à jour : 15 mai 2012
Ce livre, est une autobiographie qui enjambe la vie sociale guinéenne des soixante dernières années depuis avant l’indépendance jusqu’au changements démocratiques dont la Guinée peine toujours à s’ajuster mais qui n’a pas empêché les gens de vivre leur vie sociale. De l’enfance dans les confins des campagnes guinéennes, de la rentrée des classes, l’admission au collège des filles dans la capitale, bourse d’études à l’étranger et le début du travail dans la nouvelle administration mixte de la Guinée, le tout enveloppé dans le manteau de la piété réligieuse héritée, des familles et des traditions.

En attendant l’interview de l’auteure de Myriade de Souvenirs, le livre est décripté par Aissatou Mourthoss, résidant en Hollande qui, après lecture en fait un compte rendu littéraire pour Guinéenews©.

Tout commence par le souvenir le plus lointain, on imagine l’auteur alors petite fille, quelques nattes sur la tête, marchant derrière son attendrissante grand-mère dans le village de sa toute petite enfance. On est soi-même ramené en arrière car chaque mot vous pénètre et vous fait voyager au fil des paragraphes.

Chaque souvenir vous apparait comme sur un écran 16/9ème en couleur où défilent les personnages ayant traversés ou influencés la vie de notre auteur. Une vie où amours des siens, amélioration de la qualité de vie, recherche de la connaissance, envie d’aventures et de belles découvertes sonnent à l’évidence comme leitmotiv.

La lecture reste facile et les mots glissent dans l’espace temporel. Serait- ce pour cette raison que l’auteur ne date pas certains souvenirs ? Pour ne pas les figer à une seule époque, une certaine génération ?

La mémoire de l’auteur loin d’être courte apporte autres détails tout aussi intéressants sur les évènements racontés.

Le lecteur est ménagé d’une trop forte concentration, pour être tout de suite plongé dans le tourbillon d’anecdotes. Les mots sont choisis ; ils sont simples et naturels sans être crus ni vulgaires, parfois moqueurs ou railleurs dans une pointe d’humour.

Oui on est transporté, de Pilimini à Bamako. Et puis voilà que l’on se retrouve aux Etats Unis. Pas besoin de visa, tout le monde est embarqué dans ce programme universitaire avec l’auteur.

On ôte ses babouches, on se met à trépider au son des notes de Jazz s’échappant du livre, à marmonner en anglais en s’imaginant assis dans un cab jaune accompagnant l’auteur dans sa péripétie américaine.

Puis c’est le retour au pays, la vie familiale, les difficultés du nouvel emploi.

On penserait qu’avec ce retour l’auteur aurait raccroché son bâton de pèlerin mais non, voilà que l’on se voit porté par une nouvelle vague de souvenirs vers les Lieux Saints de l’Islam.
Ce chapitre restera pour ma part le meilleur souvenir de cette lecture. Ayant apporté quelque suspens à son récit (Le Tawaf et le contact avec la Pierre Noire), l’auteur a su me donner frissons et chair de poule, m’arracher un sourire en coin et me laisser soupirer : Mon Dieu, qu’est que c’est ?

Hadja Hadiatou Baldé est née à Labé en Guinée, où elle fit ses études primaires à l’École Régionale de Kouroula. A la fin du cycle, elle fit partie des sélectionnés du Concours, et fut admise au Collège Moderne des Jeunes Filles à Conakry. Elle y obtint son BEPC 4 ans plus tard. Par la suite, elle eut l’idée de revenir à Labé pour être Institutrice, mais changea d’avis et se fit plutôt inscrire à l’Ecole Normale de Kindia comme Auditrice libre, et suivre des cours. Elle y obtint son 1er Bac.

La grève des Enseignants qui paralysa l’enseignement dans tout le pays l’amena à se rendre à Bamako, en République du Mali pour terminer ses études au Lycée Askia Mohamed et obtenir son 2ème Bac.

Elle revint à Conakry et se retrouva dans un groupe de filles et de garçons, tous admis au Baccalauréat, qu’une ONG Américaine avait choisi pour aller continuer les études aux USA. Elle s’embarqua avec le groupe en Novembre 1962, fut orientée à leur arrivée à l’Université de Syracuse, dans l’Etat de New York. Elle obtint un diplôme de Bachelor of Business Administration.

Elle rentre en Guinée en 1968, et est embauchée tout de suite par la toute première Société Minière Américaine Harvey Aluminium qui deviendra plus tard Compagnies des Bauxites de Guinée(CBG). Elle y occupera le poste de contremaître et celui de superviseure dans différents départements de CBG, jusqu’à la retraite en 2001.

Hadja Hadiatou est mariée, mère de 3 enfants, et grand-mère de 4 petits enfants.

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