La mamaya de kankan

article mise à jour : 12 août 2011
La Mamaya n‘est ni démagogie, ni bassesse, ni légèreté. Une mise au point que nous semble important. Qu’on arrête de nous mêler les pinceaux dans le verbe

En Guinée, la diversité culturelle nous offre plusieurs rythmes et danses ainsi que des instruments selon les régions, les ethnies… Parmi les pas de danses, la Mamaya sort du lot. Tant par la pudeur qui l’accompagne que par la simplicité et l’élégance avec laquelle on l’exécute.
Par classe d’âge habillés de boubous de valeur et parés de plus beaux bijoux, hommes et femmes se rencontrent sur une place spacieuse accompagnés par une musique soft. En file, les hommes munis d’un foulard ou d’une canne d’un coté, les femmes de l’autre ‘’ambiancent’’ sans exhibitions dans la joie et la gaieté.
Si par le passé, la Mamaya était organisée quand on le voulait, aujourd’hui, elle est le pont entre les ressortissants de Kankan, établis, à travers le monde entier. Pour la simple raison que chaque Tabaski, les Kankankas se retrouvent pour chanter, danser et échanger autour de la Mamaya. C’est donc, une sorte d’élément fédérateur de notre riche patrimoine Culturel.
Seulement voilà, beaucoup de Guinéens, en voulant parler de la démagogie au sommet de l’Etat, l’assimilent à la Mamaya. Pire, même le petit peuple l’a adopté dans son jargon de tous les jours. On entend souvent dire ‘’Arrête ta Mamaya’’ Comme pour dire à quelqu’un d’arrêter sa démagogie, sa bassesse, sa légèreté…
Même dans les discours politiques, la Mamaya est confondue aux mots qui sont en réalité loin du sens et du contexte dans lequel on devrait l’employer. C’est dire que les intellectuels et les gouvernants Guinéens sont les premiers blâmables dans la déformation d’une danse aussi valeureuse que la Mamaya.

Pour rappel, il faut noter que la Mamaya est une danse dont l’auteur, connu, est Bandian Sidibé de Kankan. On situe son apparition dans les années 40. L’on raconte que c’est la seule danse autorisée par les chefs religieux de la ville de Kankan. La raison principale, il n’y a pas de contacts corporels entre hommes et femmes. Mieux, de la tête au pied, les femmes sont couvertes.
La Mamaya n’est ni démagogie, ni bassesse, ni légèreté. Une mise au point que nous semble important. Qu’on arrête de nous mêler les pinceaux dans le verbe. C’est, simplement, l’une des danses pouvant mettre en valeur la Guinée culturelle qui, en a vraiment besoin. Mais, encore faut-il connaitre sa culture pour ne pas se perdre dans la ‘’jungle’’ de la mondialisation.