La polygamie et ses corollaires : La femme guinéenne face au défit des exigences coutumières et traditionnelles

article mise à jour : 14 janvier 2014
La polygamie est une pratique très présente dans la vie des africains en général et très fortement ancrée dans la société guinéenne en particulier. Cette pratique aussi fait partie du lot des coutumes et traditions qui, de nos jours affecte considérablement la vie guinéenne. Un aspect critique pour la femme qui est obligée avec cette pratique à partager un mari avec deux ou trois autres femmes.

La polygamie est une coutume reconnue aussi par le Coran qui, précise pour ceux qui le font, d’être très juste entre les femmes qu’ils épouseraient. Mais ce qui se passe, c’est que les hommes qui se livrent volontiers à cette pratique ne respectent pas du tout ce principe. Pire, certains, dès après leur remariage, la première épouse est traitée comme une moins que rien.

Madame Bangoura une commerçante au marché de Madina parle des aspects négatifs de la polygamie « je me suis mariée avec un homme qui dormait dans une seule pièce. Nous nous entendions à merveille. Nous avons fait 5 enfants et nous étions entrain de nous battre pour l’éducation de ces derniers. Quand il a eu une promotion, ses parents n’ont rien fait de mieux que d’épouser une deuxième femme pour lui. A la venue de celle-ci, je me suis résignée sachant que c’est la coutume de chez nous qui l’autorisait. Mais après, il y a eu une troisième puis une quatrième donc le ‘’raz de bol’’. Au fur et en mesure qu’il collectionnait les femmes, il délaissait mes enfants et moi. Il avait transporté toutes ses affaires chez ses nouvelles épouses, et était devenu étranger à moi. Il ne plaisantait plus, ni ne se confiait plus à moi. Le pire c’est qu’il n’assurait plus les frais de scolarité de ses enfants, il a fini par laissé toutes leurs charges. Lorsque Jai commencé à parler de nos droits mes enfants et moi, il m’a jeté à la porte comme une inconnue. Maintenant, Jai décidé de vivre ma vie loin de cet ingrat ; avec mon petit commerce, je joins les deux bouts pour préparer l’avenir de mes enfants dans l’espoir qu’eux au moins ne me jetteront pas comme leur père. » se Mme Bangoura.

Le paradoxe dans cette pratique, c’est le fait que l’homme ne pense plus aux années de bonheur qu’il a partagé avec sa première femme qui auparavant, avait sacrifié tout pour lui. Pour élucider ce fait, de Mariame Sow une victime de la polygamie témoigne : « si je pense à tout ce que j’ai abandonné pour me marier avec cet homme, mes études, ma jeunesse, toutes les opportunités qui se sont offertes à moi. Je l’ai aimé passionnément cet homme, je lui ai consacré trente cinq ans de ma vie, je lui ai fait 7 enfants sans parler des fausses couches. Le fait de me trouver des rivales, ne lui a pas suffi. En aimant d’autres, il a oublié que l’on s’était aimé et que moi je continuais toujours à l’aimer. Il a osé me renié…. Je m’en remets à la volonté d’Allah parce que je ne peux pas lui quitter à cause de nos coutumes et des traditions. et d’ailleurs vais-je aller avec ces enfants ? »

Enfin, chers lectrices et lecteurs méditons une fois de plus sur cette affirmation du guinéen Mohamed Alioune Touré qui dans son roman « Le voile ténébreux », nous confie ce qui suit : « Décidément, me disais-je, notre société à quelque chose de réactionnaire et de misogyne. Ainsi, l’homme a toujours le droit de se comporter en maître, même en goujat ; au nom des principes, il aura toujours la coutume comme référence. Les hommes exigent trop de qualités des femmes en s’accordant à eux-mêmes trop de liberté en vertu de la tradition……..Toujours « ancestrale »