La voix d’Aboubacar Demba Camara, le Dragon de la chanson africaine

article mise à jour : 17 avril 2013
Guinee-culture vous propose un élément d’archives de la voix de la révolution que le doyen Emmanuel Katty a mis à la disposition de Jean Baptiste Williams actuel directeur national des arts. Une interview de feu Abass Cherif réalisée en 1970, décryptée et mise à jour par Jean- Baptiste Williams.

Aboubacar Demba Camara : « Pour être un interprète d’une grande formation, il faut travailler sa voix, soigner sa diction, acquérir du souffle, discipliner ce souffle, exercer ses oreilles et aviver son sens du rythme et de la mesure : en somme un travail de tous les jours et de longue haleine ».

« Je veux être un chercheur qui aime le folklore Africain, sans pour autant dédaigner les autres genres de musique également ».

« En décembre 1965, j’étais à Cuba avec la délégation Guinéenne qui a participé aux travaux et aux festivités de la Tricontinentale. Un soir, j’ai chanté ‘’En Guantanamo’’ en présence du vieil animateur et compositeur Abelardo Barroso. Le vieux était tellement content et tellement fier, qu’il a proclamé devant tout le peuple Cubain que je suis son fils. Nous avons tous les deux pleuré de joie et de reconnaissance. Je n’oublierais jamais mon passage à Cuba ».

« Le chant ‘’Beyla-Ballakè’’, m’a donné l’occasion d’imiter les conteurs et chanteurs traditionnels de la haute Guinée. C’est un style très difficile ;
‘’Armée Guinéenne’’ notre formation l’a joué : le Bembeya jazz national. En rendant hommage à l’armée Guinéenne, ce morceau est devenu un succès à travers le monde. Je suis très heureux d’avoir interprété ce chant ;
Le chant ‘’Mö bèni barale’’, est tiré d’un conte, ‘’on n’est jamais bien, que chez soi’’. C’est une chanson qui donne des leçons de morale ».

(Propos recueillis dans les studios de la ‘’Voix de la Révolution’’ en 1970, par feu Abass CHERIF).

Décryptage : J.B.WILLIAMS

*Cet entretien figure dans le prochain livre de Journaliste culturel, Jean Baptiste Williams

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