Le Fouta Djalon : Une région à "randonner" !

article mise à jour : 5 juillet 2013
Grand comme deux fois la Suisse (à laquelle il est parfois comparé : la Suisse africaine), le Fouta Djalon est un plateau dont l’altitude varie de 700 à 1.500 mètres, divisés en plusieurs massifs allongés du nord au sud et coupées par des vallées profondes.


Le point culminant du Fouta est le mont Loura ou Dame de Mali dans la Préfecture de Mali avec 1.515 mètres d’altitude, le deuxième sommet le plus élevé de la région se trouve dans Dalaba, c’est le mont Diaguissa avec 1.425 mètres.

Ce relief et la pluviosité font du Fouta le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Bafing-Sénégal, Gambie, Konkouré, Tinkisso-Niger y prennent leur source.

Les principales agglomérations du Fouta sont Labé, capitale de région, Mamou, Pita, Dalaba, Koundara, Mali. Toutes ces villes, exceptée Mali, sont reliées entre elles par la route nationale 5, goudronnée entre Mamou et Labé et en très bon état sur ce tronçon. C’est aussi cette route, également goudronnée sur cette portion, qui permet de rejoindre Conakry plus au Sud.

Entre Labé et Koundara par contre et donc vers le Sénégal, la route est en mauvais état. La piste vers Mali, elle, vient d’être refaite et permet donc d’accéder facilement à cette région.

Malheureusement une grande partie des routes secondaires reste encore largement impraticable en saison des pluies. Il faut attendre les mois de Novembre/Décembre pour s’y aventurer sans risques. Cependant des efforts sont faits pour améliorer la qualité du réseau.

Pour ce qui est du transport aérien, Labé est dotée d’un aéroport international avec des liaisons régulières entre autres vers Conakry (avec Air Guinée) et vers le Sénégal.

Le climat de la région est de rythme tropical modifié par l’altitude avec deux saisons bien distinctes, une saison sèche de 4 à 5 mois (entre Novembre-Décembre et Mars-Avril) et une saison des pluies de 7 à 8 mois (entre Avril-Mai et Octobre-Novembre).

L’altitude aidant, les températures sont relativement clémentes avec une moyenne annuelle de 20°C et des minimas aux environs de 12°C. A Dalaba, les soirées sont parfois fraîches et une petite laine est bien appréciable.

La région est habitée par les Peuls. Arrivés à partir du 15ème siècle et surtout du 17ème et 18ème siècle, ces populations musulmanes ont peu à peu occupé la région du Fouta Djalon pour finalement fonder un Etat théocratique centré sur les villages de Timbo et de Fougoumba, respectivement capitale politique et capitale religieuse de cet Etat. Aujourd’hui encore on trouve des traces de ce passé prestigieux, notamment à Fougoumba où la case du couronnement existe toujours aux abords de la mosquée qui elle a été reconstruite.

Eleveurs de tradition, les Peuls se sont peu à peu sédentarisés et ont développé une activité agricole basée sur la culture du fonio. L’élevage reste malgré tout une activité importante de la région avec un cheptel abondant mais peu mis en valeur, le troupeau étant avant tout un signe de richesse et de prestige. La culture du riz, du maïs et du mil s’est aussi progressivement développée mais dans une moindre mesure. La production maraîchère (pomme de terre, légumes frais) et fruitière a pris une place croissante dans la production agricole locale notamment avec l’appui de grands projets. L’un des attraits majeurs de ces maraîchages pour le visiteur souvent incrédule est la production de fraises et fraises des bois qui est réalisée dans la préfecture de Dalaba. Déguster ces fruits de Décembre à Avril est un réel plaisir !

En dehors de l’agriculture/élevage, l’artisanat et le commerce sont les deux domaines d’activités des populations locales. Les principaux artisans de la région sont les tisserands qui produisent des lépis, les teinturières qui font les tissus indigo (les meilleurs de toute l’Afrique de l’Ouest !) les cordonniers qui fabriquent des chaussures, des sacs, des objets décoratifs, les productrices de vannerie qui réalisent des dessous-de-plats, des corbeilles et paniers de toutes tailles, des ensembles de table, etc. Pour plus d’informations sur les produits artisanaux, rendez-vous sur notre page consacrée à l’artisanat.

Aucune industrie n’est à l’heure actuelle installée dans la région malgré différentes tentatives passées pour la création d’entreprises de transformation des productions agricoles.

Sur le plan du tourisme, les structures d’accueil se diversifient peu à peu dans la région et principalement dans les villes de Labé et de Dalaba. Ainsi à Labé, plusieurs structures proposent des prestations de bonne qualité, dont l’hôtel/restaurant Safatou, l’hôtel/restaurant Tata ou encore le Bel Air Chalet. De même à Dalaba l’hôtel/restaurant Tangama et l’hôtel/restaurant SIB ainsi que l’auberge Seydi II sont des établissements de bon niveau. Par ailleurs, Dalaba est la première ville de Guinée à être dotée d’un office de tourisme fonctionnel qui propose des informations et prestations de qualité sur toute la région. A Labé, l’hôtel Tata et le petit musée du Fouta sont des points de passage obligatoires pour qui souhaitent découvrir les sites de la région (renseignements, fiches sur les sites et excursions). Pour les adeptes des trekkings et randonnées-découverte, adressez-vous à Cellou membre fondateur de l’association Fouta Trekking Aventure. Il vous proposera des randonnées à la carte, l’occasion d’une immersion totale en terre peule.

Reste que le tourisme en est encore à ses premiers balbutiements avec les avantages et les inconvénients que cela comporte. Si vous avez un peu l’âme aventurière, n’hésitez pas, vous ne serez pas déçus !

In Fouta Decouverte