Le N’Ko, historique de l’acquis d’un alphabet

article mise à jour : 30 septembre 2011
En 1949, une écriture conçue comme système de transcription des langues en Afrique occidentale naquit en Côte d’Ivoire sous les auspices du chercheur d’origine Guinéen Solomana (Souleymane) Kanté : le N’ko qui signifie « je dis » dans toutes les langues mandingues. Cette écriture permet aujourd’hui d’écrire toutes les langues du monde.

Né en 1922 à Koloni dans la région de Kankan en République de Guinée, l’auteur de N’Ko, Solomana Kanté aurait été, selon les historiens, inspiré après la lecture du reportage d’un journaliste libanais, en 1943, qui a mis en exergue l’absence de l’alphabet chez les noirs à l’exception d’une tribu mandingue au Libéria et en Guinée forestière. C’est ainsi que de fil en aiguille, il réussira dans un projet que beaucoup pensaient déjà difficile voire même impossible. Le chercheur guinéen, avant son décès en 1987, avait écrit un livre sur la médecine traditionnelle et publié 182 ouvrages dont un dictionnaire de trente trois milles sept cent (33. 700) mots.

Similitudes avec l’alphabet arabe

Ce système de transcription adaptée aux sonorités propres à nos langues qui a été tout d’abord utilisé à Kankan avant de se propager en Afrique occidentale, comporte pourtant quelques similitudes avec l’alphabet arabe. Il s’agit, notamment, du sens d’écriture (de gauche à droite) et le fait que ses lettres soient reliées. Mais à la différence de celui-ci , l’alphabet comprend outre les vingt (20) consonnes dont une syllabe, toutes les voyelles qui sont au nombre de sept (7). Le N’Ko comprend par ailleurs huit (8) signes diacritiques destinés à marquer le ton. Ce qui fait dire à certains observateurs des plus avertis que l’instruction du N’Ko aidait à la formation d’une identité culturelle en Guinée, au Mali et au renforcement de l’identité linguistique manden dans d’autres régions d’Afrique occidentale.

Les acquis

Au-delà de son emploi principalement en Guinée, au Mali, au Sénégal par les populations mandingue et Dioula, mais aussi par une petite communauté malienne de langue bambara, certaines universités comme Al-Azar du Caire en Egypte. En Guinée, la création de la chaire des études mandingues à Kankan pourrait être l’occasion d’introduire le N’ko dans l’enseignement. Mais avant 2004, la proposition à l’Unesco de trois professeurs de N’KO, Mamadi Doumbouya, Baba Madi Diané et Kramo Kaba Jammeh a permis d’aboutir à l’introduction du N’Ko dans l’Unicode 5.0, un logiciel permettant désormais de saisir les textes en N’ko.