« Le livre est un enrichissement culturel pour chaque individu » selon Dr. Boubacar Diallo, spécialiste de la littérature guinéenne

article mise à jour : 8 avril 2013
’’Nul ne peut devenir un champion de l’avenir s’il ne s’adonne à la culture des livres. Le livre demeure l’instrument indispensable de la formation de l’intelligence.’’ écrivait Jean-Jaques Servan Schreiber. Pour parler de l’importance du livre, la rédaction de Guinee-culture a rencontré un spécialiste de la littérature guinéenne, actuellement chef de cabinet du Ministère de l’Enseignement Supérieur. Dans cet entretien, Dr Boubacar Diallo évoque l’importance des livres en général ainsi que la nécessité d’une prise de conscience de l’importance du livre chez les jeunes guinéens. Lisez

Guinée-culture : Comment voyez-vous l’importance du livre en général ?

Dr Boubacar Diallo : Le livre est un médium très important qui apporte du savoir théorique. Le livre permet de renforcer la culture et occupe également une place importante dans la culture générale. Il permet d’étendre la connaissance de l’individu. Les lecteurs du livre peuvent ainsi connaître des choses qu’ils où elles ne connaissent pas encore, comme par exemple la culture d’autres peuples. Le livre est un enrichissement culturel pour chaque individu. La littérature est le reflet de la personnalité d’un pays. « Quand on remplit le ventre, il faut remplir le cerveau ! »

Quelle est la situation actuelle du livre en Guinée ?

Beaucoup de jeunes guinéens ont intérêt pour la littérature. Ils ont pris conscience de la nécessité de lire des livres pour s’instruire. La lecture peut les aider à améliorer leur niveau de savoir. Le livre permet d’acquérir une culture générale et il est également capable de changer la pensée des gens.

Le plus grand handicap en Guinée est le prix élevé des livres. La majorité des gens ne peut pas payer les prix si chers. Dans les régions urbaines il y a des bibliothèques, mais dans les régions rurales de la Guinée, les gens n’ont pratiquement pas d’accès au livre. A cause de ce déficit, il faut prendre des initiatives et établir des évènements culturels pour promouvoir le livre.

Quelles sont les perspectives des écrivains en Guinée ?

Il n’est pas du tout facile d’écrire des livres en Guinée. Souvent, les gens ne sont pas encouragés parce qu’on ne peut pas vivre de la vente des livres. Pourtant, il y a des initiatives comme le « Prix du Jeune Ecrivain » , organisé par la maison d’édition Harmattan Guinée ou les concours d’écriture qui sont régulièrement organisés par la revue « l’Educateur ». Les dernières années, les jeunes guinéens et guinéennes prennent conscience de l’importance du livre et il faut les encourager d’écrire et de lire.

Le livre est aussi important pour conserver la culture et des contes en particulier parce que les jeunes d’aujourd’hui s’orientent vers l’Europe et l’Amérique, ils ne connaissent plus leur histoire, leur culture et parfois même pas leur pays. Il faut donc les motiver de lire pour connaître.

Selon vous, que faut-il faire pour mieux promouvoir le livre en Guinée ?

Il faut relancer encore plus de concours dans toutes les catégories (contes, nouvelles etc.) et établir aussi des concours de dictée et de rédaction. Surtout dans les régions où il n’y a pas de librairies et des bibliothèques, il faut organiser des évènements réguliers pour garantir l’accès au livre. Les activités culturelles doivent être multipliées en général.